Tuesday, 5 May 2026

Vine Street de Dominic Nolan - retour de lecture

 


Influencée par Audrey B

Résumé :

Londres, 1935. Leon Geats travaille à la brigade des Mœurs & Night-clubs de la police de Westminster. Misanthrope et hargneux, il dirige la racaille de Soho - un quartier peuplé de prostituées, de jazzmen et de mafieux - selon un code moral élastique. Lorsque le corps d'une femme est retrouvé au-dessus d'un club, les inspecteurs de la Criminelle ont vite fait de classer l'affaire, ignorant qu'il s'agit de la première victime d'une longue série. En collaboration avec un collègue de la Brigade Volante et une officière de police, Geats se consacre à la recherche d'un tueur pervers et insaisissable. Une enquête qui couvrira plusieurs décennies, traversant le Blitz et l'après-guerre, à la poursuite d'un meurtrier surnommé « le Brigadier ».



Le contexte : 

Audrey B est celle qui m’a recommandé chaudement la saga « Harry McCoy » d’Alan Parks, autant vous dire que la jeune trentaine a d’excellentes références (en musique aussi… fan de Bruce et Peter Doherty, Paul McCartney, entre autres).

Quand elle cite un roman, je note. Point barre (et je lis !).


Mon avis :

Ce roman prend son temps, et du temps, il en est question tout au long de ces presque 700 pages.

On découvre une atmosphère, un quartier électrique (Soho avant !) peuplé d’une myriade de personnages entre délinquants, trafiquants, voleurs, noctambules ou policiers. D’ailleurs, on chemine aux côtés d’un flic du quartier qui fraye autant avec le milieu et les prostituées qu’avec les gars de son commissariat. Ce flic est aussi étonnant qu’attachant et cela en fait tout le sel de ce roman. 

Leon Geats puisqu’il s’agit de lui, va enquêter malgré le classement du premier meurtre initial sur une tueur insaisissable et diablement intelligent – et pervers – sans qu’on sache qui est qui.

Au-delà des apparences, Leon Geats est un paradoxe sur pattes. Alcoolo, violent, à la limite de tout y compris quand on en vient ses relations avec les corrompus, les filles de joie, les gamines du coin. En sus, comme il est attaché à ces filles de la rue et à un vétéran de la Grand Guerre, cela n’aide pas à lui trouver des circonstances atténuantes... pourtant, on lui trouve un truc à ce Leon (l’envie de lui en coller une, aussi, parfois !). Et ses sentiments vont le mener à enquêter pendant des décennies sur tous les meurtres commis par « le Brigadier » … Avant la Seconde Guerre mondiale, sous le Blitz, et bien après-guerre, de Londres à Birmingham. 

Ce roman fait partie de ceux qui exigent une attention, une lecture soutenue car la narration est très habile, et nous emmêlent les pinceaux si on saute une ligne, tant les méandres de l’enquête peuvent perdre les plus distraits. Les chapitres sont courts et très nombreux, les personnages ne sont pas en reste côté listing et les petites piques sont de sortie (misogynes, ennemi de la perfide Albion, etc.)

J’ai vraiment beaucoup aimé les personnages secondaires notamment Billie et Mark et, évidemment, tout le contexte historique… 

A chaque détour d’indices, à chaque évènement calendaire, on prend la mesure de la difficulté de la vie, de la place des uns et des autres, des femmes aux homosexuels, du poids du regard sur les policiers, les voyous ou des habitants endurant les conditions de vie, de guerre, etc.

Dominic Nolan est constamment sur le fil du rasoir et nous transporte avec une intensité rare dans un tourbillon policier, de mœurs, d’Histoire et de galeries de portraits absolument fascinants (cette gouaille… même si la traduction est un peu étrange par moment !).

Un roman que l’on ne veut pas lâcher avant d’avoir toutes les réponses, avec lequel on traverse 70 ans avec quatre périodes bien définies (années 30, le Blitz, 1963 et 2002) et qui donne envie de déambuler dans Soho, l’actuel. 


 

Saturday, 2 May 2026

Les loups de Babylone d’Anne Percin - retour de lecture

 

Influencée par OL et Madame (surtout madame)

Résumé :

Sophie Cauchy, récemment mutée à la gendarmerie de Millau, est chargée d'enquêter sur la disparition d'une jeune militante écologiste radicale, Jessica. Au même moment, Estéban Perrault, un adolescent qui subit au collège un harcèlement du fait de son appartenance à La Bergerie, une communauté alternative logée au cœur des Causses, fait la connaissance de Cassandra, une nouvelle élève placée en famille d'accueil. Quand la piste de Jessica mène Sophie au sein de La Bergerie, les destins de ces trois personnages se croisent. Mais qui sont les loups qui menacent les brebis ?



