Bonjour,
xx
Lisa
Bonjour,
xx
Lisa
Influencée par Nathalie lors du 1er Live du Club de Lecture de la Cambrousse Littéraire
Résumé :
Le contexte :
Premier Live du Club de Lecture de la Cambrousse Littéraire et j’ai su que c’était la pire idée pour ma Wish-List…
Nathalie en a tellement bien parlé que j’ai rajouté à ma longue liste sur Excel et qu’il est sorti fin avril… Cela me semble tellement passionnant comme sujet !
Mon avis :
Quel roman agréable et poignant que ce combat des Penn Sardine et du combat de femmes dans les années 20 !
On pourrait, bien entendu, réduire cela à une histoire d’amour mais il y a autre chose, au-delà de l’histoire entre Rose et Louise.
Il y a ces longues semaines de 1924 pendant lesquelles ces ouvrières oppressées par le patronat et les contremaitres/contremaîtresses vont lutter pour une meilleure vie dans son ensemble. Elles forment un groupe de résistance, féministe sans le savoir, face aux poids des traditions, de l’Eglise et de cette société patriarcale qui écrasaient toute velléité personnelle.
Ce roman est aussi une lutte… une rouge… comme la couleur des communistes… Douarnenez est un fief et cela a changé quelque chose.
C’est aussi l’histoire de Louise, jeune femme volontaire, avec une voie politique et une voix envoûtante qui se rebelle, se démène pour changer la vie, les vies et Rose, jeune paysanne pieuse, venue à l’usine pour aider son père, veuf, à élever quatre enfants.
Rose va partager sa vie avec l’athée et révolutionnaire Louise.
Petit à petit, par touches, Sophie Brocas évoque les semaines de lutte, la vie quotidienne, les affres de cette société, les peurs, les deuils, les traditions, les obligations que ce soit du côté des femme comme des hommes.
Que ce soit Rose qui va aspirer à vivre, avoir des enfants, une vie ordinaire ou Louise qui rêve de plus grand, de liberté de femmes, à Paris, elles vont rester dans un tourbillon jusqu’en 1928, séparées par leurs vies choisies mais qui montrent l’évolution et la justification des cinq semaines de grève et de privations…
Rose rentre dans « son rang », se marie et exprime l’évolution de la pêche ; Louise s’acoquine avec les politiques et les artistes à Paris, et s’engage dans la cause féministe (notamment pour le droit de vote) …
Le lit clos évoque des destins, des brisés, des embourgeoisés, des révoltés, des pieux, des exaltés, des amoureux… avec une écriture fluide, agréable, sans envolée lyrique ou tape-à-l’œil. On emboite le pas à cette époque, un siècle plus tôt, et si notre œil est humide à la fin, ce n’est pas dû aux embruns mais à l’émotion qui nous saisit !
Un roman poignant.
Influencée par Béa
Résumé :
Dans le Paris des Trente Glorieuses, une enfant assiste aux réunions des femmes de la famille organisées au domicile de sa mère, Lucie, dans un immeuble haussmannien. On parle chiffons et on s’échange les potins du jour. L’ambiance est joyeuse. Plus agitée, aussi, quand il s’agit d’évoquer, à mots voilés, le passé de Lucie, ce grand amour qu’elle aurait connu, pendant la Seconde Guerre mondiale, avant de se remarier.
Qui est Lucie ? Qu’a-t-elle fait précisément, avant ?
De fil en aiguille, perçant les mensonges et les non-dits de cette mère énigmatique, l’enfant, devenue adulte et historienne de profession, met à nu la part d’ombre de Lucie et de toute une partie de sa famille. Les masques tombent, et l’histoire de cette femme, collaboratrice zélée, en France, sous l’Occupation, se révèle en plein, à l’image d’un passé collectif dont on n’a, aujourd’hui encore, pas fini de faire l’inventaire.
Un sujet épineux mais qui me passionne… et mes abonnées qui connaissent bien mes goûts…
Mon avis :
C’est typiquement le genre d’ouvrage qui crée automatiquement une polémique et je peux le comprendre (même s’il m’en faut énormément pour m’offusquer !).
