Tuesday, 24 February 2026

Le puits Amélie de Marie Kuhlmann - retour de lecture

 


Influencée par la maman de Lila et Carine

Résumé :

1910. On embauche au puits Amélie, ainsi nommé en l'honneur d'Amélie Zurcher, femme opiniâtre et visionnaire, qui, à l'origine des mines de potasse, bouleverse la vie des habitants de Wittelsheim. Ainsi, après la faillite de sa menuiserie, Lucien Mosmann devient mineur, la mort dans l'âme. Par solidarité, sa fille Blanche, tout juste seize ans, travaille également pour la mine. Là, elle rencontre Antoine Friess, qui vient d'un vignoble ravagé par le phylloxéra. Les nouveaux mineurs découvrent au fond des galeries un labeur épuisant et dangereux, mais aussi l'entraide qui y règne. Blanche et Antoine envisagent de se marier, lorsque la guerre éclate...




Le contexte : 

Une lectrice du Blog (Carine) est alsacienne et m’a dit que ce roman lui avait « remué les tripes » … Comme je continue à lire des romans régionaux tous les mois, et que je n’avais rien lu sur cette belle région… 

J’ai pioché dans les recommandations de Carine et la maman de Lila me l'a pointé également... Deux raisons de lire !!

Merci !


Mon avis :

Ce roman régional nous plonge à l’orée de la Première Guerre mondiale dans cette partie d’Alsace et Moselle ballotée entre la France et l’Empire prussien (puis allemand).

Nous croisons les destins de femmes et d’hommes qui n’ont que peu d’options pour travailler quand leur commerce ou leur activité viticole les pousse à trouver un autre travail. Celui-ci, la seule opportunité, est la mine de potasse, 600m au plus profond, qui use les corps, les âmes et ronge la vie par tous les trous. 

Marie Kuhlmann vous évoque la vie difficile de ces personnes bien souvent courageuses mais malmenées. 

Antoine, amoureux fou de Jeanne depuis l’enfance, qui se fait éconduire après promesse de mariage par cette dernière qui lui préfère un vigneron vieux mais riche ; Augustin enfant abandonné, torturé par son tuteur qui trouve dans la fuite en Champagne, une voie vers le travail de vigneron mais aussi une famille aimante ; Blanche, jeune fille volontaire, aimante, bienveillante qui se fait engager dans l’administration des mines pour suivre son père contraint et forcé à y travailler, mais aussi Anneliese, l’amie de Jeanne, éconduite aussi, qui rencontre Augustin… et puis aussi Mme ZUrcher, cette patronne avant-gardiste et Kurt Friedrich, chef du fond qui va provoquer quelques émois.

Ce roman est très facile à lire, sans être simpliste (sauf la fin trop facile pour moi). Les destins se croisent, les histoires sont très romanesques (trop parfois) mais le fond est le plus intéressant.

Mais le principal sujet est bien le destin des alsaciens et mosellans (même si on évoque plus l’Alsace et peu la Moselle) depuis 1871. Ce territoire où peu parlait allemand ou français mais que la langue alsacienne et ne pouvait accéder à des postes à responsabilités (réservés aux allemands de souche).

Ceux qui étaient restés après 1871 étaient ceux qui n’avaient pas eu les moyens de tout laisser derrière eux pour regagner la partie française… 

Alors oui en 1914, logiquement les hommes (sauf ceux qui avaient fait leurs classes en France, comme Augustin vivant en Champagne à l’époque) ont combattu sous l’uniforme allemand… En 1918, redevenue française, ce sont les français, vainqueurs, qui ont traité les alsaciens (et mosellans, ne les oublions pas) de manière méprisante… jusqu’à 1939, où fiers d’être français, ils sont pour beaucoup devenus des malgrés-nous.

À travers ces destins, c’est une histoire intense que celle de ce coin de France.



 

Sunday, 22 February 2026

Théma historique : Sa Majesté Elizabeth II

 


Bonjour

Aujourd'hui, je vous parle du parcours exceptionnel de feu Sa Majesté Elizabeth II...

J'espère que vous aimerez.


Voici le lien pour voir la présentation illustrée avec des liens d'écoutes :

https://drive.google.com/drive/folders/1Sj16ca6Nk-qOQ1Fu8xHq8IlQLcYI1Y2V?usp=sharing

xx

Lisa 

Thursday, 19 February 2026

La Playlist du jeudi... Made in Marseille


 

Bonjour,

Soyons honnêtes, ces chansons très marseillaises sont la base si vous vous réclamez de la cité phocéenne...