Le contexte : 

Encore un roman détesté par OL et (moindrement) Madame… Il m’a dit « ça m’a gonflé mais c’est en Aveyron et toi, tu adores cet endroit ! »…

Il est fort ce OL… il sait parler à mon cœur !


Mon avis :

Les loups de Babylone est un roman à deux voix, ou presque.

D’un côté, Estéban et sa communauté paysan-écolo de la Bergerie, hors système, vivant de leurs élevages et de leurs cultures ; de l’autre Sophie Cauchy, gendarme, qui a fui la banlieue parisienne et principalement son ex toxique et malveillant, qui la hante encore.

On suit donc chapitre par chapitre la communauté au pied des Causses, le mode de vie et de pensée de ces personnes qui fuient la société de consommation, « Babylone » comme ils la surnomment. Estéban et quelques autres enfants de la Bergerie, vont au collège après des années d’études dans leur maison communauté. Là, il rencontre Cassandra une jeune fille placée dans une famille d’accueil, marginale et qui n’aime pas son placement et les règles imposées. Par touches, on apprend aussi la vie de Sophie, les traumatismes subis par son ex de pompier, sa fuite préparée, ses peurs viscérales et son installation à Millau, ses renonciations à sa vie, ses amis, ses activités annexes sous l’emprise de cet homme.

Un matin, tôt, un couple vient signaler la disparition de leur fille, Jessica, une jeune femme profondément écolo, militante pure et dure, qui a atterri en Aveyron après un séjour à Notre-Dame-des-Landes. Ils n’ont plus de nouvelles et trouvent cela étrange. Elle n’était pas bien bavarde mais elle se signalait. Là, rien, silence radio. 

Sophie va donc enquêter avec un autre gendarme qui couvre le territoire de la Bergerie.

Les deux côtés s’entremêlent et chacun reste sur ses positions tout en cherchant la fameuse Jessica et son petit ami qui n’a pas eu que des amis.

Anne Percin présente une galerie de personnages hauts en couleurs de part et d’autre de la ligne de séparation entre les écolos et Babylone. Pourtant j’ai trouvé cela très manichéen par moments, principalement pour Sophie et Cassandra.  Elle montre bien l’aversion des membres de la communauté pour l’Etat, la civilisation ultra connectée et déconnectée de la nature et des valeurs qu’ils prônent, et de l’autre la moquerie envers ces « babos » qui vivent comme au Moyen Âge ou presque. Personne ne fréquente l’autre et ne discute vraiment. Chacun est immédiatement rétif au mode de vie de l’autre sans vraiment essayer de parler sans accuser ou menacer.

L’enquête avance bien que cela soit par les gendarmes que par les adolescents (notamment le duo Estéban/Cassandra) qui ont une autre vision des raisons de cette disparition. Le final est intéressant et surprenant sans être révolutionnaire.

J’aurais aimé que la romancière se positionne soit du côté adulte, soit du côté adolescent (que je trouvais plus intéressant à suivre). 

En fin de compte, le roman décrit deux systèmes qui ne communiquent pas, dans un périmètre qui traîne des arriérés de lutte pour un mode de vie plus proche de la nature, sans intervention de la société consumériste. Le côté policier est léger et agréable à lire avec une plume fluide et rondement menée.



Friday, 1 May 2026

La Playlist du ... Bon 1er mai

 Oui, bon, en fait, je travaille  ;)... artistique mais c'est le meilleur mais en musique.... 


Bon Premier Mai à vous ... 
Profitez-en pour faire ce que vous aimez... 

Et n'oubliez pas, pensez à ceux qui vous sont chers... 

un brin, un email ou SMS avec photo, etc.
Cela fait toujours plaisir !





Parce que j'aime ce groupe, cette ville d'amour !






et un petit plus ;)


Tuesday, 28 April 2026

Mademoiselle Laguiole de Daniel Crozes - retour de lecture

 


Influencée par MOI, la fan girl de Daniel Crozes

Résumé :

Portrait d'une femme passionnée qui cherche à s'imposer dans le monde de la coutellerie dominé par les hommes.



Le contexte : 

Daniel Crozes. C’est l’unique raison de mon choix.

Je continue à lire ses romans…

J’aime son écriture, ses histoires et l’Aveyron (après la Dordogne, évidemment !).


Mon avis :

Je pense que, maintenant, vous connaissez mon grand intérêt (oui, oui, je fais ma Fan Girl) pour Daniel Crozes et le fait qu’il vante son terroir aveyronnais autant qu’il le peut. Il présente un métier, une période, un lieu, des histoires singulières, des personnages, toujours dans l’optique de faire connaître la beauté et la vie palpitante de l’Aveyron depuis des siècles.

