Influencée par Béa
Résumé :
Le contexte :
Cette guerre de Sécession est fascinante à étudier quand on veut savoir ce que sont les USA de nos jours… et cette bataille, aussi appelée « le Bloody April » a été la première évoquée par mes amis américains, bien avant les autres… Quand on sait que Shiloh signifie Paix (havre de paix) en hébreu … on croit rêver !
Mon avis :
Il faut préciser immédiatement un fait essentiel. Shiloh a été écrit en 1952 et sera suivi par près de 3000 pages sur la guerre de Sécession par l’auteur, véritable bible historique.
Ceci était dit, shiloh veut dire lieu de paix… pourtant ce fut un chaos meurtrier.
Quand j’ai eu fini de lire ce roman, intelligent et puissant, j’ai repensé à ce poème que j’aime d’amour depuis mes 8 ans : le dormeur du val de Rimbaud… ce trou au côté, ce rouge…
Shelby Foote, à travers sept soldats imaginaires mais sur la base de faits réels, raconte la bataille de Shiloh, deux jours de combat sans merci entre les armées du Nord et du Sud lors de la Guerre de Sécession.
On passe d’un camp à l’autre de la rivière Tennessee, entendant les officiers, des soldats et le tout avec le décor qui est un personnage à part entière.
De discussions en assaut, de refus en acceptation, de violence en défense de l’être humain, on assiste à la descente aux enfers de ces soldats qui n’ont aucun entraînement (ou peu), qui croient en leur camp, leurs idéaux, leurs cultures.
On appréhende (pour ceux qui ne connaissent pas ou peu cette guerre) les motivations des têtes pensantes, des officiers, et des engagés sudistes et nordistes. On comprend et ressent leurs peurs, leurs sidérations face à la mort, et surtout face à la bestialité de cette bataille meurtrière, envoyant plus de 20 000 hommes à la mort (quasiment un sur quatre) !
Shiloh est une bataille abominable, bouleversante et qui marque dans le sang cette guerre fratricide. Deux jours d’horreurs en tous genres.
L’auteur s’efface d’ailleurs devant ses personnages qui relatent, au plus juste, au plus près, ce qu’ils voient, ce qu’ils hument, ce qu’ils entendent, sans fioriture, sans arrière-pensée et tous les sentiments qui les traversent aussi profondément qu’une baïonnette.
Ce roman est bouleversant, intelligent, dense, diablement beau, efficace, torturant le lecteur au plus profond de son âme.
Comme disait Hemingway, le monde est un bel endroit qui vaut la peine qu’on se batte pour lui… se battre oui, s’entretuer bestialement et idiotement, non !
Un coup de cœur !