Dans la vie, il y a des bases littéraires, culinaires, mémorielles... et des opérettes !!!

Personnellement, je les connais par coeur... et vous ?

 

 

xx

Lisa

Tuesday, 17 February 2026

Nous sommes l’étincelle de Vincent Villeminot - retour de lecture

 


Influencée par ma Justine

Résumé :

Quand les tensions entre générations deviennent trop fortes, des groupes d'adolescents choisissent de rompre définitivement. Mais créer une société alternative est-il possible ?

C'était il y a longtemps. Avant qu'on interdise la Forêt, avant les braconniers, les cannibales, les commandos...
En 2025. Antigone et Xavier, puis Paul, Jay, La Houle avaient vingt ans. Ils sont partis dans la Forêt. Ils ont cru à ce rêve, à cette révolution. Comme des milliers d'autres. Et maintenant, trente-six ans plus tard, parmi les arbres, il en reste seulement quelques-uns. Des survivants. Presque des enfants.




Le contexte : 

Ma Justine a toujours de bonnes lectures… C’est la maîtresse dont tous les enfants doivent rêver… et je lui fais entièrement confiance !


Mon avis :

Ce roman est étonnant à lire, principalement parce qu’on peut s’y perdre sans réellement savoir pourquoi ou comment. Les temporalités et lieux alternés pourront dérouter certains lecteurs, comme le peu de mots sur une page de temps à autre ; cela peut sembler fouillis de sauter ainsi qu’un lieu à une date, un personnage et une ambiance… 

Alors que j’aurais pu soulever le sourcil en me disant « mais heu, c’est quoi ce truc ? », j’ai été accrochée par les personnages… et le fait que cela commence dans une forêt de Dordogne (oui, je suis chauvine avec ma province !).

Une poignée de personnages qui vous interrogent et qui vous poussent à essayer de comprendre comment ce livre de rébellion cité « Do Not Count On Us », écrit par un jeune universitaire, brillant, modèle en 2024, a contribué à faire exploser le système et à établir cette rupture qui nous propulse dans cette histoire aux alentours de 2040 et 2061.

Et, il faut le dire, citer le Colonel Aureliano Buendia (Cent Ans de Solitude) dans un roman ne pouvait que m’intriguer !

L’histoire est intéressante, c’est complexe et comme ça part dans tous les sens, il faut se concentrer pour assembler le puzzle de cette utopie suivie pendant des décennies. 

Au début, tout commence par trois enfants qui vivent dans la forêt, s’amusent puis disparaissent, enlevés par des braconniers (anthropophages, dit-on !), et tout le reste suit… la recherche, la quête, la révolte, les aventures, la peur, la prise de conscience… Le pourquoi, le quand, le comment… on voyage dans le temps pour comprendre ces sociétés, ces gens retirés du, d’un, monde.

Le propos écologiste, non moralisateur (ou peu), évoque un monde qui semble sans espoir et qui pourrait basculer vers un retour en arrière, un monde plus proche de la nature. Une nature qu’on pense, à tort, bienveillante (qui ne va pas apprécier et va nous le faire payer !) !

Ce qui m’a parlé (et la raison pour laquelle j’ai trouvé ce roman accrocheur malgré ses défauts) est le constat sur la famille… celle qu’on reçoit (et subit) et celle qu’on se crée, qu’on forme autour de nous pour traverser les épreuves de la vie, dures ou belles.

Pourtant, le sujet principal est bel et bien la liberté et la responsabilité que nous lui devons et que nous devons aux générations à venir. 

Un roman surprenant, pas forcément facile à expliquer dans l’ensemble du contenu, mais qui a le pouvoir d’être aimé ou détesté d’emblée. 

Car, oui, soit on accepte le parti pris de l’auteur, ce côté foutraque, soit on décroche dès les premières pages et on ne peut pas raccrocher le wagon.


PS : eh, non, je n’ai eu aucun souci quant aux citations du début… on parle de texte, de mots, d’idées pour amener un roman pas de tribune populaire. Ceci n’engage que moi, mais en tant que romancière, je comprends fort bien ce procédé. 



