influencée par Lila
Résumé :
Le contexte
Lila sait ma passion pour une certaine période, un certain pays et ma propension à lire tout ce qui me tombe sous la main, même si je n’apprends rien ou que je peste sur les invraisemblances.
Là, elle m’a dit avoir été « choquée » … et ça, ça m’intrigue fort !
Mon avis :
L’épouvantail de Dresde est à classer dans les polars historiques qui s’appuient sur une base historique intéressante, et probablement, souvent, peu connue du commun des mortels. Pour ma part, si vous me lisez/suivez depuis longtemps, vous savez que cette période, ce pays et ce contexte sont particulièrement très bien connus par mon cerveau.
Frank Goldammer utilise un lieu et une date qui amènent de la noirceur dans son histoire.
Nous sommes à Dresde, en automne et hiver 1944, pendant que la ville est littéralement arrosée par les bombes alliées et les habitants oscillant entre derniers espoirs (la bataille des Ardennes) et le fatalisme (les soviétiques défoncent les lignes à l’Est).
Max Heller est un inspecteur de police criminelle et il n’est ni un SS, ni un membre du parti. Il navigue en eaux troubles principalement grâce à sa vaillante épopée pendant la Première Guerre mondiale, qui lui vaut une certaine protection.
Entre deux bombes et les pressions exercées par les autorités nazies en fin de course (bien illustré par son supérieur un SS aussi hystérique que peu compétent), des meurtres de femmes se produisent. Parallèlement, une rumeur naît çà et là : un épouvantail s’en prendrait aux gens la nuit.
L’enquête qui s’en suit, va pousser le curseur toujours plus loin dans le danger et Max Heller essaie de repousser l’épée de Damoclès qui se dresse au-dessus de sa tête. Bien sûr, l’Histoire avance, et l’arrivée des forces soviétiques va changer la donne.
La seconde partie se déroule six mois plus tard, dans une ville de Dresde passée sous le joug soviétique. L’enquête reprend avec une autre tension et une autre approche avec le personnage d’Alexei Sayatsev (que j’aime beaucoup).
La description de fin de régime, de traque des dignitaires nazis par les forces en présence, la peur viscérale des habitants, la fin, l’insécurité, la répression et la vengeance, et toujours cet épouvantail.
Frank Goldammer pointe, à travers le personnage de Karin, la femme de Heller, cette incertitude, cette crainte quotidienne et l’espoir de revoir les soldats sur les fronts Ouest et Est qui n’ont plus donné de nouvelles.
J’ai bien aimé ce roman même si, je dois le dire clairement, et malgré l’agréable écriture et une histoire qui se poursuit avec une belle fluidité, il y a du déjà-vu dans la catégorie policier historique pendant le IIIe Reich.
Ayant lu beaucoup de romans sur cette période (en sus de mes pavasses d’Histoire, évidemment !), Goldammer n’invente rien et on retrouve quelques similitudes avec les personnages (même si les périodes ne sont pas les mêmes) de Kutscher, Gilbers, McCallin ou encore, par un certain aspect, Rademacher ou Kerr.
Même si le rythme est prenant, il y a des moments survolés ou faisant trop échos à d’autres scènes d’autres romans.
Pourtant, j’ai aimé la noirceur de cette fin de régime, le personnage de Heller qui est attachant, le supérieur SS qui vocifère (mais qui est un bon personnage à détester !) et les conditions de vie des habitants de Dresde.
Il y a une suite « Mille diables » qui se déroule début 1947… que je note pour une prochaine fois car j’ai envie de savoir pour Heller…
En résumé, un bon roman historique sur cette période, avec des dialogues intéressants, quelques longueurs, des évidences et du déjà-vu, mais si on aime ce genre, on ne peut que le lire !



















