Saturday, 31 January 2026

Qu'est-ce que j'ai vu comme film, documentaire ou séries en janvier 2026 ?

 


Bonjour,

Voici mon petit bilan culturel du mois de janvier... 4 films et aucune série... mais un documentaire musicale !

 

Et vous ? Qu'avez-vous vu ?

xx

lisa 

Friday, 30 January 2026

Une fresque laineuse "préhistoriquement" titanesque !

 


En amont de la conférence que j’ai donnée lors de la réunion mensuelle de ma société savante d’amour (Société historique et archéologique du Périgord) le 6 août dernier, j’ai pu me poser quelques instants dans l’enceinte de la très lumineuse et accueillante médiathèque Pierre Fanlac(1) de Périgueux. 

Alors que je me posai sur un des sièges au rez-de-chaussée, je remarquai les ornements des rambardes à tous les étages.

Des carrés tricotés en laine assemblés en patchwork donnaient une allure bienveillante, chaleureuse et drôlement étonnantes dans un lieu feutré mais vivant.

Après avoir apprécié la laine et écouté les podcasts à partir du QRcode sur la divine mais excentrique Rachilde, je m’enquis de cette création originale. Les permanenciers m’indiquèrent qu’elle était l’œuvre du Club Tricot qui avait élu domicile au sein de la médiathèque. Puis un détail piqua ma curiosité avec une simple phrase : « ces dames travaillent sur le Grand Taureau de Lascaux, grandeur nature » …

J’en ai failli oublier ma conférence !

Comment ? tricoter des petits carrés pour représenter la célèbre peinture rupestre de cette grotte mondialement connue et reconnue ? 

En voilà une idée géniale !

Malheureusement pour moi, en ce mois d’août, le club était en congés mais j’ai pu discuter avec la responsable Odette Lasjaunias, avec l’aimable autorisation de la Mairie de Périgueux (merci au service de Communication pour l’accord).




Ma discussion avec elle fut passionnante et passionnée ! Entre deux « oh mon dieu, j’adoore » de ma part (franchement pas très reluisants de la part d’une auteure !!), elle m’a expliqué la genèse de ce projet fou mais qui devrait être fini d’ici la fin de 2026.

Entre 2018 et 2019 la médiathèque ferme pour travaux. Pendant ce laps de temps, les cerveaux bouillonnent pour trouver des nouveautés à proposer à sa réouverture. 

Comment concilier la littérature, les arts et une autre forme d’art ? Une idée « atelier tricot » vue ailleurs dans d’autres lieux surgit. Et pourquoi pas !?

Un test est fait lors d’une nuit de la lecture 2020 montrant un grand succès de la soirée « tricot ». Malheureusement la Covid rôde déjà et la médiathèque ferme. 

Loin de baisser les bras, le club se lance, sous l’initiative de la Directrice adjointe de la médiathèque, dans un projet fou « et pourquoi pas fabriquer une réplique au tricot du Grand Taureau de Lascaux », un des emblèmes du Périgord. 

À part de ce moment, la réalisation est lancée. 

Lors des ateliers du samedi après-midi (où il y a toujours quelqu’un pour vous apprendre à tricoter !), ces dames commencent à confectionner des petits carrés de 5x5cm (2640 pour la fresque !!) et insistent sur la réalité de colorisation desdits carrés. Actuellement il y a un noyau dur de 7 à 8 personnes qui y travaillent régulièrement avec quelques aides de temps à autre qui peut atteindre donc 15 personnes.

Pendant le Covid, un click & collect est instauré afin de continuer à  composer les carrés, les réceptionner et faire en sorte que la belle idée unisse ses dames confinées à la fresque en cours de réalisation.

Depuis 2020, la moitié est faite… reste le « plus dur » … Pour les passages les plus difficiles et délicats du Grand Taureau, il y a des carrés brodés ou crochetés… un travail de titan ! 

L’assemblage final est espéré pour fin 2026 (encore un peu patience et de carrés !) et la fresque s’étendra sur 3m x 2,5m ! 

La fresque est doublée avec de vieux draps en lin (si vous en avez, n’hésitez pas à les proposer à la Médiathèque, pour ce projet ou un futur !) et 8 pans rectangulaires seront brodés pour l’assembler avec des anneaux aux fins d’exposition sur la mezzanine ! 

photo D.R.