Saturday, 14 February 2026

Le chemin des âmes de Joseph Boyden - retour de lecture -❤️

 


Influencée par Noémie

Résumé :

1919, Nord de l’Ontario. Niska, une vieille Indienne Cree, attend sur un quai de gare le retour d’un soldat. Pourtant, l’homme qui descend du train n’est pas Elijah mais son neveu Xavier qu’elle croyait disparu, ou plutôt son ombre, malade et méconnaissable. Trois jours durant, à bord du canoë qui les ramène chez eux, Xavier, entre la vie et la mort, replonge dans les eaux sombres de son passé. Lorsque, en 1914, il avait décidé avec Elijah, son meilleur ami, de s’engager dans l’armée canadienne, certains l’un et l’autre de connaître l’aventure de leur vie. Mais sur les champs de bataille français, l’enfer les attendait…



Le contexte : 

Clairement comme j’avais dit que j’adorais Louise Erdrich, j’en connais qui n’ont pas hésité à ajouter des romans sur les Natives dans mon tableau Excel. 

Quand j’ai lu le résumé, je me suis dit que Noémie avait vu juste sur mes goûts ! 


Mon avis :

Mais quel roman ! Un véritable coup de cœur dès la 80e page et qui l’est resté tout au long du récit.

Nous sommes en 1919, dans l’Ontario et nous découvrons une vieille femme, une Cree qui vient de quitter sa forêt pour aller attendre un homme de retour de la Grande Guerre, à la gare. Lui et Xavier sont partis dans l’armée canadienne pour aider la France contre l’Allemagne. 

Contre toute attente, parce qu’on avait dit décédé, Niska voit Xavier, ce neveu qu’elle a élevé, descendre du train, invalide, unijambiste et gravement atteint moralement. 

Niska n’a alors qu’une obsession, le ramener chez eux, en empruntant la rivière et son canoë. Elle veut le sauver tant Xavier semble hanté par ce qu’il a vu là-bas.

Le récit se dédouble souvent entre les récits alternés de Niska et Xavier. 

Lui, avec son addiction à la morphine, retrace les années… le départ enthousiaste aux côtés d’Elijah, la camaraderie des autres, son isolation volontaire mais aussi et principalement l’horreur, la guerre, la drogue, et le sang, les tripes et la déchéance.

Il se remémore la folie meurtrière de son ami et son esprit erre, ainsi, entre la volonté de mort et celle de la vie dans ce canoë… les trois jours de route qui peuvent le sauver de lui-même, ou pas (d’ailleurs le titre originel est plus évocateur !).

De l’autre Niska persévère à rattacher Xavier à la vie, à ce monde, à leur histoire et elle lui conte son enfance, celle de sa sœur, la mère de Xavier, les traditions des Cree, son héritage culturel et aussi la défense de son peuple face aux assaillants. Elle vieillit, va mourir bientôt et elle refuse que tout disparaisse avec elle.

L’alternance de ces deux récits, deux personnalités, deux histoires personnelles, bouleverse par l’horreur et l’espoir qui s’entremêlent et s’appellent.

J’ai adoré ce texte car il y a tant d’humanité de part et d’autre, y compris dans l’horreur de la guerre et la mort qui rôde à chaque instant.

La rivière coule, porte ce duo, cette équipe malmenée par la vie, le manque de reconnaissance, la perte d’un être cher et la nature qui maltraite autant qu’elle aime quand on sait comment vivre avec elle.

Le constat sur la destruction des natives, de leurs rites et coutumes, par les hommes blancs, les envahisseurs, est affligeant et la Grande Guerre s’avère aussi absurde que traumatisante pour tous ces hommes qui ont perdu leurs âmes et sûrement la foi envers l’être humain.

Ce roman est un coup de cœur, et il fut immédiat dès la page 80… comme quoi, quand l’émotion et l’histoire sont fortes, le cœur ne s’y trompe pas.



 

Thursday, 12 February 2026

La Playlist du jeudi... pas de message !

 


Bonjour,

Non, il n'y a pas de message caché... et encore moins des chansons pour la St Valentin (au risque de finir seul(e) !)...

Mais des chansons à messages pour toute circonstance (ou presque)...

