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Friday, 8 November 2024

Une conférence en Périgord

 


Bonjour,

Voici la conférence que j'ai donnée cet été dans une église (entre autres lieux).

J'espère que vous aimerez autant que moi !




xx

Lisa

Monday, 2 September 2024

Retour sur mes conférences estivales...



Chaque été, je profite de mes longues vacances (oui, par rapport aux deux autres périodes de repos) pour travailler… 


Quand je dis travailler, c’est principalement de créer, lire, dessiner, écrire, réactualiser, apprendre et organiser ma vie artistique.


Tout au long de l’année, je n’ai pas franchement le temps de l'arrêter ce sacré temps, de prendre une journée complète pour ne rien faire du tout, juste procrastiner.


En général j’ai les deux matinées du week-end pour enregistrer mes podcasts, enregistrer les vidéos (ou les mettre en ligne si j’ai réussi, dans la semaine, de les mettre en boîte), rédiger les articles, faire les playlists… et préparer mes émissions de radio (et les enregistrer).


J’ai de la chance : je suis organisée et je travaille vite… 


Je m’isole avec un casque et je travaille sans faire de pause ; il faut dire que je suis réveillée vers 4h30, fraîche (autant que mon âge puisse me l’assurer) et dispo, mon cerveau en état de marche, mes idées organisées et tout est prêt pour un travail productif et intensif.


Naturellement l’été, alors que le temps n’est pas un souci, je peux me permettre de ralentir le rythme et de juger si j’ai envie ou pas de continuer une activité, de prolonger un podcast, une vidéo. Non pas par rapport aux statistiques (que je ne regarde pas), mais par mon envie profonde de créer, de proposer. Si je n’ai plus envie de le faire, et même si mes abonnés aiment, je le mets en pause ou à l’arrêt total.


Alors, cet été, j’ai travaillé sur mes activités artistiques et j’ai pu faire quelques conférences sur l’histoire de mon village suite à la sortie de la monographie réactualisée et enrichie début juillet (2024, hein). 


Celle que j’attendais le plus était celle prévue dans mon église… Forcément, plus émouvant de parler dans son édifice chéri, devant des personnes qui vous connaissent depuis longtemps…


Celle dont je n’attendais rien, était en médiathèque (un jour de marché, sous la chaleur accablante, sans réel engouement dans le lieu) ; j’ai fait au moins fait une belle rencontre.


Les autres furent au niveau de ce que j’attendais… un bonheur d’échanges, de rencontres et de partages. 


Le nombre de participants m’importait peu car ce que j’attends toujours c’est la qualité, et non la quantité. Je préfère avoir une vue (pour mes vidéos ou podcasts) mais avoir de vrais échanges constructifs et intelligents, plutôt qu’avec 1000 vues avec des commentaires simplistes et toujours les mêmes.



Merci beaucoup les participants, au Père Favard des Terres Blanches, aux maires de villages pour leurs accords (une église peut être prise pour un mariage, je le rappelle), l’équipe de Verteillac pour la pub sur les panneaux d’annonces, Cherval Avenir et son président, mes chauffeurs, Justine et ses parents, et mes fidèles admirateurs.



Voici quelques photos… pour vous donner envie de venir visiter ces lieux ; en fin d’article, vous trouverez un autre article sur Cherval à Noël écrite par une journaliste qui me suit depuis 2018 et qui est vraiment un soutien à mon travail. 








Bertric-Burée






Article de Glady de Bregeat 
(merci à elle pour son autorisation de reproduction ici)

Thursday, 6 June 2024

Présentation d'artiste : Julia ou la beauté par le geste


En mai dernier, j’ai eu la chance et l’occasion de visiter l’atelier de Julia Bridard, céramiste installée dans ma commune chérie de Saint-Martial Viveyrols.

Son atelier Pot et Cie se situe dans les anciens locaux administratifs du Silo et du chaix que j’ai bien connus… d’ailleurs son four se situe à l’entrée du chaix ce qui m’a rappelé de beaux souvenirs d’enfance. 