Vous imaginez cela ? Vous pénétrez dans une médiathèque, votre roman à la main, et là, au-dessus de votre tête un Grand Taureau vous scrute d’un œil noir ! 

Ce travail collectif rendrait fier les hommes et femmes de Lascaux ! 

Plus haut, je vous parlais des ornements à rambardes… Ce sont des « écharpes à rambardes » qui ont été réalisées, dans le cadre du tout jeune atelier tricot, avec appel à dépôt de laines et recyclage des pelotes orphelines… 500m ont été réalisés ! 

Odette Lasjaunias a évoqué une touchante histoire au sujet de ces écharpes… Un jour, un petit garçon de 6/7 ans venu à la médiathèque lui demande ce qu’elle tricote. Elle lui répond spontanément « une écharpe pour rambarde pour ne pas qu’elles aient froid l’hiver » … Le petit garçon la regarde, l’œil brillant et lui répond : « c’est pas bête ».

Comment une simple idée fait rêver les enfants ! 

Le club tricot réalise aussi des couvertures pour la SPA, des sacs pour Octobre Rose, des tricots solidaires, des doudous pour la maternité de la ville, des petites créations (vêtements 0/3 ans, des pochettes, sacs ou écharpes pour les mamans) pour les Restos du Cœur, etc.

L’équipe très dynamique est prête à tout pour animer, créer et, surtout, faire preuve de solidarité.
Comme le dit si bien Odette « 
Il faut être solidaire, on donne sans attendre rien en retour. Donner un peu de son temps pour des gens qui en ont besoin. »

Si le Club Tricot vous intéresse, sachez qu’il reçoit deux fois par semaine, à deux endroits différents : 

Samedi après-midi : médiathèque Fanlac

Mercredi après-midi 15/18h : bibliothèque annexe St Georges

Pour info sur le noyau dur, la plus jeune a 64 ans (Odette) et la plus âgée 87 ans (Thérèse) mais il y a des très jeunes femmes qui arrivent en force !


Avant de la quitter, je n’ai pas pu résister à lui poser deux questions qui me brûlaient la langue depuis août 2025 !


Le site de Lascaux exposera-t-elle la fresque ? il n’y a pas de contact pour l’instant mais cela serait un clin d’œil magnifique !


Avez-vous un grand projet à venir ? nous devrions participer à titre collectif avec un groupe de jeunes femmes pour faire des ombrières pour les rues de Périgueux (divers ateliers à ces créations).


Si quelqu’un sur le Site de Lascaux pouvait, un jour, faire honneur à ces dames, à leur travail et cette merveille, je serai la première à venir l’admirer face à la reproduction exacte dans Lascaux IV. 

J’espère que cette création vous a autant passionné que moi et dès l’exposition, je me permettrai de vous tenir informé(e)s avec une vue de l’ensemble ! 

xx

Lisa


(1) Imprimeur, éditeur, écrivain et poète – 1918 – 1991. Créateur des éditions FANLAC en 1943, toujours en activité. 

Thursday, 29 January 2026

La Playlist du jeudi... la bande-son de Karl


Bonjour,

Le 2 février sortira mon nouveau roman et comme d'habitude, j'ai créé une bande-son de travail qui épouse les différentes étapes de l'histoire (sans que cela en dévoile le contenu !).

Il est temps que je vous présente un avant-goût de la bande-son de "Karl Von Radowitz"


 

Qu'en pensez-vous ?

xx

Lisa

Tuesday, 27 January 2026

Manhattan Chaos de Michaël Mention - retour de lecture

 


Influences : recommandé par Audrey B.

Résumé :

New-York, 1977.
L'été de tous les extrêmes : alors que la ville est en faillite, une canicule sans précédent sévit et le tueur Son of Sam rôde dans les rues.
Cloîtré chez lui, rongé par la drogue, le célèbre musicien Miles Davis a mis un terme à sa carrière et s'enlise dans la dépression. Mais nous sommes le 13 juillet, et tout va basculer. Tandis que le soleil se couche sur Manhattan, une coupure de courant survient. Huit millions d'habitants sont alors plongés dans l'obscurité : c'est le black-out et la panique s'empare de la ville. Forcé de sortir, Miles va errer dans les rues prises d'assaut par la foule et entamer un trip halluciné qui lui fera revivre certains des épisodes les plus marquants, les plus tragiques, de l'histoire de la grosse pomme.



