Influencée par la maman de Lila
Résumé :
Après le mariage d'amour d'Henri avec une jeune femme de condition modeste, d'étranges phénomènes vont perturber la vie quotidienne et bouleverser les habitants. L'auteur dépeint le quotidien d'une ferme à la fin du XIXe siècle, traversé par le retour de craintes ancestrales.
Le contexte :
La maman de Lila est une spécialiste des romans de Terroir… et comme elle connaît mon appétence pour l’Aveyron et les environs, quoi de mieux que le Larzac pour me combler de joie !
Mon avis :
Roger Béteille produit un roman régional un brin glaçant mais instructif…
Nous sommes en 1890 dans un domaine du Causse du Larzac.
Dans ce domaine, il y a beaucoup de personnels qui sont là pour les travaux des champs, l’élevage, l’entretien de la demeure, le service des maîtres, et travaillent jusqu’à épuisement. Le progrès est encore loin de faciliter la tâche.
Quand l’héritier du domaine, Henri se marie avec Alexandra, d’extraction modeste, les mauvaises langues se délient, notamment sa belle-mère et la gouvernante. En sus, des phénomènes inexpliqués surviennent comme des chiens qui perdent leur aboiement, les brebis tremblent, les poules meurent et les jambons pourrissent… autant dire qu’Alexandra va rapidement être accusée de tous ces maux et que la « sorcellerie » n’est pas loin. Le malheur est là et elle est toute désignée !
En cette fin du XIXe siècle, les règles et les croyances sont encore bien ancrées et la hiérarchie est bien établie… on ne s’éloigne pas de sa castre sans en payer les conséquences…
Entre hostilité, respect des maîtres, médisance, foi, et doutes, avec une écriture agréable et bien plantée dans son histoire, Les chiens muets nous jette en pâture ce domaine qui oscille entre scepticisme, peur irrationnelle, méchanceté gratuite et cette fin de siècle encore corsetée dans les non-dits, les classes sociales et dans une terre ancestrale faite de idées envers le Malin.
J’ai beaucoup aimé cette histoire, ce lieu (Causse du Larzac), la période et surtout la galerie de personnages qui offrent au lecteur des visions différentes de la vie à cette époque.
Je n’avais lu Roger Béteille et j’aime beaucoup sa plume ! Encore un auteur édité chez Rouergue (va falloir que je demande un bureau chez eux pour pouvoir fouiller dans leur catalogue régional !!).