Cécile Desprairies, historienne de l’occupation revendiquée, évoque sa famille, notamment sa mère Lucie, fervente pro-nazie, débrouillarde, sans remord, ni regret… sauf la mort de son grand amour Friedrich… même quand elle épousera le père de sa fille… là pour boucher le trou et lui racheter une conduite… à elle et à sa famille qui a profité de la situation des années 30 aux Trente Glorieuses.
On sent le malaise admiratif de l’auteure dans ce roman court.
Lucie est un mystère pour tout le monde… elle maintient à flot la famille, autant financièrement qu’idéologiquement. Eux vivent comme bon leur semble, souvent avec une impression d’opportunistes et d’arnaqueurs professionnels.
L’antisémitisme ? eux, jamais ! Mais récupérer des biens spoliés, travailler pour la propagande nazie, ou fricoter dans les soirées entre nazis et collaborateurs, oui ! Tout à fait Madame, on ne savait pas, on connaissait la situation… mais nous sommes juste des gens simples, pas des racistes.
Ce roman sur l’occupation, la collaboration, l’aversion d’un groupe pour un autre, d’un amour flamboyant sous la Swastika, sans complexe, sans questionnement, sauf des détails futiles, pourra rebuter beaucoup de monde (et je pense aux descendants des résistants déportés ou fusillés, des juifs spoliés, massacrés, des français ayant eu faim, peur pendant ces années noires) et cela pourra être entendu.
Pour ma part, j’ai détesté cette connasse de Lucie mais je l’ai comprise aussi de par ma connaissance sur la période et notamment sur cette collaboration et cette haine des autres qui a gangréné la société française bien avant le XXe siècle et les horreurs perpétrées.
Alors oui, c’est souvent malaisant, hachée (l’écriture et la formulation), indélicat mais le parti-pris de l’auteure est franc et sans ambages. Elle n’excuse rien, n’explique rien (sa famille était collabo, soit, et c’est une fierté) avec juste un petit côté snob qui vit sa vie comme un tourbillon, tant pis si cela emporte dans le néant des millions de personnes… Moi, Lucie, je n’en tamponne le coquillard, il n’y a que Friedrich, mon grand amour qui compte et a compté (merci pour les autres !).
Je pense que ce roman sera « magistral » pour certains qui découvriront la collaboration, l’occupation, le « tout ou rien hitlérien » … ou à vomir pour les autres.
Je suis dans aucun camp, je choisis de lire, de capter le bon comme le mauvais… et puis, comme je vous le dis souvent, va falloir se lever très tôt pour me choquer !
Comme disait l’autre « famille je vous hais » … ce qui n’est pas le cas de chez celle de Cécile Desprairies !
Bonjour,
Je continue mon exploitation (ma plongée) dans mes carnets de lecture...
Cette fois, on entre dans les années 90...
Quelles sont vos romans marquants lus pendant cette période ?
xx
Lisa
Bonjour,
Le garçon ? Kurt Cobain
Petit souvenir du concert en question :
xx
Lisa
Influencée par la maman de Lila
Résumé :
Après le mariage d'amour d'Henri avec une jeune femme de condition modeste, d'étranges phénomènes vont perturber la vie quotidienne et bouleverser les habitants. L'auteur dépeint le quotidien d'une ferme à la fin du XIXe siècle, traversé par le retour de craintes ancestrales.
Le contexte :
La maman de Lila est une spécialiste des romans de Terroir… et comme elle connaît mon appétence pour l’Aveyron et les environs, quoi de mieux que le Larzac pour me combler de joie !
Mon avis :
Roger Béteille produit un roman régional un brin glaçant mais instructif…
Nous sommes en 1890 dans un domaine du Causse du Larzac.
Dans ce domaine, il y a beaucoup de personnels qui sont là pour les travaux des champs, l’élevage, l’entretien de la demeure, le service des maîtres, et travaillent jusqu’à épuisement. Le progrès est encore loin de faciliter la tâche.
Quand l’héritier du domaine, Henri se marie avec Alexandra, d’extraction modeste, les mauvaises langues se délient, notamment sa belle-mère et la gouvernante. En sus, des phénomènes inexpliqués surviennent comme des chiens qui perdent leur aboiement, les brebis tremblent, les poules meurent et les jambons pourrissent… autant dire qu’Alexandra va rapidement être accusée de tous ces maux et que la « sorcellerie » n’est pas loin. Le malheur est là et elle est toute désignée !