Le contexte : 

Audrey est une jeune femme géniale, le type de fille que j’envie à ses parents, si j’avais eu une fille… intelligente, drôle, curieuse, cultivée, douée pour beaucoup de choses et qui a toujours quelque chose à dire dans une discussion (grâce à sa large culture) … Elle m’avait recommandé Alan Parks et son Harry Mc Coy… et la marquise des poisons… Comment ne pas lire celui-ci !


Mon avis :

New York, 13 juillet 1977, en pleine canicule, Miles vit reclus dans son appartement richement décoré. Ses conditions de vie sont déplorables, déchets au sol, lumières éblouissantes jour et nuit, télévision en fond sonore H24, et de la drogue un peu partout (surtout dans son corps).

Miles ne vit plus, il survit et cette soirée devait être une nouvelle ordinaire soirée d’abus en tous genres, sauf que Miles n’est pas n’importe qui, c’est Miles Davis… le génie du renouveau du jazz et autres sonorités.

Le basculement ? une panne d’électricité générale qui plonge les habitants dans le doute, la peur, l’irrationnel pendant des heures.

Lui n’a qu’une obsession : trouver une dose d’héroïne pour éviter la crise de manque. Pour cela, il doit sortir de son appartement, arpenté les rues qu’il n’a plus vues depuis deux ans… Bref, en sus du manque, il a la trouille.

Michael Mention nous fait vivre les affres de Miles Davis en pleine crise paranoïaque, qui parle à son double (resté dans l’appartement), aux cafards imaginaires (ou pas !) et qui parcourt New York livré à la folie humaine.

Pourtant, l’auteur décide de faire voyager Miles dans la machine à remonter le temps de H.G. Wells (roman qu’il dit adorer) et on se retrouve un peu de partout, avec un accompagnateur et l’esprit perturbé qui voit, croit, et subit un chaos intérieur (et extérieur).

Écrit à la serpe, avec des phrases coupées sur plusieurs lignes (pour montrer le cerveau halluciné du personnage), des propos inquiétants et la menace du Fils de Sam, serial killer des années 70… cela peut dérouter quelques lecteurs plus académiques.

Ce roman mélange habilement les passé, futur, présent et la musique qui fait, elle aussi, un « very sad trip » !

Autant dire que c’est bordélique, sous acide (ou héroïne) et inclassable par moment… et j’ai aimé ça ! 


 

Sunday, 25 January 2026

La Maternelle de Jean Frapié - retour de lecture

 


Influences : recommandé par Lila

Résumé :

Rose, issue d'une famille aisée, doit affronter une cruelle réalité après qu'une série de malheurs se soit abattue sur sa famille. Bien qu'elle soit une jeune fille érudite, elle doit se contenter d'un emploi de femme de ménage dans une école maternelle. Se confiant à son journal intime, elle réfléchit sur son nouveau statut, tout en nous faisant part de la vie des enfants au sein de l'école. Elle nous initie ainsi à ce nouveau monde qu'elle s'approprie peu à peu.



Le contexte : 

Lila m’a envoyé une liste de quatre romans (en accord avec sa maman) et elle m’a hautement recommandé ce « roman si moderne pour un vieux roman de la Belle-Epoque ! » … Goncourt aussi en 1904 !

Comment résister !?


Mon avis :

Il faut savoir que ce roman, Goncourt en 1904, a fait l’objet deux adaptations au cinéma en 1925 (avec la belle Madeleine Renaud) et 1949 avec Blanchette Brunoy.

Léon Frapié conte, à travers le journal de Rose, la vie dans les écoles de la Belle Epoque et fait le constat critique d’un système éducatif, parental, institutionnel un brin défaillant et des difficiles conditions des femmes, des enfants miséreux et des quartiers populaires. 

Il connaît un peu la question grâce à son épouse, institutrice.

Rose est une jeune femme de vingt-trois, jeune fiancée dont la mort du père va voir s’effondrer ses perspectives d’avenir (pas de dot, pas de mariage). Titulaire d’un baccalauréat et d’une licence de lettres, elle ne peut pas prétendre à l’enseignement mais elle trouve un travail comme femme de ménage dans une école. 

Sa vie bascule entre horaires durs, tâches épuisantes, logis limite insalubre et les réflexions de la hiérarchie. Pourtant Rose observe et se tient en retrait car elle fait partie d’une classe sociale supérieure et cela sera mal vu par les parents, enfants et enseignants. 