Julia m’a accueilli avec son enthousiasme communicatif et une certaine effervescence en raison du chargement de sa camionnette pour un salon le week-end suivant. Nous avions échangé à plusieurs reprises sur sa boutique Etsy et j’avais tellement hâte de trouver mon nouveau mug et mon large bol…




Ayant suivi ses études littéraires (métier du livre mention librairie), Julia s’est formé en Bourgogne et a obtenu un CAP de tourneur ; sa passion pour la poterie est là et décide d’ouvrir  son atelier en 2021. 

Au gré de la visite, on regarde une patte, un amour pour sa matière, les couleurs, les formes, les originalités maîtrisées. 

Chaque pièce est unique puisque la matière est vivante et, selon la cuisson, n’en fait qu’à sa tête… on trouve des formes originales, plus japonisantes, ou traditionnelles, allant de la cruche à l’assiette plate, du bol au pichet, de la tasse au vase. 



Les nuances sont fines, les mouvements agréables et aériens, comme de la poésie… Julia indique aussi que ses formes peuvent être non désirées car la matière est là, s’amuse aussi avec et de la créatrice.

Vous pourrez donc, largement, trouver votre bonheur… que ce soient les créations uniques ou en petits séries, déjà fabriquées ou à la demande.

Ce moment suspendu fut un enchantement pour moi… la voir sortir ses créations du four, voir la beauté et les « petits accidents » qui donnent un cachet fou à la pièce a été un pur bonheur…

J’étais à deux doigts de me reconvertir, moi, la romancière… 



Je ne peux que vous inciter à aller visiter son atelier en vous renseignant sur ses jours de présence (salons et marchés obligent) dans notre petit village pour acquérir un objet qui vous suivra dans votre quotidien… que cela soit alimentaire ou décoratif. 

En sus, entre deux tours de main, Julia propose des stages, de l’art thérapie pour modeler ou décorer… les ateliers pour le tournage sont individuels et en petits groupes de maximum 5 pour le modelage.

Voici  le lien sa boutique Etsy afin de vous faire une idée ainsi que sa page Facebook.

Merci encore Julia pour l’accueil et à très bientôt pour mes deux assiettes uniques… 


Adresse : 1181 Route de Viveyrol, Saint-Martial-Viveyrol, France


https://www.etsy.com/shop/PotetcieAtelierCeram?dd_referrer=https%3A%2F%2Fwww.google.com%2F

https://www.facebook.com/juliabridardpotcie/




Saturday, 6 July 2013

Un oublié de la Grande Guerre : Louis Geandreau



Dans mon petit village du Périgord Vert, il y a un endroit que j’apprécie depuis mon enfance parce qu’il représente quelque chose d’important : le cimetière.

Cet enclos regroupe l’ensemble des personnes qui ont aimé, vécu et ri dans mon village. En outre, il y a les poilus. Ces hommes que je n’ai évidemment pas connus, mais qui sont devenus, avec mes recherches pour établir la monographie dudit village, « mes hommes ».

Parmi tous, il y avait un nom sur une simple pierre, sans fioriture, ni plaque d’émail pour célébrer la mention « Mort pour la France[1] ». Une simple mention gravée dans la pierre « Louis Geandraud[2], Mort pour la France ».

Je passais devant à chaque fois pour aller chercher de l’eau. Je saluais sa mémoire en lui disant à haute voix « Bonjour Monsieur, belle journée, n’est-ce pas ? ».

Cela faisait rire les vieilles du village (et amies de ma grand-mère) qui avaient, pour certaines, « bien connu » le garçon en question.

D’ailleurs, elles avaient connu la plupart des « habitants » du vieux cimetière et, à travers elles, j’ai connu tous ses gens et j’ai appris à connaître leurs vies, leurs amis et leurs faits d’armes.

