Wednesday, 16 September 2026

Le diable rit avec nous de Xavier-Marie Bonnot - retour de lecture

 


Résumé :

Tout commence par une photographie retrouvée dans les affaires d’Émile, le grand-père du narrateur : trois légionnaires posent en Indochine, en 1949.
Cette image fissure une mémoire familiale jusque-là intacte. Émile est une figure admirée, un officier respecté, incarnation d’un héroïsme hérité des guerres du siècle.

En cherchant à identifier l’un des hommes de la photographie, le narrateur rencontre Charles Morin, Français engagé volontaire dans la Waffen-SS pendant la Seconde Guerre mondiale. Condamné à mort par contumace à la Libération, il échappe aux procès de l’épuration en s’engageant dans la Légion étrangère, dissimulant son passé en changeant de nom.



Le contexte : 

Comment louper un Bonnot !! C’est ma seule explication logique à cette sélection !


Mon avis :

Parce qu’un salaud n’est pas forcément né ainsi, Xavier-Marie Bonnot nous entraîne dans le dédale d’un esprit, d’une vie, d’une famille. 

Le narrateur nous parle de la sienne et celle d’un certain Charles Morin, qui a souvent croisé proche de sa lignée.

On alterne ainsi les époques, les lieux et fait avancer les pions le plus sûrement du monde.

Partant d’une vielle photographie de son grand-père Emile, prise en 1949 en Indochine à la France des années 2000, on passe de la Première à la Seconde Guerre mondiale… des guerres coloniales… entre Emile et ce fameux Charles, entre Indochine et Légion étrangère, et engagement avec la SS. 

Bonnot découpe son récit et en fait une fresque passionnante, foisonnante de vies, de moments historiques dans la petite histoire de personnes, de la perte d’un père qui marque à vie

Du Chemin des Dames à Marseille des années 20/30, de l’Indochine au front de l’Est et aux exactions, d’une guerre à l’autre, de la perte d’un empire à la folie humaine, Charles Morin nous parle de sa vie avec une sincérité brutale. Pourtant l’homme est instruit, intelligent, capable de distinguer le bien et le mal… il parle l’allemand et est très doué pour les mathématiques. Rien ne le prédestinait à prêter allégeance au IIIe Reich, au sein de la Waffen-SS, en tant que français engagé volontairement (LVF).

Ce roman met le lecteur face à lui-même, à la frontière de la complexité humaine, à ce mal qui, diaboliquement, trouble le raisonnement, à ce bien qui, parfois, n’est pas aussi beau qu’on le pensait.

Xavier-Marie Bonnot arrive à rendre particulièrement intime les soubresauts de la vie de ces hommes (et femmes), tout en nous prenant à témoin de ce que nous savons de l’Histoire, des horreurs perpétrées par la Waffen-SS (la 33, ici, la Charlemagne).

Connaissant les arcanes et les rouages du IIIe Reich, je n’ai pas été surprise par les références nazies, collaborationnistes et les petits arrangements avec le diable (qui est souvent bien séduisant).

Ce roman dénonce la quête de ses origines qui peuvent blesser et faire remonter des pans sombres d’un aïeul mais, également et principalement, ce silence sur la collaboration française.

Parce que la mémoire française a retenu la Résistance, l’Empire colonial idéalisé, mais des hommes comme Charles Morin ont existé, ont basculé dans la tuerie de masse, sous couvert de défendre la Patrie, un idéal (biaisé ou pas) ou des valeurs.

Chaque lecteur y verra ce qu’il voudra, aura son niveau de lecture selon sa propre histoire, ses connaissances sur le sujet (ceux qui découvriront la Division Charlemagne, les massacres en Indochine de part et d’autre, la collaboration, la montée des fascismes, etc.)

Pour ma part, ma mémoire française n’a jamais occulté le côté sombre, le côté dégueulasse. J’ai eu de la chance qu’on m’enseigne à ne jamais imaginer que les livres d’Histoire sont paroles d’Evangile… on le sait, l’Histoire est écrite par les vainqueurs, pour le bien d’un pays, d’un continent, d’une époque, de l’Humanité toute entière… 

On ne ment pas, on omet des choses çà et là. 

Ce n’est pas mentir, ni déformer, c’est oublier des détails (qui n’en sont pas !).

La force d’un être humain est d’être curieux, de chercher, de comparer, d’avoir un esprit critique, d’apprendre, de lire, de recouper et de se faire sa propre opinion.

