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Wednesday, 7 March 2018

[Coup de gueule] Je n'ai pas envie d'être mère...



Dernièrement, sur mon Facebook perso, un de mes amis (oui, un garçon !) a partagé un article sur les femmes qui revendiquent le fait de ne pas être mère. 

Lorsque je l’ai lu (ici), j’ai été en accord avec toutes, et notamment une des intervenantes.

Depuis mon enfance, puis mon adolescence, je n’ai jamais ressenti le besoin d’avoir un enfant.

En devenant une jeune adulte, en couple, je n’avais toujours pas envie de faire une extension de nous ; pourtant, j’aurais pu, sans aucune résistance de la part de ma moitié d’alors !, bien au contraire. 

A l’opposé de nombreuses femmes qui se sont retrouvés face à un compagnon qui tergiversait, ce fut le désir d’enfant d’un homme qui me poussait à « en faire un, juste un », sans succès (pour lui). Et pour être honnête, s’il y avait eu un seul garçon qui aurait pu me décider, c’était vraiment lui.

Je n’ai pas pris cette décision parce que j’étais jeune, belle, indépendante, dans mes vingt ans (et insouciante) mais parce que, foncièrement, je n’avais aucune envie d’endosser la responsabilité d’une personne à vie, autre que moi-même s’entend. 

Dès mes seize ans, de nombreuses personnes autour de moi me vantaient mes « futurs enfants », la vie merveilleuse d’être mère, l’accomplissement, l’amour inconditionnel, la valorisation de donner la vie, et je répondais un « non, merci ». 

Être responsable d’un autre, à vie, n’est pas donné à tout le monde. 

Des siècles à entendre qu’une femme est faite pour porter et élever des enfants m’ont fait passer pour la « fille qui n’a pas trouvé chaussure à son pied ». 

Très (trop) souvent, j’ai entendu l’horripilant « tu verras quand tu auras rencontré l’homme de ta vie, tu changeras d’avis ». A chaque fois, je racontais que je l’avais rencontré et qu’il ne m’avait pas fait changer d’avis pour autant ; ce qui appelait le « ben, c’était pas le bon »… 

Mais bien sûr ! 

Je suis consciente, depuis petite, que j’aime être seule avec moi-même, libre, indépendante, sans devoir me poser la question si je peux ou non partir à l’autre bout du pays pour aider une amie, un copain à déménager ou tout simplement passer un week-end en amoureux. 

Un proche m’a dit vertement que j’étais égoïste de ne pas avoir d’enfant !

En quoi est-ce égoïste ? 
Parce que je ne me conforme pas à la norme ? 
Parce que je ne me conforme pas à ce que les autres veulent pour moi ? 
Parce que je ne rentre pas dans la case « femme, mariage, enfants » ? 

J’ai eu même droit à une analyse psychologique qui estimait que je devais « avoir un blocage avec quelque chose de mon passé car toutes les femmes veulent avoir des enfants »….

Je vous passe l’image de femme sans enfant à qui on pose la question tristement « mais tu ne peux pas en avoir ? » (si, ça marche, merci, j'ai failli !) ou cyniquement « Ah, ouais, c’est sûr que si tu n’es pas mariée » (Ah, merdus, j'avais pas remarqué !)… comme si le mariage était obligatoire pour avoir des enfants.

Je vous passe aussi la tête de ma mère qui se rêvait grand-mère, mon père qui se demandait s’il allait devoir le garder (il gardera ceux de mes frère et sœur), de mes cousines qui espéraient voir « la petite dernière assurer la succession » et les autres qui voulaient voir « assumer, enfin, [ta] vraie vie de femme ». 

maman et moi... 

Alors n’allez pas croire que je sois contre le fait qu’une femme ait un enfant ! 

Au contraire, mes copines en ont, quasiment, toutes. Et celles qui n’en ont toujours pas, cela est uniquement dû à la vie et à l’impossibilité de leur corps à en faire. Elles en rêvent, le désirent, le veulent plus que tout, et je compatis, et prie pour qu’elles soient entendues. 

Je suis heureuse d’apprendre qu’une telle est enceinte, je prépare, généralement, mes crochets et m’attèle à la couverture de lit pour la bestiole à venir ; Je suis, en général, complètement sous le charme du « truc qui me vomit dessus », mais je suis heureuse de le rendre après les câlins (et biberons) d’usage.

A chaque fois que j’ai tenu un enfant, je n’ai jamais éprouvé ce besoin, ce frisson, ou cette envie viscérale soudaine d’avoir le même. 

Mes plus proches amies le savent, je suis une femme qui s’épanouit ailleurs, à travers mes histoires, mes mots, mes passions. 

