Influencée par... la boîte à livres At The Office
Résumé :
Le garde commença à parler de bois à brûler. Je hochais la tête sans arrêt, comme si j’avais abattu des forêts entières avant de le rencontrer. — Il te faudra sans doute sept cordes de bois, m’expliqua-t-il. Fais attention à ça. Tu dois t’en constituer toute une réserve avant que la neige n’immobilise ton camion. Je ne voulais pas poser cette question, mais comme cela semblait important, je me lançai : — Heu... C’est quoi, une corde de bois ?
Le contexte
J’en ai entendu tellement parler… et je n’étais pas si sûre de vouloir entrer dans la hype un brin hystérique… mais quand j’ai lu « un souffle à Walden » … et que je l’ai trouvé dans une boîte à livres hospitalière… Je me suis dit « c’est maintenant ou jamais ! ».
Mon avis :
Attention, âmes sensibles à la cause animale, passez votre chemin ou accrochez votre cœur !
J’ai pensé, dès le début, à un côté Thoreau et son Walden dans l’expérience détaillée par Pete Fromm. Il y avait, dès les premières pages, un côté agréable mais dérangeant.
En effet, l’écrivain, relate une aventure qu’il a vécu à la fin de 1978, acceptant un boulot dans Idaho qui a pour but de surveiller, lors de la période d’hiver, un bassin où des milliers d’œufs de saumon sont ensemencés.
Le narrateur, étudiant dans le Montana, expose sa vie en forêt, lui dont l’expérience antérieure se limite à du camping en famille.
Il explique les activités d’absolue nécessité pendant ces sept mois hivernaux. Il chasse (pour manger… même s’il n’est pas non plus sans suffisamment de nourriture pour tenir le coup !), fend des bûches, pêche, capture des animaux, les traque aussi parfois (violemment), tanne leurs peaux, se confectionner des habits, cuisine, surveille et laisse son esprit vagabonder.
De temps en temps, surviennent les autres (les rangers, les chasseurs) et la traque d’animaux pour le plaisir (celles du puma/lynx/ours sont révoltantes !).
Grâce à une écriture dépouillée, cette solitude est bien décrite, économie de mots face à la solitude et au manque de relations humaines.
J’ai trouvé prenant le côté nature writing, ce rapport avec la faune et la flore, son besoin de chasser en variant les plaisirs afin de couvrir ses besoins alimentaires ; j’ai apprécié le côté introspection du quotidien, de cette terreur de l’ennui, de se retrouver face à soi-même, la force qu’il faut pour supporter la solitude complète et également l’apprentissage de la vie en forêt, au contact avec la Nature, celle qui est toute puissante et qui peut vous balayer en un éclair !
Pourtant ce dernier a été peu enthousiasmant pour moi. Il y a un flottement dans le récit, entre le regret et l’envie de reprendre sa vie en ville, ses errances morales sur le bonheur et le besoin d’isolement.
Je dois avouer que je suis le genre de personnes bien avec eux-mêmes, qui ne s’ennuient jamais, même coupées du monde. Pourtant, comme le narrateur, il y a, de temps en temps, un besoin viscéral d’interaction humaine. L’effet de meute ?
Au final, ce roman est très agréable, avec quelques moments initiatique (conseil, si vous en voulez plus, relisez plutôt Thoreau, Frost, London, Muir, Bass, Abbey ou pour les français, certains Tesson) mais je n’ai pas aimé le personnage… son côté détaché de tout, un brin vaniteux, irresponsable et un peu stupide parfois… et que dire du sort de Boone, le chien, compagnon de ces longs mois !
Je pense qu’il m’a manqué la poésie, le lyrisme et un peu plus de nature writing, justement, dans le raisonnement pour ce que Indian Creek devienne un excellent moment de lecture ou un coup de cœur.
Cela restera un bon moment mais entaché par une envie de mettre des baffes à ce jeune Fromm.