Là, il pose son roman à Laguiole pour conter le destin de Mathilde Chauchard, 28 ans, jeune, passionnée, hors normes pour l’époque (début des années 30).

Comme régulièrement, l’auteur présente une femme et l’inclut dans une histoire de terroir, dans l’Histoire, dans un domaine et dans son temps.

Là, nous sommes entre 1933 et 1935 quand Mathilde prend les rênes de la coutellerie familiale à Laguiole après l’accident de son père.

Qui ne connaît pas, de nos jours, les couteaux Laguiole ?

Cette jeune femme doit rendre un couteau exceptionnel pour l’offrir au président de la République… et là, son talent et son sens des affaires va lui faire gagner une notoriété auprès des spécialistes mais va attirer la jalousie des auteurs couteliers ainsi que du fait qu’elle est une femme dans un milieu exclusivement (ou presque) masculin. 

En outre, elle est sportive, moderne, avant-gardiste dirons-nous, et prête à en découdre avec ses concurrents et ceux qui la pensent trop « fragile et féminine » pour s’imposer.

Daniel Crozes pose aussi un regard sur le terroir, fascinant mais rude, hostile de temps en temps, de l’Aubrac et qui n’aide pas Mathilde à lutter, elle-même, contre ceux qui voudraient qu’elle trébuche.

Malgré de temps à autre de longues descriptions, on sent tout l’amour de sa terre, de ces destins aveyronnais, de ce coin de Terre qu’est l’Aubrac, de ce métier toujours intéressant, et de ces femmes qui ont contribué à réhabiliter la place des femmes dans la société, place qu’elles avaient déjà occupée dans le passé mais qui avait été occultée par certains (jaloux ? misogynes ?).

J’ai, comme vous le comprenez, beaucoup aimé l’histoire de Mathilde, la vision du romancier sur sa terre et sur les métiers qui méritent toute notre attention.



 

Saturday, 25 April 2026

Le gourou des Terres-Froides de Nicole Provence - retour de lecture


La faute à un trajet en train et à une Divine ;) 

Résumé :
" Avant de pousser la porte du moulin, Graziella avisa l'écusson qui la surplombait. Il était recouvert de poussière et les pluies avaient formé une légère croûte. Il suffirait d'un simple brossage pour révéler aux regards les emblèmes qui le composaient. Demain, Marco découvrirait sans le savoir le premier maillon de la chaîne qui le conduirait jusqu'au désespoir et au dégoût de vivre. Satisfaite, elle entra... " L'homme qui peint des tournesols dans la cour de l'ancienne secte du Soleil Levant doit mourir... Graziella ourdit son plan, elle n'aura pas de pitié pour le fils du gourou. De son côté, celui qu'on surnomme " l'homme en gris ", animé d'une haine farouche, décide d'éliminer le violeur des enfants de la secte. Dans cette paisible campagne du Nord Isère, le moulin des Terres Froides n'obtiendra sa rédemption que dans les flammes.



Le contexte : 

Ayant l’envie de lire des thrillers régionaux j’ai acquis 3 « polars en région » de la même maison d’éditions (Ravet-Anceau)… Ayant un long trajet en train, et n’ayant aucune envie de trimballer une pavasse dans mon sac, j’ai opté sur ce petit roman hors de ma sélection… le hasard !


Mon avis :

L’intrigue en 4e m’a paru intéressante et le fait de découvrir un bout du Dauphiné m’a intrigué.

Les tournesols jouant une grande importance dans l’histoire, j’avais hâte de lire ce roman pour savoir le pourquoi du comment.

Au départ on suit Graziella, une jeune femme qui doit témoigner au procès d’un gourou, lié à une filière de pédophilie et de tortures sectaires. Car oui, le gourou est sous les verrous et ses adeptes ont volé ailleurs… sauf Graziella sauvée par son grand-père maternel à l’âge de 15 ans. Des années plus tard, elle décide de se venger en annihilant mentalement le fils du gourou qui ignore tout de sa descendance.

Sous un prétexte d’études des moulins et autres bâtiments historiques, elle débarque sur le lieu même de sa détention sectaire, cette fameuse secte Le Soleil Levant, où elle a subi des assauts sexuels et les humiliations du gourou en personne. 

Marco, le fils de…, ne connaît rien à cette histoire. Il vit en solitaire dans son corps de ferme entre peinture, potager, poules et tranquillité. 

Graziella débarque dans sa quiétude et va remonter les traces pour l’amener à découvrir la vérité afin de le briser et se venger de son père. Parallèlement, un homme a une envie de vengeance également et les deux vont marcher vers le même but.