C’est étrange d’entendre qu’un homme sans enfant est un homme libre, mais qu’une femme n’est « pas accomplie ».

Mon accomplissement a été positionné ailleurs, dans une autre catégorie que celle de l’enfantement.

Le regretterais-je un jour ?

Je n’en sais rien mais c'est ma décision, ma vie, et que, quand je serai vieille, avec mon chat sur les genoux (à supposer qu’il supporte ma présence !), je pourrai me dire que mon instinct de maternité ne s’est jamais manifesté et que je suis restée fidèle à mes choix.

Maintenant, la prochaine de mes copines qui comptent « en faire un dernier » peut compter sur moi pour garder le petit « truc qui me vomit dessus tellement il est fou de [toi ]! » (moi aussi je suis folle de lui, mais j'évite de lui vomir dessus !!) quand elle en aura marre et qu’elle voudra aller faire les soldes… 

Je prends, mais je rends, toujours.


Sunday, 8 October 2017

[Coup de Gueule] Quand une chanson vaut comme réponse ! (et là, je suis polie !)


Non, mais sérieux !

J'adore recevoir des petits mots (électroniques, ou par pigeon voyageur) mais quand la personne en question commence sa missive par "Non, mais sérieux ! C'est con comme article !" et conclut aussi vite par un "Je déteste ce genre de chansons, c'est nul d'avoir ces goûts !"... J'ai juste envie de lui dire :

"Eh ben, dégage d'ici !"...

Je me pose toujours des questions sur cette liberté nouvelle créée par Internet qui engendre encore plus de conservatisme ! 

A croire que plus les gens ont la possibilité d'apprendre, de lire, de découvrir, de voyager sans bouger du canapé (lit, fauteuil, pirogue, etc.), plus ils deviennent idiots, intégristes, donneurs de leçon (clairement pas apprise de leur côté !).

J'en viens souvent à me demander si une bonne vieille dictature ne les tente pas de temps en temps...

A force d'entendre "Tu ne peux pas dire ça, c'est pas politiquement correct" (même missive... et depuis quand on est copains comme cochons, nous ?), il y a des jours où je provoque volontairement pour faire hurler les brebis qui se prennent pour des loups...

Personnellement, j'applique l'article XI de la Constitution du 26 août 1789 (par ailleurs clairement exprimée en bas de page sur ce blog) :

"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi."

Alors :
  • que mes goûts musicaux ne vous plaisent pas, c'est tout à fait compréhensible, 
  • que mes idées sur le cinéma vous exaspère, cela est évident, 
  • que mon goût immodéré pour un certain guitariste (Grahamounet....) vous hérisse le poil, cela peut se comprendre (même si B qui supporte cette addiction depuis 27 ans, ne se plaît plus/pas/jamais), 
  • que mon humour idiot avec Smala vous laisse froid, cela peut être raisonnablement acceptable, 
mais que vous voulez me réduire à VOS goûts, VOS idées et VOTRE point de vue de l'Histoire (la petite ou la grande), cela m'est INSUPPORTABLE.

Et le fait que je mette des majuscules est volontaire et assumé !

L'avantage d'être une artiste, même modeste, sans fan-club, me permet d'être libre de penser par moi-même, écrire par moi-même et être aimée pour moi-même !

Et l'attitude de Damon en entête de ce papier est exactement la posture que j'ai très souvent quand on se permet de me titiller sur mon "travail d'auteur"....

Et cette chanson m'est revenue en tête.... et je le dis clairement : 

"FUCK YOU !" (merci à toi, Lily Allen ! <3 <3)



Sunday, 4 June 2017

[Amitié] I love you, Londoners !

Parce que cette nuit, un message Whasapp m'a annoncé l'attaque à Londres, et que certains de mes amis, très chers, habitent dans cette incroyable ville, je tenais à mettre une photo prise à leurs côtés il y a quelques années... 

I love you, mates...

God Save Great Britain... 


Tuesday, 10 January 2017

[Humeur] Putain d'année 2016 !



Eh, oui, j'ai cet article de L'Equipe, encadré, au dessus de mon bureau !

Dernièrement, on parlait de nos héros d’enfance (après le visionnage de Rogue One… et oui, on a couiné comme des gosses !), et voilà que 2016 revenait dans la conversation…

Putain d’année de merde (désolée, mais là, personnellement, je ne vois pas bien comment l’exprimer moins clairement !)…

Comment perdre ses héros, ses références artistiques en 365 jours…

Bon, heureusement, voyons le bon côté des choses, il en reste quelques-uns (et, merci de vous accrocher aux branches et d’avoir la décence de mourir APRES moi…)…

Mais ceux qui suivent ont eu un impact dans ma vie (artistique ou autre) et ils sont encore là, quelque part, à me guider un peu, me remonter le moral, me foutre un coup de pied (où vous pensez tous !), me faire sourire et me faire couiner de bonheur….