D’autres apprendront sans se poser de questions, resteront dans leur pré-carré, et ne regarderont le monde d’avec des œillères.

A vous de voir dans quel camp vous déciderez d’appartenir… 


 

Saturday, 12 September 2026

En mémoire de la mémoire de Maria Stepanova - retour de lecture



Influencée par Liliane

Résumé :

À la mort de sa tante, Maria Stepanova tombe sur des photographies, des lettres, des journaux intimes. Ces vestiges d’un siècle de vie en Russie déclenchent chez elle un irrésistible besoin de retracer l’histoire des siens et celle de l’Europe depuis la fin du XIXe siècle, et de révéler les mensonges et les faux-fuyants. Mais comment faire émerger la vérité et retranscrire ce passé familial au sein de la grande histoire ? 



Le contexte : 

Photographie, Russie… mais comment vous faites pour savoir que je suis une grande passionnée de ces deux sujets !? On se demande bien ? ha ha ha !


Mon avis :

Ce roman (qui n’en est pas vraiment un !) parle de mémoire, de famille, de méfiance, d’intime, d’histoires et de traumatismes hérités ou choisis par chaque protagoniste.

Maria Stepanova a longuement pensé à ce texte dont la source plonge dans les anecdotes de feu sa mère.

Le point de départ est la mort de la tante Galia, chez elle, peu encline à faire confiance à la médecine de l’Etat… l’état… la Russie… 

Petit à petit, l’arc narratif nous parle de l’appartement, de vieilles photos, des livres, des archives papiers, des œuvres d’art, d’artistes croisés, de villes (Vienne, Berlin, Paris, mais aussi de villes russes et ukrainiennes), de cimetières… juifs… 

Parce que oui, la famille est juive…et dans ce portrait de familles, on assiste à tout un pan du XXe siècle… on suit telle personne sur les barricades de 1905, la Grande Guerre, l’arrière-grand-mère faisant ses études de médecine à Paris…

A travers des échanges épistolaires retranscrits, on assiste à la traversée d’un siècle, avec la discrétion la plus flamboyante mais feutrée… 

De la Seconde Guerre mondiale et ses nouvelles du front, à celles écrits pendant des travaux liés au secteur spatial, on sent, on vibre, et on hume la Russie, l’Union soviétique, la formalisation généralisée, le lissage mais avec une mémoire transmise, orale et écrite qui traverse les codes, les lois, et les règles strictes. 

Marie Stepanova nous entraîne à travers un amoncellement de choses, de livres, d’œuvres, d’artistes. On parle de Mandelstam, de Proust, de Woodman, de Salomon, de Nabokov, Rimbaud, Rembrandt, et consorts. On se perd dans l’histoire russe, on essaie d’assembler les morceaux et de trouver dans cet inventaire incroyable et fourmillant, un fil conducteur… celui d’une lignée.

En mémoire de la mémoire n’est pas un roman, c’est un essai, un document de transmission, sans fin mais avec une image finale qui vous explique que rien ne reste intact, tout change mais tout est immuable. 

Ce livre dense, intelligent, cultivé et très imagé qui grouille de choses, de gens, de bruits, de silences, d’évènements, de réflexions personnelles ou universelles, est un condensé d’une famille aux multiples facettes, jetée dans les méandres de l’Histoire. 

Une mémoire somme toute rusée car qui peut prétendre que tout est véridique ? tout est bien retranscrit ? ou que cela a été biaisé çà et là ? 



Thursday, 10 September 2026

La Playlist du... mois - petite nouveauté

 


 

Bonjour,

C'est la rentrée y compris la mienne à la radio.

Cette année, petite nouveauté : la Playlist du mois.

Je vais essayer de trouver des chansons pour chaque mois, afin de vous réjouir, vous remonter le moral, vous faire procrastiner, vous soutenir dans les moments sportifs ou avant d'aller au travail le matin (mieux qu'un double café ?).

Voici celle de septembre, également accessible dans la catégorie podcast sur Liberté FM!

