Influencée par OL et Madame
Résumé :
L'histoire se déroule à Marseille pendant la seconde guerre mondiale. Un jeune homme tient son journal dans lequel il raconte ses multiples emprunts d'argent qu'il ne rend jamais. Tout ça sans aucun remords, usant de la crédulité des femmes qu'il séduit grâce à son nom prestigieux Georges Renaut de la Motte. Les hommes ne sont pas en reste et subissent eux aussi les combines de Georges. Mais l'étau se resserre sur lui...
Le contexte
Grandement recommandé par OL et Madame en disant « après Malaquais, je te fais replonger dans le Marseille de la Seconde Guerre mondiale » … sous cette chaleur étouffante jour et nuit, c’est criminel !
Mon avis :
Georges Renaut de la Motte (autoproclamé ainsi) est un petit malfrat, un magouilleur, un baragouineur de première.
Dans ce journal rédigé entre décembre 1940 et le printemps 1941, il décrit son mode de vie, de survie, et ses tromperies. Qu’elles soient en affaire, au jeu, en amour ou par intérêt personnel. Il n’a pas honte, il est un profiteur et le système de l’Occupation va lui servir.
Poussé par la débâcle française, lui, le parisien, il se réfugie en zone libre, à Marseille où atterrit de nombreuses personnes, perdues, coupées de ceux qu’elles aiment, sans argent, ou avec le peu (ou plus) qu’elles possèdent.
Georges va donc profiter et se révéler un sale type, sans état d’âme. Il joue stratégique, se joue aristo, mystérieux et s’acoquine avec des personnes plus fortunées qui ne vont pas tarder à tomber dans ses filets. Il ramasse les billets de banque encore mieux qu’au Casino par un jour de chance carabinée !
Alors oui, il peut perdre mais il ne rembourse jamais, il s’occupe à couvrir ses arrières avec des femmes ou des couples qui lui prêtent sans se méfier. Pourtant, il déteste Marseille et ses habitants qu’il trouve ridicule et comédien. Il flirte même avec la nièce de sa logeuse pour éviter de payer le loyer !
Cela ne l’empêche pas de conter fleurette à d’autres… celles qu’on lui présente et dont il soupèse le potentiel financier, ou celles, plus modestes, qui sont jolies et naïves.
Ce type est une ordure ordinaire mais diablement rusé jusqu’au jour où les doutes chez ses « amis » et connaissances insinuent et qu’il faut qu’il se dégage de ce piège.
A travers les actes et les mots de George, il y a aussi un constat sur la France de cette période, en plein effondrement sociétal, sans compter sur le moral en berne des français des deux zones.
Lui, George, n’a foi en rien et pense qu’il peut tout tenter sans limite ! Au diable la bienséance, l’honnêteté, le sens moral, puisque tout va dans le mur, que la France a perdu, est occupée, et qu’il ne subsiste que les plus fortunés, les plus forts et ceux qui veulent profiter du système pour gagner plus, s’élever plus haut… Pourquoi pas lui !?
Il y a un côté romanesque chez Georges qui peut amadouer le lecteur mais aussi le faire se sentir mal à l’aise.
Je dois avouer que j’ai détesté ce tricheur, ses actes, ses pensées mais il y a une attirance légitime à savoir comment il va se tirer de là, qui il va laisser sur le bord de la route, qui va mourir pour lui, le trahir, etc.
Un roman qui peut être dérangeant dans sa ligne de conduire, dans les propos tenus par Georges et par ce qu’il dégage, même si l’auteur veut faire réfléchir le lecteur sur la situation, les rapports humains, l’hypocrisie, les menteurs, les profiteurs, l’Etat, la guerre, et cette France qui va plonger dans une Collaboration active et dont elle va avoir du mal à se relever.
Va falloir que je le déniche quelque part !