Alors, encore merci, et on se revoit bientôt.

Attendez-moi, j’arrive… dans 45 ans (oui, j’ai passé un pacte avec le Patron... pouvez-vous lui rappeler, au cas où il ait eu trop de boulot !!).


David Bowie
Parce qu'il était là au début et qu'il restera jusqu'à la fin... 






Johan Cruyff
Parce qu'un jour de 1974, j'ai été hypnotisée devant l'écran de télévision et qu'en 1976, j'ai demandé à aller au stade avec mes grands-pères et mon parrain...pour le voir, lui !




Prince
Pour une chanson qui a été celle d'un soir d'août 1985



Mohamed Ali
Pour la grâce, les convictions et cette beauté incroyable jusqu'à la fin



Alan Rickman
Pour tous ses rôles et ce côté so british qui me plaît tant



Leonard Cohen
Pour toutes ses chansons mais surtout pour "Everybody Knows" qui me suit partout !


 
Jean-Christophe Victor

Parce que sa vision de géopolitique était réellement passionnante...


Georges Michael
Parce qu'il a fait ce qu'il a voulu, vécu comme il l'entendait et qu'il était modeste...




 &


Carrie Fisher
Parce qu'elle était MA Princesse, une femme forte, spin-doctor, 
rebelle avec une cause, belle, intelligente, libre et féminine... sans en faire trop




Wednesday, 31 August 2016

[Humeur] Pas mariée, pas d'enfant ? Et alors !!!??????



La phrase de l’été lors d’un dîner :

« Mais une femme doit être mariée et avoir des enfants pour réussir sa vie, non ? »

J’étais à l’autre bout de la table et j’ai failli envoyer la coupelle de fruits sur la personne concernée.

Le pire dans l’histoire, c’est que la personne qui a prononcé la phrase était une femme !

Parmi les convives, en particulier certaines femmes divorcées, ont pris la mouche ! Et, moi, donc !

Mon cavalier du soir était effaré ! 

Il me dit en aparté : « elle est dingo, elle ! Bravo pour la solidarité féminine ! Et, tu m’étonnes que les mecs ne vous prennent pas au sérieux ».

Ma camarade de gauche me dit, à son tour, : « Non, sérieux, elle se prend pour qui la donzelle en blanc ! Je suis divorcée, sans enfant, car je n’ai pas pu en avoir ! J’ai une belle vie, connasse ! ».

Entendre cette attaque en règle de la part d’une femme m’a, un brin, énervé !

Au 21e siècle, il est hallucinant que l’on juge une femme sur son statut marital ou sa propension à se reproduire (restons au niveau de la donzelle !).

Bien sûr, son attaque ne m’était pas, totalement, destinée, même si, dans l’absolu, cela arrivait après que j’ai confirmé mon pédigrée : « célibataire, sans enfant ».

La conversation avait été lancée sur le sujet suite à l’hommage de l’hôte sur mes « œuvres littéraires » qui se demandait « comment [tu] peux faire tout cela en travaillant 8/9h par jour dans un domaine totalement différent ».

La « gentille donzelle » a demandé si j’avais de l’aide avec « mon mari » et j’ai donc décliné un « non, je ne suis pas mariée ».

Réponse : « Et tes enfants, tu gères comment ? »

Moi : « Je les donnerai à garder à leur père, si j’en avais ! ».

Gloups !

Elle a viré rouge carmin de rage ! Comment ! Une femme pas mariée, sans enfant ? Mais c’est honteux, non ?

La question suivante a été pour savoir si j’avais eu l’intention de me marier, d’avoir un enfant (sous-entendu, ma pauvre, t’as pas pu en avoir !). Lorsque j’ai énoncé le « non » dans les deux cas, j’ai eu droit à une grimace de dégoût.

J’ai quasiment dû m’expliquer sur le sujet (non, je ne suis pas contre le mariage, mais ce n’était pas ma priorité lorsque cela aurait pu être possible / non, un enfant n’a jamais été mon rêve. J’aurais dû en avoir un, mais cela n’a pas été. Point.) et mes comparses de table étaient mortifiés de me voir sur le bûcher.

En 2016, qu'une femme soit jugée sur ces deux sujets me révolte !