Louis Geandreau (l’orthographe de l’état civil) est resté spécial à mes yeux car il avait disparu sur le champs de bataille mais restait son âme "enterrée" dans un carré terreux et sans le côté « mémoire des poilus » de ses autres camarades de la Grande Guerre.

Je me suis attachée à lui (entichée aussi). Sans le connaître vraiment, j’ai trouvé triste que sa "tombe" soit toujours non fleurie, sans visite, avec de la terre à l’intérieur de l’enceinte en pierre. Puis j’ai fait des recherches (notamment dans la bibliothèque familiale, une intuition) et j’ai trouvé mon poilu.

Du coup, il est devenu comme un vieil ami à qui je rends visite à chaque fois et à qui je parle, quelque fois, comme à un vieux compagnon de route.

Heureusement que personne ne prête plus attention à la « petite » qui fréquente le cimetière et arpente chaque centimètre carré de ce lieu.

Parce que Louis et moi (oui, on est désormais un peu intimes), on a une relation particulière. Je lui apporte des fleurs et un peu de présence, et lui, me donne ses mots.

Car Louis Geandreau est né à la Roche-Chalais en Dordogne (à une bonne trentaine de kilomètres de mon village) le 2 janvier 1885. Il vivait normalement, sans plus de gloire que les autres. Il était juste un garçon particulier qui écrivait de la poésie et du théâtre en vers.

Ses écrits sont restés quelque part dans les greniers de nos grands-parents, dans certains vieux livres ou dans les vieilles bibliothèques perdues dans les cantons environnants.

Edmond Rostand disait de lui « Il avait l’enthousiasme alerte et spirituel. C’est un vrai poète » et Camille Le Senne rajoutait que « son théâtre est mieux que du théâtre, c’est du rêve »[3].



Parmi ses écrits on trouve des poèmes (« Le Ciel dans l’eau », 1917, Fasquelle Ed.), des proses (« Le Képi sur l’Oreille », « Miettes » -chroniques) et du théâtre en vers (« Au Clair de la lune », « Professeur », « L’Eveil », « Matamore », « La Nuit de février », « Muse et Musette », « Le Marquis de Carabas », et avec Guillot de Saix « La Belle au cœur dormant », « Narcisse », « Jean de La Fontaine » et « Gaulthier l’Oyseau »).

Il était un auteur et poète qui comptait dans son coin de Périgord et même plus loin encore. Il était un homme de mots et de beauté de la langue.

Désormais, il est là en esprit, dans ce cimetière, inconnu de la plupart, anonyme par les autres, un poilu parmi tant d’autres. Pas pour moi.

Parmi ses poèmes, j’ai toujours eu un faible pour celui-ci :


Les Deux Infinis
Les nuages s’en vont, voiles lentes et blanches
Dans les cieux qu’on dirait des océans calmés,
Et la voile, nuage aux blancheurs d’avalanches,
Frôle la mer, ce ciel aux vœux toujours clamés.
Ciel et mer. Les rivaux de l’infini s’épanchent,
Se guettent en jaloux et veillent sans chômer ;
Les cieux conciliants sur l’océan se penchent,
Mais l’océan rageur ne veut pas désarmer.
Et, toujours entre eux deux, le duel recommence :
Le ciel calme, la mer bavant comme un venin
Son écume vers lui, d’un calme léonin.
Parfois le ciel dépêche à ce flot en démence
Un grand oiseau de paix. L’oiseau part en éclair
Puis porte aux cieux songeurs le refus de la mer.


Alors, Louis Geandreau accompagne souvent mes pensées et il est présent tous les jours à l’ombre de ce mur de pierre, derrière l’église forteresse qui, depuis le 11e siècle, en a vu d’autres tomber à ses pieds.




Louis était le fils de Jean Gustave Geandreau, horloger et de Marie Monique Pétronille Viollaud. Il s’était marié le 10 juin 1911 à Bordeaux avec Anna Jeanne Jouin. Il faisait partie de la classe de 1905, sous le matricule 3478, Lieutenant au 44e Régiment d’Infanterie. Il a été tué à l’ennemi au nord de Soissons, proche de Crouy, le 13 janvier 1915, dans l’Aisne, en un jour particulièrement sanglant (des unités entières ont été décimées).