 

xx

Lisa

 

Thursday, 3 September 2026

Les monades urbaines de Robert Silverberg - retour de lecture


 

Résumé :

En l’an 2381, la Terre porte soixante-dix milliards d’êtres humains dont la devise est : Croissez et multipliez. Ils habitent des tours de mille étages, les monades urbaines, et jouissent d’une totale liberté sexuelle. Ils ne quittent jamais leurs villes verticales et explorent rarement un autre étage que le leur. Ils vivent l’utopie, la promiscuité, le bonheur.
Qui en doute est malade. Qui est malade est soigné. Qui est incurable est exécuté.
Micael, l’électronicien, rêve pourtant de la Terre du passé, de l’océan, de la nature, qu’il a découverts à travers un film vieux d’un siècle. Il fuit.
Et Jason, l’historien, armé par son savoir contre tous les tabous anciens, redécouvre de son côté un sentiment proscrit, la jalousie.




Le contexte

Je ne sais plus qui m’en a parlé lors d’un dîner en ville mais le côté SF a retenu mon attention… sans compter sur ce côté un peu suranné en pleine Terre futuriste !


Mon avis :

Robert Silverberg, en quelques paragraphes, vous livre un monde vertical, un monde de lois, futuriste, pro-natalité, un monde de contraintes mais largement acceptées. La force de ce roman réside dans sa présentation sociétale qui plonge le lecteur dans ce monde…

Il faut dire que cette population vivant dans des tours de plusieurs kilomètres (moi qui est le vertige au-delà de 3 étages… j’ai un peu tangué !) pour éviter la surpopulation sur terre.. oui, oui, gagnons les nuages pour être de plus en plus nombreux !… vous me direz que c’est une fausse bonne idée… la masse est la même, non ? 

Pourtant l’auteur note plus la difficulté de cohabiter, de supporter l’autre, et la promiscuité entre êtres humains… la solution ? Une liberté des moeurs, une politique de natalité encouragée et le tout sous un couvercle bien encadré par l’organisation de gestion. Oui, on ne va pas non plus relancer Sodome et Gomorrhe !

Au gré des « nouvelles » qui suivent quelques personnages, on s’aperçoit que ce mode de vie aseptisé et libertaire, jusqu’à un certain point, les interroge. Ils s’aperçoivent que certains sont heureux de leur sort mais eux pensent à un lavage de cerveau et veulent se rebeller… évidemment, les anormaux au système ne sont pas bien vus et sont éliminés afin de garder l’harmonie et la mélodie du bonheur dans ces Monades…

Il est clair que Silverberg parle de totalitarisme dans ce roman d’anticipation (nous sommes en 2381) et qu’il parle des humains, de l’emprise, du « pain et des jeux » éternel motto des dictateurs en tous genres !.

J’ai trouvé cette anticipation assez singulière. Elle exprime bien qu’aucune société n’est idéale… quand on résout un problème, on planque l’autre sous le tapis… et cette société qui subit mais qui semble s’en contenter, fait froid dans le dos. 

Sous prétexte de vivre tranquille, avec un semblant de liberté « parfaite », de bonheur, de ne plus ressentir la faim, la peur, l’envie, la jalousie, fait apparaître que cette société est un état totalitaire et que cette complaisance en fait des innocents prêts à être sacrifiés !



Friday, 28 August 2026

Hurlements d'Alma Katsu - retour de lecture

Influencée par Lila

Résumé :

L'histoire vraie de l'expédition Donner revisitée. Un true crime historique glaçant. Juin 1846 : épris de la fièvre de l'Ouest, 87 pionniers américains partent à l'aventure rejoindre la Californie. A leur arrivée, ils ne sont que 47. Quelles horreurs ont-ils pu bien rencontrer en chemin ? Juin 1846. Un convoi de pionniers traverse l'Utah en direction de la Californie, malgré les nombreuses mises en garde sur les dangers d'un tel périple.
A sa tête, George Donner et James Reed, représentants des familles les plus éminentes du groupe, se disputent la gestion des ressources et du bétail. Tandis que le convoi s'enfonce dans un territoire de plus en plus sauvage, les personnalités s'affirment, les alliances se créent et le passé que les uns et les autres ont cherché à fuir ne cesse de revenir les hanter. Une nuit, un des enfants du convoi disparaît.
On ne retrouve de lui que ses ossements, parfaitement nettoyés. Est-ce l'œuvre des Indiens ? Une meute de loups est-elle sur leurs traces ? A moins que cette mort brutale soit l'œuvre de l'un d'entre eux... Dans ce cas, comment expliquer cette sensation d'être observés constamment, et les murmures qu'ils entendent sur leur passage ? A mesure que les réserves s'amenuisent, la tension monte au sein du convoi.
C'est alors qu'une deuxième attaque a lieu. Pour les pionniers, il est désormais impossible de nier que quelque chose est bien à leurs trousses. Et que cette chose a visiblement encore plus faim qu'eux. 