 

xx

Lisa

Tuesday, 10 February 2026

Le diable se moque bien des histoires d’amour de Brigitte Moreau - retour de lecture


Influences : papa noël surprise de Clothilde


Résumé :

Quatre jeunes gens vivent dans un état autoritaire, une société où tout est normé, du quotient intellectuel au quotient beauté. Ils n’ont qu’un choix possible : suivre les règles ou se brûler les ailes.

Alors que la plupart de leurs concitoyens jouent le jeu de la compétition dans l’espoir de faire partie de l’élite, Mia, Eve, Clément et Raphaël, eux, cherchent simplement un peu de bonheur.

Ils mettent le doigt dans un engrenage que plus rien ne peut arrêter.



Le contexte : 

Clo, ma grande copine depuis nos 15 ans, m’a envoyé ce roman … elle l’a lu et a adoré ! Elle m’a dit « ça va sûrement te plaire ou déplaire, ça parle d’amour ! »

Dois-je comprendre que je suis le diable en matière d’amour ? ou que mes histoires d’amour virent à la diablerie ? 

En tous les cas, le résumé est diablement intéressant !


Mon avis :

Dans ce pays, l’Etat administre tout y compris les mariages.

En effet, la société est coupée en deux : les Supérieurs et les Inférieurs. Aucun ne fréquente l’autre et chaque castre possède sa hiérarchie selon pédigrée très détaillé et établi.

L’intelligence, la beauté, l’avenir professionnel, l’avenir de la castre et la richesse établissent un classement pour les jeunes hommes et à 25 ans, ils se doivent de convoler pour perpétuer les Supérieurs, tout en restant dans leur rang et ne jamais décevoir l’Etat qui leur fournit un travail, un logement et toutes les prestations possibles, en l’échange d’une seule contrepartie : l’Etat choisit une épouse qui cadre avec le pédigrée de l’homme et à la dot payée par la famille de la jeune fille de 19 ans. 

Quand le roman s’ouvre, nous découvrons Mia, Clément et Raphaël le jour des épousailles (sans fioriture, tout en sobriété économique). Personne n’a droit à la parole sauf le montant de la dot et l’officier qui approuve l’union.

Mia veut épouser Clément et vice-versa. Le père de Mia en est conscient et a rassemblé une dot conséquente, sauf qu’un autre père surenchérit pour « payer » à sa fille le garçon parfait pour son rang : Clément… 

Mia est désespérée et se voit attribuer l’élite de la sélection du jour : Raphaël, bon garçon, bon élève, bon citoyen. Un vrai gentil mais largué dans cette obligation.

Une fois la transaction nuptiale établit, le couple a deux ans pour procréer et offrir à l’Etat la descendance des Supérieurs, sous peine de dissolution du mariage… et du déclassement des deux familles (avec la honte, l’impossibilité de se maintenir de cette caste, etc.)

Au cours des mois, on suit les cinq personnes qui sont pris dans les filets de cet Etat omnipotent : Mia, Clément, Raphaël, mais aussi Victoire, la prétentieuse et glaciale femme de Clément, et Eve, la gouvernante embauchée par Raphaël pour aider sa femme qui l’ignore et se refuse à lui. 

Dans cette dystopie, l’amour n’a pas de place dans ce pays qui fournit profession, habitation, aide mais qui exige que le citoyen fasse honneur à la note lui ayant été attribuée.

Sous cette machine autoritaire, il y a des personnes qui se débattent ou acceptent. Ceux qui se réjouissent d’une telle chance, qui ont été élevés et calibrés pour cela, ceux qui apprécient mais dont le cœur ne suit pas la cadence, et ceux, rebelles, qui refusent qu’on leur dicte qui doit partager leur lit.

Petit à petit, Raphaël préfère Eve, Mia et Clément n’arrivent pas à s’oublier et Victoire joue sa Victoire. 

Ce roman, facile à lire, aéré et qui peut paraître simpliste ou léger, offre, néanmoins, et tant mieux, une réflexion sur les privilèges de la naissance, l’ascension à la force du poignet, à la soumission, à l’éducation embrigadant, les raisons du cœur et de la raison et surtout à l’impact de la société de plus en plus élitiste, enveloppée par l’IA pour déterminer le bon grain de l’ivraie afin d’obtenir le meilleur quoi qu’il en coûte à certains.

Chacun trouvera dans un personnage celui qui résonne en lui et se posera la question : qu’aurais-je fait à sa place ? 



 

Le blog d'une ItemLiz Girl

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