Merci d’avoir une petite pensée pour tous ces auteurs anonymes qui ne sont pas revenus de la Grande Guerre dont les mots hantent encore la mémoire de certains.

A toi, Louis.


ARTICLE PARU DANS LA REVUE 100% AUTEURS DE JUIN 2013




[1] La mention « mort pour la France » est accordée en vertu des articles L488 à L 492 bis du Code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre. La mention MPF pour les militaires a été instaurée par la loi du 2 juillet 1915 avec effet rétroactif pour le début de la guerre. Pour sa part, la mention MPF pour les victimes civiles a été instituée par la loi du 28 février 1922 avec effet rétroactif pour le début de la guerre.

[2] Il est à noter que sur ses fiches militaires sont notés les deux orthographes : GENDREAU et GEANDREAU. Et que la troisième orthographe a été gravée pour l’éternité sur sa pierre tombale.

[3] Poètes du Périgord (1900-1956)  - Armand Got - Les Editions d’Aquitaine.

Tuesday, 23 April 2013

En direct de mon coin de paradis en Périgord Vert

Il n'y a pas des dizaines d'endroits où je me suis moi-même, libre, en adéquation avec ce qui m'entoure, protégée et heureuse.... Sans évoquer deux autres villes anglaises (oui, d'accord, Liverpool et Londres) et une irlandaise (Dingle), il n'y a qu'un endroit en France qui est cher à mon coeur...

Ce petit village en lisière de la Charente, en Périgord Vert, ancienne possession templière, angoumoise etc, s'appelle : Saint Martial Viveyrols (SMV pour les "intimes").

Un petit endroit tranquille, où l'église date du 11e, les cloches marquent le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner (7h/12h/7h) par un angélus à grandes volées, les champs suivent les saisons, les animaux se sentent comme chez eux (chez vous), et où, à chaque coin de rue (chemins vicinaux) on revoit les anciens et on hume le bon air (et accessoirement l'odeur des roses, des oeillets, des dahlias, du muguet, des noisetiers, des cerisiers et autres tilleuls, noyers etc.)...

Bref, c'est chez moi, ma terre d'attache, mon ancre, mon paradis (non perdu), ma madeleine de Proust....

Et ceux qui connaissent, savent de quoi je parle quand je dis que le temps passe "doucement vite" et que l'on prend le temps de vivre, lire, écrire, chanter, danser, parler, rire et s'amuser comme des petits fous...

mon vrai "moi", ma vraie vie, donc.



L'allée des Tilleuls derrière le jardin


la vue du jardin



Mon arbre préféré avec en arrière plan "LE BOIS" de mon adolescence.... (il en connaît des secrets...)


Si vous me cherchez, je suis régulièrement au pied de cet arbre (ou assise entre ses branches pour lire !)


Vue d'une petite partie du jardin (de mon fauteuil )


Un après-midi d'avril.....



Ici, on souffle .... 



tout pousse.....




Saturday, 22 December 2012

Journée type à SMV en période hivernale


Après la journée type à SMV en été (version glandouille totale), voici la version hivernale… Autant vous dire que cela ne va pas vous prendre dix minutes à lire.

