Résumé :
Belle Epoque, femme, Montmartre… les années 30.
Voilà, quand on sait ça sur Lisa, on a tout compris de son intérêt sur cet ouvrage !
Mon avis :
S’il ne fallait retentir qu’une citation de Suzanne Valadon, ce serait celle-là – celle qui me parle plus ! : « Mon œuvre ? Elle est finie, mon œuvre, et la seule satisfaction qu’elle me procure est de n’avoir jamais trahi ni abdiqué rien de tout ce à quoi j’ai cru. Vous la verrez peut-être, un jour, si quelqu’un se soucie jamais de me rendre justice. ».
Cette artiste éclectique a eu mille vies, qu’elle a vécues avec détermination et une liberté effrontée.
Fille d’une lingère illettrée, alcoolique et de père inconnu, la jeune Marie-Clémentine erre, fugue, refuse sa condition. Les deux femmes vivent sur la Butte qui n’était pas encore un lieu à la mode et était très sordide. Marie-Clémentine travaille dès son jeune âge après un passage dans une école durement dirigée par des sœurs. Pourtant, elle sait qu’elle a un destin, quelque chose qui la pousse.
Avant Suzanne, il y a donc Marie-Clémentine, mais aussi Olga, artiste dans un cirque qu’elle intègre avec culot, où elle se blesse et devient Maria, le modèle en vogue pour les peintres de l’époque. La Maria dessine, griffonne, et se lance dans cet art qui lui sied. Repérée et rebaptisée par le fantasque Toulouse-Lautrec, Suzanne fréquente tout ce qui compte sur la Butte… elle peint, dessine les habitants, elle ne conforme à ses envies, sa main, son imagination, sans suivre les codes. Elle ne se focalise pas sur les mensurations, des couleurs. Elle imagine, elle gribouille, met de la couleur, ou un trait souple. Elle vit la peinture et le dessin, la vie, les vies, les gens.
Mais Suzanne est aussi une femme libre de son corps, collectionne les maris et les amants, donne naissance à un fils (de père inconnu), le futur Maurice Utrillo avec qui elle aura une relation chaotique.
Avec sa gouaille, sa volonté, son sens de la provocation, et l’envie de faire sa place au milieu de tous ces hommes, elle devient à la fois l’artiste et la muse des Renoir, Toulouse-Lautrec, et l’image de la Belle-Epoque.
Jean-Paul Delfino nous entraîne dans sa vie alors que, justement, quand commence cette biographie romancée, Suzanne se meurt de tout : de plaisirs, d’alcool, de tabac, de peinture, de coups de corps et de cœur.
Cette artiste était à part, elle n’a jamais transigé sur son art, sur sa vie, qu’elle a menée comme elle le voulait, se brûlant les ailes, parfois, mais avec une opiniâtreté chevillée au corps.
Désormais dans la lumière, elle compte parmi les plus grands artistes de cette Belle-Epoque, qui n’était pas si belle que cela.
Le roman est agréable, fourmille et donne l’envie d’en voir plus !