Chaque femme est libre de disposer de sa vie, son corps, son esprit et de vivre aussi librement sa vie amoureuse.

Un des arguments avancé par la « gentille donzelle » a été, au grand dam de l’assemblée (de mon côté de la table) : « Si tu avais rencontré la bonne personne, tu aurais la bague au doigt ! ».

L’argument délirant pour moi ! Si elle savait, la bestiole !

La bonne personne existe, et il sera ravi d'apprendre ça ! 

Cependant, je ne suis pas la seule à avoir eu à subir ce genre de réflexion. Une de mes amies, célibataire aussi, et pourtant belle comme un cœur, intelligente, drôle, aimable, avec une envie de tendresse, m’a dit la même chose il y a quelques jours. Elle a entendu ces phrases assassines, prononcées par des femmes, contre des femmes !

Je n’ai rien à dire, ni à demander à mes consœurs (con - sœurs marche aussi !), à part de leur demander d’éviter de juger une autre femme devant un tribunal populaire ! 

A bon entendeur...



Monday, 23 May 2016

[Humeur] "Je ne m’assois pas" sur l’éducation, l’humanité et la politesse !



 Il est des phrases dans la vie qui vous conduisent à prendre acte et agir instinctivement.

L’instinct de survie, en quelque sorte. La survie de votre âme, de votre éducation et de vos valeurs !

Dernièrement, une phrase a provoqué une réaction en chaîne qui contrebalance le manque d’humanité et d’éducation de la personne qui a prononcé ces mots.

Il est rare de rencontrer des personnes qui sont censées être humainement investies dans le domaine social mais démontrent une aptitude diamétralement opposée. Le manque d’éducation quand il en vient à être une marque inintelligente et méprisante envers « le bas peuple », est d’autant plus préjudiciable et inacceptable.

Il est intolérable également de juger les autres sur un acte qui ne reflète pas leurs qualités intrinsèques. Il est facile de juger et mépriser les autres quand on s’accorde tous les mérites et les valeurs ajoutées.

A trop vouloir se montrer remarquable, on en devient hideux.

En sus, la courtoisie, la reconnaissance et les valeurs humanistes ne s’achètent pas !

Pour en revenir à la phrase, j’ai beaucoup ri, je dois vous l’avouer !

J’ai, toutefois, été sidérée et amusée par cette phrase que j’ai trouvée, étonnamment, discourtoisement pathétique.

Il faut dire que ladite phrase était antinomique ; Au début, il était question de classe, de vertus propres à un environnement. A la fin, l’expression particulièrement cavalière et très familière dénotait un manque évident de retenue qui sied, normalement, à ce « niveau ».

Chassez le naturel, il revient au galop ?

Employer une expression familière infamante comme pour rabaisser les personnes touchées est, non seulement, odieux mais insultant.
Il est difficile de croire qu’une personne puisse se prévaloir de connaître une autre sans avoir, a minima, discuter des intérêts ou de l’action effectuée antérieurement.

Il est étonnant de voir ainsi qu’une personne qui se prévaut « d’une haute classe » puisse parler comme le « commun des mortels » et ne pas être capable, face aux égarements du « bas peuple », de « s’asseoir dessus ».

Peut-être dit-on encore chez cette personne, comme on l’énonçait en 1927, « les valets, je m’assieds dessus »…

Désolée, comme on dit « chez moi » : « les valets n’ont cure de votre morgue, ils vous abhorrent. »

Visiblement nous n’appartenons pas à la même caste !





Friday, 8 January 2016

[Humeur du jour] Rencontre d’un quatrième type : le commun des mortels et l’élite



Ceci est un texte assez personnel mais qui ne me concerne pas…

Enfin pas totalement...

J’avais écrit un texte il y a quelques mois sur le sentiment de ressentir les gens et de comprendre leurs fors intérieurs.

Cela s’est encore passé récemment.

A l’occasion d’une rencontre début décembre, j’ai encore ressenti ce sentiment de « connaissance du terrain » ainsi que reconnu une certaine forme de tristesse – et non de lassitude.

Cela était étonnant car malgré notre discussion, cette personne n’avait aucune raison d’être affectée ou attristée par mes propos. La situation exposée me concernait personnellement et j’étais, en fait, la seule responsable de mes actes, de mes décisions et de la suite qui en découlera.

Pourtant, en l’observant bien – chose qui m’est naturelle car acquise en sa présence depuis un long moment  -, j’ai décelé un tourment et un vague à l’âme qui m’ont fait agir à l’inverse de ce que j’aurais dû faire.