6 heures 30 : réveil par les chats de la maison (immuablement grattant à ma porte !).
6 heures 40 : j’ai grappillé dix minutes aux chats affamés ; ils se vengent en essayant de me faire tomber dans l’escalier en vis !
6 heures 42 : ils mangent et moi, je somnole dans le fauteuil face au poêle à bois…
6 heures 50 : je lis, les chats me regardent fixement. Bizarre sensation !
8 heures : levée des troupes prenant d’assaut la cuisine.
9 heures 30 : fin du petit-déjeuner avec le sentiment que la journée va être longue. Dehors, il fait froid (-17°c), il y a un brouillard dense (on ne voit rien à un mètre), il va sûrement neiger (voire pire !) et on a une flemme carabinée !
9 heures 45 : toujours attablés autour de la table, on tire au sort pour savoir l’ordre de passage dans la salle de bains.
10 heures : le tirage est plus long que prévu compte tenu des rumeurs de tricherie parvenues jusqu’aux oreilles du chef des troupes (moi)
10 heures 01 : tricheries ou non, tout le monde est envoyé dans sa chambre pour une « préparation expresse » à la salle de bains, merdus !
11 heures 30 : tout le monde est prêt, lavé, brushiné, maquillé, poudré etc…. Quelqu’un évoque le déjeuner du midi. Tante Dinde s’évanouit.
11 heures 35 : les plus courageux (ou les plus fainéants) proposent une sortie au village d’à côté pour acheter le pain (oui, il faut signaler que dans notre trou, il y a rien, de rien, de rien… hormis le restaurant).
11 heures 40 : trop heureux de partir avant les corvées, les trois courageux affrontent le blizzard et reviennent dans les quinze minutes chrono au chaud avec le pain.
12 heures : l’angélus résonne, mais personne n’a faim (et pour cause, on a fini de manger il y a deux heures !).
13 heures : devant l’évanouissement des plus âgés et des plus jeunes, le cuistot de service (moi, encore) prépare un repas sous les commentaires amusés de tous.
16 heures : entre le repas et la sieste au coin du feu, la maison a été d’un calme olympien pendant trois heures.
16 heures 10 : belote et rebelote…
18 heures 30 : « Pourquoi t’as coupé mon pique ? » fuse d’un ton sec, ce qui met fin à la partie de cartes.
18 heures 35 : « Et si on faisait un rami ? »
18 heures 36 : « Tiens, ouais, ça va longtemps ! » (depuis hier soir, même heure, même endroit).
20 heures 30 : repas du soir (espoir).
21 heures 30 : « rami ou poker ? »
21 heures 31 : « POKER ! ».
00 heures 30 : devant la mauvaise foi et la chance inépuisable de l’oncle Edmond, tout le monde part se coucher, dépités.

Quoi ? Oui, nous n’avons pas mis le nez dehors, mais au vu des dix centimètres de neige, de la messe de demain matin à 8 heures 45 et aux degrés Celsius affichés à la fenêtre (-15°c à 17 heures), on a jugé bon de rester auprès du poêle à bois !

La promenade, nous la ferons demain après-midi, après déjeuner, si on a envie !

Thursday, 6 December 2012

Aventures de la smala : Le choix des chrysanthèmes et autres citrouilles



Une semaine après le mariage, Trois m’appela et me hurla à travers son téléphone fixe (elle n’a, heureusement, toujours pas compris qu’un portable serait utile pour me harceler dans la journée) : « Qui a fait livrer des citrouilles énormes à la maison ? ».

« Quelle maison ? » demandé-je. 

« Ben, la maison familiale, Bibi ! LA maison ! GAT est en train de me faire une attaque ! ».

J’ai tout de suite pensé à une blague de Quatre mais il m’assura que « non, merdus, j’ai rien fait, encore ! ». « Comment ça, encore ? Merdus, Quatre, arrête tout de suite tes blagues pourries ! GAT nous fait des malaises à répétition et je ne n’entends pas passer ma semaine de Toussaint à courir les sociétés de pompes funèbres ! ».



Quatre m’assurant qu’il ne ferait rien de préjudiciable à la santé de GAT (« pour la santé mentale, c’est foutu, Bibi ! »), je rappelai Trois qui auto ventilait encore et lui expliquai la situation clairement et simplement : « cela ne vient pas de nous ! ».

Un m’expliqua alors que c’était un de ses « soupirants » qui avait déposé les citrouilles pour lui faire plaisir. Ouf.