Petit à petit, Rose, en sus du ménage, s’occupe des petits, de leurs mères pour lesquelles la vie est rude. Ces enfants ne mangent pas à leur faim, sont transis de froid, sont battus par un père, abandonné par une mère surchargée ou inconsciente, ont peur des grands dans la cour qui les violentent.

Pourtant les institutrices, instituteurs, directrices ou directeurs sont dévoués mais cela ne suffit pas à lutter contre les querelles hiérarchiques, les règles et statistiques de l’administration (tiens, tiens).

Jean Frapié décrit une société miniature avec les chefs, les gentils, les voyous, les âmes charitables, les lâches et les fats. 

Rose est un personnage tellement attachant, volontaire, non résigné mais qui relate sans fard la réalité de ce monde qui va, cependant, lui ouvrir des portes vers une autre carrière.

Ce roman au titre trouble est une tranche de vie, vive, parfois drôle, sans être misérabiliste et diablement addictive. On comprend pourquoi il a eu le prix Goncourt !!!


 

Thursday, 22 January 2026

La Playlist du jeudi... Parce que George

 


Bonjour,

Parce qu'il manque beaucoup, parce que ces textes-là sont magnifiques...

Parce que George !

 

xx

Lisa

Tuesday, 20 January 2026

Crampton Hodnet de Barbara Pym - retour de lecture

 


Influences : recommandé par ma copine Rozzie qui tient le blog la Bibliothèque Roz

Résumé :

Oxford, vers la fin des années trente. Deux idylles "inconvenantes" - l'une entre un séduisant professeur quinquagénaire et sa jeune étudiante, l'autre entre le nouveau vicaire de la paroisse et une demoiselle de compagnie - vont, le temps d'une saison, troubler la sérénité des five o'clock d'une société tout entière axée sur le "bon ton".



Le contexte : 

Rozzie a toujours des lectures intéressantes, pointues et vintage, parfois… Elle aime beaucoup Barbara Pym qui est un peu son « gâteau de riz » littéraire (ça réconforte) et elle l’a inscrit immédiatement dans le fichier ! 

Elle propose, je lis ! En sus, c’est « so british » … comment résister ?!


Mon avis :

On pourrait sous-titrer ce roman « Thé, ragots et vieilles dentelles » !

Je n’avais jamais lu Barbara Pym et je pense qu’elle va régulièrement atterrir dans mes piles à lire afin de retrouver ce côté que j’adore… So British, Oxford, Tea Time, bonnes mais dénigrantes manières sous l’humour britannique et l’agitation sentimentale.

Barbara Pym croque la société anglaise de cette époque (avant la Seconde Guerre mondiale) avec autant de délice qu’une bonne dégustation de scones.

Ce roman a été longtemps enfermé dans un tiroir mais il est fort heureux qu’il en soit sorti !

Nous sommes donc à Oxford (Nord !) et nous faisons la connaissance de Miss Dogget et de sa dame de compagnie Miss Morrow, vieille fille faussement soumise.

Miss Dogget aime autant le thé que les médisances et se mêler de la bonne moralité, des amours et des emmerdes des autres est sa raison de vivre.

En bonne moralisatrice, elle se pense être un personnage central dans la vie de cette communauté, invitant, notamment, des étudiants tous les dimanches pour parfaire leurs soi-disant éducations… 

Il y aussi son neveu Francis Cleveland professeur de littérature, marié, mais portant beau, suffisamment pour imaginer les étudiantes folles de lui.

Tout ce petit monde pourrait vivre entre scones et calomnies, si Mr. Latimer, le nouveau vicaire, ne venait pas jeter le trouble chez ses ouailles !

Beau, jeune, intelligent, il attire autant que miel les abeilles… Alors, que faire pour calmer tout cela ? Peut-être jeter son dévolu sur la vieille fille de service, Miss Morrow… sous le regard effaré de Miss Dogget ?

Ce roman, entre drames, amourettes, espoirs, désespoirs, passions couvées ou inassouvies, offre une satire douce-amère et très acérée de ce microcosme oxfordien. 

Barbara Pym déploie son humour avec parcimonie notamment au niveau des personnages et de leurs expectatives. 

C’est fin, drôle et diablement bien troussé !

Un nuage de lait dans le thé mais à s’en étouffer avec les shortbreads ou la key lime pie ! 

Jouissif !!



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