Résumé :
Le contexte :
Seconde Guerre mondiale… Rouergue…
Quoi de mieux pour acheter un livre ?
Mon avis :
En 1965, vingt ans après la Seconde Guerre mondiale, il y a toujours des tensions, des règlements de comptes et des nids d’espions… le tout au plat pays, où tout n’est pas si plat ; on pourrait même dire qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de Belgique !
François Weerts ouvre son roman sur un monument national français, Aragon, qui déambule sur les lieux mêmes de la défaite de Napoléon… Waterloo. Il vient prendre des notes pour revisiter son emblématique « Les Communistes » … avant de faillir se prendre une balle. Et pas perdue la balle !
De là, l’auteur tire un roman avec de nombreuses strates d’influences et des questionnements à la pelle. On parle de communisme, de trahisons, de soupçons, de collabos, de héros, de salauds et le tout avec un enquête menée par Viktor Rousseau, ancien communiste convaincu mais pas maso.
En sus, il faut bien l’avouer l’ombre de la guerre plane sur ces années 60 en pleine développement socio-culturel… il y a des relents de fascisme à l’Est et la liberté qui commence à faire vibrer l’Ouest.
Ce qui faut dire d’emblée est la qualité d’écriture, l’érudition, l’intelligence et le fourmillement de détails que François Weerts inclut dans son roman. Ses références sont nombreuses et pourraient, je pense, rebuter les non-habitués de romans historiques à tendance politique. Il distille les clans, les violences politiques, les radicaux, les inimitiés, les idéaux purs ou intéressés, les Aragon et les Nizan de tous bords et au milieu coule la Belgique.
J’ai beaucoup aimé suivre les pas de ce Viktor Rousseau, plein de contradictions, fan de Série noire, qui plonge dans cette enquête que le tireur d’Aragon, mandaté par le PCB (Parti Communiste Belge), suivi par l’homme à tout faire et les journalistes, policiers, affiliés qui noient le poisson dans l’eau de la Woluwe !
Au fil des pages, on découvre que chacun possède un intérêt… d’Arteveld, de l’Académie des lettres belges aux services secrets un brin hérissés (comme Hérisson… l’agent de la Sûreté de l’Etat !). Les pontes de la littérature aussi se déchirent, autour d’un Nizan mort en 1940 qui n’en demandait sûrement pas autant !
Ce roman ténébreux nous fait nager (et couler) en eaux troubles entre policiers, politiques, écrivains, communistes, fascistes, pacifiques, espions, agents doubles voire triples, et bien sûr, un goût de Littérature dans la bouche qui n’est pas reluisant au final.
Viktor Rousseau est un personnage atypique, à multiples facettes et qui nous livre un pan noirci mais diablement érudit, fluide, addictif et d’une belgitude absolue avec une galerie de personnages aussi intrigants et détonants les uns que les autres.
On a tiré sur Aragon est un très bon roman noir, un peu fleuve, un peu déroutant, très documenté et faussement plat !









