Influencée par OL et Madame
Résumé :
Marseille, 1942 : quelques mois avant l'invasion de la zone libre par les Allemands, la ville en pressent la menace. Le grand port méditerranéen est devenu cette nasse où sont allés se prendre tous les indésirables pourchassés par Vichy. Affluant des quatre coins de l'Europe, ils fuient la tyrannie, l'oppression et la guerre, et espèrent décrocher le précieux sésame qui leur permettra d'embarquer vers une terre de liberté et de paix : un visa vers l'improbable Amérique. Entre descriptions réalistes et évocations lyriques, Jean Malaquais brosse un terrible tableau de l'époque et de la faune bigarrée du Vieux-Port. Où les proscrits de tout poil côtoient, sans s'en méfier assez, mouchards et délateurs zélés…
Le contexte :
OL et Madame sont des vieux compagnons de route du blog… depuis 2011, ils sont fidèles… bon, depuis, on s’est rencontrés et j’ai même été à leur mariage… Côté littérature, OL et moi sommes assez éloignés mais de temps en temps, il me pointe des romans qu’il a détestés… car il a détesté ce roman !
Mon avis :
Jean Malaquais nous entraîne dans le Marseille de 1942, sous contrôle du gouvernement de Pétain/Laval, en zone libre (avant le 11 novembre 42, donc, et la prise en main par les nazis et les italiens de Mussolini).
Cette période était ma préférée et habitant Marseille, (et connaissant son Histoire sur 2600 ans), je ne pouvais que lire ce roman.
Marseille est un point de chute pour tous ceux qui veulent fuir les persécutions, lutter contre la barbarie, ou tout simplement vivre tranquillement, ailleurs que sous les lois pétainistes.
Il évoque alors pléthores de personnages, locaux, comme échappés d’un roman provençal entre gouaille, petits ou gros larcins, filles de joie, résistants ou collabos et le rationnement… avec, pour chapeauter le tout, la police et la mafia locale.
On aperçoit l’être humain dans toute sa splendeur et sa décadence : les opportunistes, les policiers aidants, les louvoyants, les indics imbuvables, les fonctionnaires réglos et carriéristes, les résistants locaux, les intermittents de la lutte, les intellectuels, les juifs, les communistes, les exilés… Bref toute la faune locale et extra-locale qui veut fuir ou, à défaut, ne pas subir les répressions.
Malaquais décrit aussi la traque, les conditions de vie, et en tant d’apatride, juif et marxiste, il sait de quoi il en retourne dans cette période.
On dirait une pièce de théâtre, ça entre, ça sort, ça passe, ça revient…
Malaquais a l’idée, excellente, de créer un avatar et de s’y tenir ainsi que d’autres personnages ayant gravité à Marseille comme Varian Fry, André Gide, etc., et célébrer aussi des organismes comme l’American Rescue Committee.
Il évoque aussi le Camp des Milles, aujourd’hui mémorial sur la déportation et camps de transit du Sud-Est, que j’ai visité alors qu’il n’était qu’une « ruine », sans explication, brut, violence pour des lycéens avec le témoignage sur les murs des personnes internés et déportés.
Bref, vous l’aurez compris, j’ai énormément aimé ce texte.