Le contexte

Lila m’a dit « J’ai été bouleversée ! » … 

Quand on sait qu’elle n’est pas le genre de fille à se faire remuer en lisant… 

Mon avis :


Le titre anglais vous donne le ton immédiatement (j’aime regarder le titre original et le traduction « mot à mot »)… La faim… cela vous explique que « hurlements » n’est pas à proprement parler un peu éloigné de la volonté de l’auteure de vous glacer le sang…

Nous suivons un faits divers réel qui s’est déroulé aux USA, et bien documenté outre-atlantique. Alma Katsu a pris de larges libertés pour le bien de son histoire (ses histoires).

L’expédition Donner est un convoi parti avec 87 pionniers en route vers la Californie (et les rêves qui allaient avec !). A leur arrivée, ils étaient 47.

De ce contexte, l’auteure tire un roman thriller, fantastique et un brin horrifique qui oscille entre intime, collectif et la réalité brutalement tragique de ces pionniers. 

Entre parcours personnels, retours sur le passé, secrets enfouis et petits arrangements entre les familles, Hurlements revient sur la vie de quelques personnages qui font avancer l’histoire, révèle des informations ou des situations importantes et nous bouleverse par l’espoir souvent déçu de ces pionniers (et pionnières).

Leur route est parsemée de doutes, de manque de nourriture, d’accidents, de la nature plus forte que tout, et au milieu de tout cela, un enfant est retrouvé horriblement massacré. Cela atteint tout le monde mais le convoi part, sur une route déjà ouverte, avec des escales dans des Forts, et avec l’assurance d’une aide extérieure.

Pourtant, rien ne va se passer comme prévu. Le voyage commence mais le combat contre la mort, les esprits, un tueur sanguinaire sur les talons et ces immensités sans repère, sous une chaleur ou une pluie terrible.

Petit à petit, les histoires ou secrets personnelles, d’erreurs en jugements obligatoires, de remords en regrets, de déceptions en espoirs, on chemine à leurs côtés, espérant pour les uns, maudissant les autres, maugréant souvent au gré des attaques et des évènements qui tordent les entrailles.

La fin a été pleine d’émotions ; je pense avoir juré comme un charretier !

Un thriller made in western qui vous hante pendant quelques temps !



Sunday, 23 August 2026

L’épouvantail de Dresde de Frank Goldammer - retour de lecture

 


influencée par Lila

Résumé :

La Seconde Guerre mondiale touche à sa fin, mais le jeu macabre de l'Epouvantail débute dans les rues de Dresde. Un polar historique, une traque, dans une Allemagne crépusculaire Novembre 1944. Le régime nazi est proche de l'effondrement et la ville allemande de Dresde ploie sous la violence de la pauvreté. Sans compter les rumeurs racontant qu'un être effroyable, à peine un homme, rôde la nuit dans les rues désertes.
Lorsqu'on découvre le corps mutilé d'une infirmière dans un cabanon désaffecté, les habitants murmurent aussitôt que c'est l'œuvre de l'Epouvantail. Max Heller, inspecteur de la brigade criminelle, est déterminé à trouver une explication rationnelle à ce crime, mais la police n'a plus de moyens, et son chef, un SS impitoyable, ne lui épargne rien. Entre la gestion laborieuse des réfugiés en surnombre, le rationnement et les fréquentes alertes aériennes, Heller glane péniblement quelques indices.
Mais quand on trouve le corps d'une deuxième femme, il commence à prendre au sérieux la menace de l'Epouvantail...




Le contexte

Lila sait ma passion pour une certaine période, un certain pays et ma propension à lire tout ce qui me tombe sous la main, même si je n’apprends rien ou que je peste sur les invraisemblances.

Là, elle m’a dit avoir été « choquée » … et ça, ça m’intrigue fort !


Mon avis :

L’épouvantail de Dresde est à classer dans les polars historiques qui s’appuient sur une base historique intéressante, et probablement, souvent, peu connue du commun des mortels. Pour ma part, si vous me lisez/suivez depuis longtemps, vous savez que cette période, ce pays et ce contexte sont particulièrement très bien connus par mon cerveau.

Frank Goldammer utilise un lieu et une date qui amènent de la noirceur dans son histoire.