De ce constat, le roman est facile à lire, l’écriture simple, sautant de la tête de l’actuelle Graziella à la petite fille dont les souvenirs de manipulations et de routines quand elle était au sein de la Secte hantent et traumatisent encore.

Même si c’est aisé à suivre et sans gros rebondissement non compris d’avance, j’ai été surprise par cette jeune femme qui ourdit un plan très structuré de vengeance et qui est d’une naïveté incroyable ou confiance envers les inconnus (alors qu’avec ce qu’elle a subi, elle devrait être, je pense, hyper méfiante avec une réluctance, à moins d’être machiavélique… ce qu’elle n’est pas !), et même un peu fleur bleue avec le Marco… oui, elle veut le détruite psychologiquement mais elle est elle-même peu sûre de ses futures actions. 

On la suit, elle, ses liens avec le « beau » Marco (forcément), le chat, le moulin, les tournesols, ses souvenirs effrayants au sein de la Secte et sa relation avec son grand-père.

Alors, même en passant outre ces détails, je n’ai pas ressenti de tension et ce côté un brin trop idyllique du lieu de la « vengeance » m’a laissé un peu sur le bas-côté de la route.

Pourtant il y a matière à dénoncer les sectes, leurs pouvoirs, l’avilissement des personnes, des enfants, la traite de ces dernières, et toutes les actions nauséabondes liées à ces manipulateurs pervers et condamnables. 

Là, j’ai compris assez vite la fin du roman et cela a desservi mon avis.

Il n’empêche que c’est facile à lire, sans prise de tête, que certains passages peuvent être difficiles pour certaines personnes (pas pour moi, mais…) et que le pas-de-deux vengeur est sympathique… sans plus.

Reste les thèmes abordés et les tournesols !



Thursday, 23 April 2026

La Playlist du jeudi... quand les souvenirs sont bons !

 


Bonjour,

Il y a des chansons qui résonnent quand on vous les envoie en playlist...

Celles-ci font partie de ma playlist reçue préférée... car elles me rappellent une semaine à Londres en duo, avec un karaoké majestueux (et assez ignoble pour les oreilles des personnes présentes) sur la dernière !

xx

Lisa

Tuesday, 21 April 2026

Terrasse à Rome de Pascal Quignard - retour de lecture

 


Influencée par Miss Pompom


Résumé :

« Il y a un âge où on ne rencontre plus la vie mais le temps. On cesse de voir la vie vire. On voit le temps qui est en train de dévorer la vie toute crue. Alors le coeur se serre. On se tient à des morceaux de bois pour voir encore un peu le spectacle qui saigne d’un bout à l’autre du monde et pour ne pas y tomber. »


Le contexte : 

Miss Pompom est ma caution littérature/arts… (et un peu beauté, il faut l’avouer) …

Nul doute que ce roman épais comme du papier à cigarette va être marquant !


Mon avis :

Meaume le graveur (personnage fictif, soit, mais diablement vivant) est né en 1617 à Paris. 

Elève de formateurs autant qualifiés, il atterrit à Bruges où il tombe fou amoureux de Nannie, fille du juge électif où il est apprenti. Promise à un autre, ils entament une liaison courte, érotiquement passionnée. Un jour, ils sont découverts en plein ébat par ledit fiancé qui brûle Meaume au visage par de l’eau-forte et le défigure. Nannie, échaudée et très légèrement brûlée à la main, le rejette car il est devenu « hideux ». Il fuit mais elle lui manque énormément. 

Pascal Quignard sait merveilleusement écrire et ce court roman nous plonge dans la fin de la Renaissance où les artisans, artistes et créateurs, fascinés par l’Italie, sont attirés par Rome comme des abeilles sur du miel. Ils voyagent, courent de contrats en mécènes et Meaume est de ceux-là.

Mais lui fuit autrement, pour se cacher, être éconduit, malheureux, meurtri dans sa chair et son cœur.

Il se réfugie dans « les angles », ces endroits où se cachent les amoureux déçus, les monstres et quelques artistes. 

Pascal Guignard évoque, décrit précisément les œuvres de Meaume le graveur, de ses gravures licencieuses aux saintes et semble faire écho à Tous les matins du monde.

Cette terrasse sur Rome est juste touché par cette vie, des arts, le travail, l’amour, la peine, les eaux, les peintures, les gravures, les ombres et les lumières, et on lit avidement l’itinéraire de ce Meaume le Graveur avec de la peine au cœur et le fragment de soi qui reste où il sombre… 

J’ai adoré me perdre dans cette vie sentimentale, affective et les crochets fréquents détours pour saisir sa nuit profonde, celle qui le rend jaloux, triste mais créatif.



Le blog d'une ItemLiz Girl

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