Tuesday, July 16, 2024

Varlam de Michaël Prazan - Retour de lecture - coup de coeur

 


Résumé :

Lors du tournage d’un documentaire sur les camps du Goulag de la Kolyma, région de la Sibérie orientale que les Russes appellent « l’enfer blanc », l’auteur fait la rencontre inattendue d’un chat abandonné, transi de faim et de froid. Il décide de le sauver et le baptise Varlam, en hommage au grand écrivain Chalamov, rescapé des camps et auteur des Récits de la Kolyma. Avec lui, de Iakoutsk à Magadan en passant par la « route des ossements », il va parcourir la Sibérie, filmant les vestiges des camps, recueillant le témoignage des survivants, remontant le temps de la période stalinienne jusqu’à la fermeture du Goulag en 1956, trois ans après la mort du dictateur.
Dans ce road-book polaire, Michaël Prazan nous propose une mosaïque de séquences mémorables, évoquant un des chapitres les plus sombres de l’Histoire de la Russie.


Mon avis :

Quel beau texte ! Quelle belle rencontre entre le passé, le présent, l’auteur et un chat, russe, sauvage, abandonné, comme l’étaient les Zeks. 

Car Michael Prazan arrive sur la route des ossements, dans la Kolyma pour un reportage. Il arpente ce haut-lieu des Goulags, endroit sauvage, inhospitalier, haut pourvoyeur de morts lentes, ou rapides, froides, glaciales pour tous ces hommes envoyés en enfer par le régime stalinien. 

Là pour évoquer cette période et ces lieux avec les rescapés, les survivants ou les locaux, témoins, il croise un chat russe qui va apprivoiser doucement, le sauvant du froid et de la faim et qui devient le témoin de la quête du réalisateur.

Baptisé Varlam (en l’hommage à Chalamov, Zek lui-même dont le témoignage dans  Les récits de la Kolyma doit être absolument lu pour toute personne intéressée par le système concentrationnaire soviétique ! ; mais il faut lire aussi Soljenitsyne, Ehrenbourg, Mandelstam, Tsvetaieva), ce chat va être son témoin, et son partenaire… qui reviendra à Paris dans ses bagages, affublé d’un passeport tout joli…

Il faut savoir que le chat est le point central du livre et que malgré tout ce qui est décrit sur l’Histoire des Goulags, il y a de nombreuses pages sur ce Varlam, étonnant. 

Ce clin d’œil à Chalamov (lisez la chatte sans nom dans la résurrection du mélèze !) m’a fait sourire et m’a ému… beaucoup.

Ce récit sur les coulisses d’un tournage est un bel hommage à ces hommes morts de la folie d’un système (et des Hommes aussi !).

Newsletters !

Les Archives

Le blog d'une ItemLiz Girl