En cette fin du XIXe siècle, les règles et les croyances sont encore bien ancrées et la hiérarchie est bien établie… on ne s’éloigne pas de sa castre sans en payer les conséquences…
Entre hostilité, respect des maîtres, médisance, foi, et doutes, avec une écriture agréable et bien plantée dans son histoire, Les chiens muets nous jette en pâture ce domaine qui oscille entre scepticisme, peur irrationnelle, méchanceté gratuite et cette fin de siècle encore corsetée dans les non-dits, les classes sociales et dans une terre ancestrale faite de idées envers le Malin.
J’ai beaucoup aimé cette histoire, ce lieu (Causse du Larzac), la période et surtout la galerie de personnages qui offrent au lecteur des visions différentes de la vie à cette époque.
Je n’avais lu Roger Béteille et j’aime beaucoup sa plume ! Encore un auteur édité chez Rouergue (va falloir que je demande un bureau chez eux pour pouvoir fouiller dans leur catalogue régional !!).
influencée par cadeau SWAP de Tallulalit
Résumé :
Le contexte :
Contexte ? Histoire… IIIe Reich, Heydrich, … Y a-t-il d’autres raisons pour Lisa ?
Ben, non !
Mon avis :
J’avais lu cet ouvrage dans les années 80 (1987 sur mon carnet) mais j’avais envie de le lire (ne le trouvant plus sur mes étagères).
Reinhardt Heydrich est un homme clé, un homme de l’ombre mais avec une tendance nette à prendre la lumière… redoutable et redouté (y compris par le cercle proche de Hitler), cet arriviste et terrible stratège est un des dirigeants les plus connus mais souvent méconnus par les non-initiés.
Edouard Calic est un journaliste et historien croate. Né en 1910, il devient correspondant de son journal à Berlin. Profondément antinazi, il est arrêté et interné au camp de concentration de Sachsenhausen de 1942 à 1945. Auteur de nombreux livres sur le IIIe Reich, il s’est consacré aux deux figures que sont Himmler et Heydrich.
Dans cet ouvrage, il s’attache à retracer l’itinéraire de cet homme de sa naissance à sa mort en 1942, suite à l’opération Anthropoïde (pour leur mémoire, le slovaque Jozef Gabčík et le tchécoslovaque Jan Kubiš, sans oublier le tchèque Karel Svoboda, blessé pendant la préparation en Angleterre).
Né dans une famille cultivée et aisée, il est imprégné de nationalisme, de Wagner, de musique – son père était compositeur – et choyé. Il développe un goût pour le sport, joue du violon, mais se découvre un amour pour la navigation et une volonté de devenir marin. Ardent défenseur de l’Allemagne, il s’engage dans les corps francs à 15 ans et cimente son antisémitisme viscéral pour gommer une erreur qui a entaché la vie de son père (faussement assimilé à un nom de famille juif, suite à un remariage de sa mère).
Décrit comme arrogant, pas au-dessus de la moyenne, ambitieux, supérieur dans son attitude, il hait les juifs, les communistes et tous les opposants à l’Allemagne.
Entré dans la marine de guerre, il devient un officier zélé, brutal, insultant et n’hésite pas à malmener ses camarades. Renvoyé en 1931, pour une raison obscure, il intègre rapidement la force dirigée par Himmler et est appointé comme chef de la sûreté. Himmler a trouvé un homme d’une ambition sans faille, militaire, fanatique, à l’idéologie sans tache et avec une prédisposition pour le renseignement et la répression.
Heydrich va se révéler au-delà des espérances… investi dans sa mission, il attire la terreur, répertorie les failles de tous les dirigeants, opposants, personnels, et même sympathisants du régime. Son fanatisme et sa connaissance du renseignement vont en faire une terreur absolue, prenant sa mission avec plus de zèle que prévu et qui va élever ses actions au rang de crime contre l’humanité.
Les grands évènements du IIIe Reich portent peu ou prou son ombre sinistre, parmi lesquels l’incendie du Reichstag, la Nuit des longs couteaux, la Nuit de cristal, les affaires Gleiwitz ou le faux attentat sur Hitler en 1939, etc.