Influencée par Nathalie et Christelle 1er live du CLCL
Résumé :
Almanda a 15 ans quand elle tombe amoureuse de Thomas, jeune Innu de l’immense lac Pekuakami. Orpheline québécoise d’origine irlandaise, elle quitte les siens pour le suivre dans cette existence nomade, brisant bientôt les carcans imposés aux femmes autochtones pour apprendre la chasse et la pêche. Ancré dans une nature omniprésente, sublime et très vite menacée, son destin se mêle alors à celui, tragique, d’un peuple ancestral à la liberté entravée.
Le contexte :
L’influenceuse qu’est Nathalie… Non seulement elle avait bien agrémenté mon tableau Excel pour « Poche en 2026 » mais elle continue à ajouter des titres à mon tableau lors de nos Live du Club de Lecture de la Cambrousse Littéraire.
Mon avis :
Mais quel beau, lumineux et sombre roman à la fois !
Michel Jean est un conteur, comme l’est sa lignée. Il retranscrit avec pudeur, amour et nostalgie la vie de son arrière-grand-mère, Almanda.
Cette dernière a vécu une longue vie dans la communauté Innue et a parcouru neuf décennies entre la fin du XIXe siècle et la fin du XXe au Canada. Elle n’était pas destinée à vivre cette vie de nomade si son regard n’avait pas croisé, à 15 ans, celui de Thomas, jeune chasseur des Premières Nations canadiennes.
Toute jeune fille, elle choisit Thomas, sa vie à parcourir les forêts, les rivières, à vivre de et dans la nature, avec des us et coutumes qu’elle a appris pendant de longues années.
Le roman est simple mais multiple. C’est la narration d’Almanda de sa vie, de sa filiation irlandaise, de son statut d’orpheline, de jeune épouse, de jeune femme volontaire, qui a épousé ces Nations.
Dans les premières pages, elle décrit la vie ordinaire, quotidienne, saisonnière de la famille de Thomas, de leurs transhumances hivernales et estivales, du respect de la nature, des animaux, et d’accepter ce que la vie, la forêt, la rivière offrent.
Pourtant quand la tournure des évènements advient, le cœur serré, on voit se désagréger cette vie, leur vie, leurs croyances, leurs modes de vie et on sent le dérèglement, la noirceur arrivés. L’homme blanc arrive, détruit non seulement la nature, mais désire imposer sa vision et annihiler les traditions, le savoir-faire, la vie et les étendues sauvages. Que ce soit par la douceur, la loi (absurde) ou la force, Almanda et sa famille ne peuvent que constater la fin d’un temps, d’ancestrales comportements et la force que constituent ces Natives pour la société qui émerge.
Non, on broie, on désunit, on dissèque, on efface, on lisse ce qui n’est pas « moderne ». « Les Sauvages » n’ont qu’à plier, boire, subir des violences gratuites, oublier, et crever !
Ce roman est d’une tristesse lumineusement insondable. On sort à la fois bouleversé et révolté mais émerveillé par tant de beauté, d’abnégation, de croyances et de volonté.
La photo en fin d’ouvrage vous remue les tripes et le regard défiant, fier de cette petite bonne femme d’Almanda ne vous quitte pas !