En d’autres temps, d’autres lieux, j’aurais persisté pour prendre un café et amorcé la discussion sur cette base de « vague à l’âme ». Limite si je ne l’aurais pas prise dans mes bras pour lui éviter tout affaissement… (Avec mes amis, j’agis comme cela !).

Malheureusement, avec cette personne, cela est impossible. Elle n’a jamais été disposé à baisser la garde suffisamment pour prendre conscience que d’autres peuvent être « gentil, amical, et bienveillant » sans contre partie.

Je ne sais pas comment elle en est arrivée là, mais cela m’a heurté de ressentir ses blessures.

Je me suis même montrée cavalier en partant. 

Ordinairement, je me retourne tout le temps pour saluer l’autre. Dans le cas présent, j’ai dit au revoir poliment et j’ai détourné mes pas. Je n’ai pas insisté pour un dernier regard, jugeant que cela serait, sans aucun doute, mal interprété. 

Me trouvant a posteriori froide (qui a dit glaciale ? Meilleure Amie ??), j'ai envoyé un message sympathique et sincère... sans réponse... une claque eut été moins claire.

Notre connivence réelle n’est pas, en fait, axée sur la familiarité ; En outre, nous ne savons absolument pas faire dans la camaraderie ! 
Imaginez d'ailleurs que même une simple poignée de mains - qui n'engage à rien puisque c'est quasi la base de la politesse, non ? - est hors de question dans notre cas... Si, par malheur, on est obligés de demeurer à moins d'un mètre, c'est limite si on ne met pas quelqu'un entre nous !

Il doit manquer quelque chose dans notre éducation et notre notion d’intimité… 

Ou, alors, c'est vraiment une aversion envers ma personne... Qui sait ?

Pourtant, et malgré les protestations que cette personne aurait pu soulever, ce que j’ai ressenti ce matin-là était réel.

Sans dévoiler sa personnalité, on peut dire que cette personne fait partie des rares êtres lumineux, de ceux qui sont souriants, drôles et bienveillants, naturellement.

Face à moi, j’avais quelqu’un de bienveillant mais pas d’heureux. J’ai eu l’impression qu’une croix était posée sur ses épaules.

Étrange sentiment…

Je ne me suis pas permis d’intervenir car je sais que je ne joue pas dans sa ligue. La ligue à laquelle cette personne appartient est supérieure à la mienne, largement supérieure.

Comme diraient certains : on n’est pas dans la même catégorie. 

Certains ont les « plus » (beau, intelligent, drôle, situation professionnelle, personnelle, etc.), d’autres ont les « moins », et les derniers (moi, donc) sont les  « communs des mortels » c'est-à-dire les « pas assez » (jolie, drôle, intelligente, en l'occurrence).
 
Le « commun des mortels » ne se mélange, généralement, jamais avec l’élite, soit par correction (chacun à sa place ; « On n’a pas élevé les cochons noir ensemble » comme diraient les paysans du Périgord), soit par non-invitation (cas présent).

Il est, cependant, étrange de ce cas précis que l’élite en question n’ose pas fréquenter le « commun des mortels », non pas par snobisme (visiblement pas le style de la maison) mais par un arriéré d’éducation stricte qui ne prévoit pas « l’envahissement de l’espace vital d’un autre sans invitation formelle en triple exemplaire ».

Il me semble, pourtant, que les invitations sont parties en temps et en heure… ou alors, l’élite s’encanaille avec le « commun des mortels » uniquement pour s’aérer un peu l’esprit.

Pour le coup, je ne pense pas qu'il y aura d’invitation à l’avenir car le « commun des mortels » n’est pas, non plus, si familier que cela avec les autres humains vivant sur cette planète et encore moins masochiste.

Sauf si l'élite se décide enfin à tenter le coup !

Meilleure Amie dirait –je l’entends d’ici – « La chaleur humaine d’accord, mais alors, pour toi, en petit comité ; mais alors, comment être dans le petit comité, si la personne d’en face n’ouvre pas la porte malgré son envie ! Et que le petit comité referme la porte aussi vite ! Arrêtez de mettre un espace entre vous, merdus ! Parlez-vous, franchement ! »…

Ce sont juste les mystères des relations entre l’élite et le petit peuple, Meilleure Amie : On parle, on rit et on s'entend intellectuellement mais à distance... On ne sait jamais, ça déteint peut-être le « communs des mortels ».

Allez, bonne année quand même... (parce que même sur ce plan-là, c'est inimaginable d'avoir des vœux spontanés et en premier ; La plupart du temps, c'était toujours moi... eh ben, pas cette année ! )













Quand j'y pense, cette chanson revient systématiquement dans ma tête !

Coldplay "The Scientist"



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