Suprême m’avertit parallèlement  que le départ se ferait le 29 octobre au matin « à l’aube » et que je ferai équipe avec Cousine Aglaë, Pétunia, un des FlowerPower (l’autre étant obligé de rester bosser… Ce qui a occasionné un au revoir déchirant !) et Tante Dinde dans la voiture.

« Tu veux ma mort ? » lui ai-je répondu. Il a juste ri. Cela promettait pour la semaine « Toussaint ».

Je vous passe le trajet ; huit heures à écouter la litanie de Cousine Aglaë sur le monde qui « part en vrille », de Pétunia qui nous a refait tout le répertoire de Sylvie Vartan et de Tante Dinde qui a résumé les épisodes de « Amour, Gloire et Beauté » sur les deux dernières saisons à Cousine FlowerPower.

J’ai enduré l’enfer sur terre, bombardée de textos par Quatre qui voulait se suicider à chaque péage tant la conversation dans sa voiture (qui rassemblait Suprême, Deux, Lord of The Rings et Cousine Sidonie) avait atteint « le sommet de la connerie mondiale ».

A peine arrivés, Un,  Trois, Cousin Edmond et GAT nous expliquèrent le programme : Récupération des chrysanthèmes au paysagiste du coin.

Nous sommes partis sept (et on a failli en tuer deux !), et nous sommes revenus sept et quinze pots de chrysanthèmes à « gros pompons ». Le choix fut cornélien et prit trois heures et demie.

Extrait de conversation pour chaque pot :
GAT : « Oncle Hubert, Jaune ou blanc ? »
Trois : « Ben, Blanc, sinon, il va penser qu’on se moque de son statut de cocu ».
Cousin Edmond : « Mais aimait-il le blanc ? »
Un : « GAT, vous êtes sûre ? ».

Quand on précise qu’Oncle Hubert est mort en 1871, cela situe le niveau de névroses de certains membres de la famille.
Quatre a dû fouiller dans les albums photos pour visualiser l’oncle en question (« Jamais entendu parler de celui-là, il est enterré avec qui ? »). Quand il a vu la tête de la bestiole, il s’exclama « Putain, ouais, je comprends sa femme ! », ce à quoi GAT avait répondu « son ami, Quatre, son A-MI ». « Oh ouais, grandiose ! » lança Quatre écroulé de rire.

Le lendemain, et malgré l’interdiction familiale, Quatre et Bibi sommes allés récupérer quelques citrouilles que nous avons creusées pour y apposer nos belles bougies orange. Cela faisait un rendu « du tonnerre » comme a dit Lord of the Rings. Nous les avons planquées dans l’abri de jardin en attendant que GAT et Cousin Edmond fassent leurs siestes.

Lord of the Rings a décidé de fêter Halloween avec moult bonbons dans un sac de congélation et a demandé notre aide pour (je cite) “exploser la citrouille en deux morceaux bien distincts ». Quatre n’a rien compris à l’esprit « vengeur » de Lord of the Rings, mais nous avons posé nos citrouilles aux coins stratégiques du jardin.
Lorsque la nuit est tombée et que nous les avons illuminées, nous avons été excommuniés jusqu’au lendemain matin. GAT hurlait que nous étions des « déments », Cousin Edmond faisait appel à tous les membres de la famille disparus « ou non », pour que nos âmes ne soient pas damnés et Suprême avait entrepris de faire de la soupe avec les restes.

Lord of the Rings a pleuré toute la soirée et Quatre a posté toutes les photos de nos citrouilles sur Twitter et la déchéance qui a suivi (les citrouilles réduites en gloubiboulga) avec des commentaires mesurés (« A bas la tyrannie ! » « Vive les Citrouilles ! » « GAT au bûcher ! »)…

Le lendemain matin, nous avons eu droit à la leçon de morale familiale sur le « non-fondé » de s’attirer les « foudres » du ciel avec deux citrouilles « hérétiques ».

Lord of the Rings a encore pleuré sa citrouille toute la matinée.



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