Nous sommes à Dresde, en automne et hiver 1944, pendant que la ville est littéralement arrosée par les bombes alliées et les habitants oscillant entre derniers espoirs (la bataille des Ardennes) et le fatalisme (les soviétiques défoncent les lignes à l’Est).

Max Heller est un inspecteur de police criminelle et il n’est ni un SS, ni un membre du parti. Il navigue en eaux troubles principalement grâce à sa vaillante épopée pendant la Première Guerre mondiale, qui lui vaut une certaine protection.

Entre deux bombes et les pressions exercées par les autorités nazies en fin de course (bien illustré par son supérieur un SS aussi hystérique que peu compétent), des meurtres de femmes se produisent. Parallèlement, une rumeur naît çà et là : un épouvantail s’en prendrait aux gens la nuit. 

L’enquête qui s’en suit, va pousser le curseur toujours plus loin dans le danger et Max Heller essaie de repousser l’épée de Damoclès qui se dresse au-dessus de sa tête. Bien sûr, l’Histoire avance, et l’arrivée des forces soviétiques va changer la donne. 

La seconde partie se déroule six mois plus tard, dans une ville de Dresde passée sous le joug soviétique. L’enquête reprend avec une autre tension et une autre approche avec le personnage d’Alexei Sayatsev (que j’aime beaucoup). 

La description de fin de régime, de traque des dignitaires nazis par les forces en présence, la peur viscérale des habitants, la fin, l’insécurité, la répression et la vengeance, et toujours cet épouvantail.

Frank Goldammer pointe, à travers le personnage de Karin, la femme de Heller, cette incertitude, cette crainte quotidienne et l’espoir de revoir les soldats sur les fronts Ouest et Est qui n’ont plus donné de nouvelles.

J’ai bien aimé ce roman même si, je dois le dire clairement, et malgré l’agréable écriture et une histoire qui se poursuit avec une belle fluidité, il y a du déjà-vu dans la catégorie policier historique pendant le IIIe Reich. 

Ayant lu beaucoup de romans sur cette période (en sus de mes pavasses d’Histoire, évidemment !), Goldammer n’invente rien et on retrouve quelques similitudes avec les personnages (même si les périodes ne sont pas les mêmes) de Kutscher, Gilbers, McCallin ou encore, par un certain aspect, Rademacher ou Kerr. 

Même si le rythme est prenant, il y a des moments survolés ou faisant trop échos à d’autres scènes d’autres romans.

Pourtant, j’ai aimé la noirceur de cette fin de régime, le personnage de Heller qui est attachant, le supérieur SS qui vocifère (mais qui est un bon personnage à détester !) et les conditions de vie des habitants de Dresde.

Il y a une suite « Mille diables » qui se déroule début 1947… que je note pour une prochaine fois car j’ai envie de savoir pour Heller…

En résumé, un bon roman historique sur cette période, avec des dialogues intéressants, quelques longueurs, des évidences et du déjà-vu, mais si on aime ce genre, on ne peut que le lire !


 

Wednesday, 19 August 2026

Loin en amont du ciel de Pierre Pelot - retour de lecture



Influencée par Liliane

Résumé :

La fin de la guerre de Sécession vient d’être signée. Une bande de pillards commandés par Captain Sangre de Cristo et une sorcière sanguinaire surnommée Mother débarquent dans la vallée d’Ozark, en Arkansas. Ils s’installent dans la ferme des McEwen, massacrant les parents et la plus jeune des quatre filles de la famille, avant de poursuivre leur chevauchée meurtrière. Les trois sœurs survivantes n’auront de cesse de traquer cette horde pour se venger…




Le contexte

Liliane m’a dit « Comme vous aimez cette période aux USA, je vous propose ce roman qui est une histoire de vengeance implacable ! ».

Je signe !

Mon avis :

J’avoue, je n’avais jamais lu Pierre Pelot. Liliane (grande admiratrice m’a-t-elle dit) l’aime pour son style d’écriture, ses longues descriptions, ses phrases qui semblent ne pas finir et ses histoires…

Dès les premières pages, je me suis demandée où j’étais mais, happée, j’ai lu, avidement, les 80 premières pages sans m’en rendre compte. 

On fait la connaissance d’un journaliste et chroniqueur, Anton Deavers qui arrive à Greeson Lake City dans le Kansas pour rencontrer son homologue du Kansas Chronicle pour écrire sur le Sud… Tout ceci se passe après la Guerre de Sécession et l’ordre n’est pas tout à fait établir. Des bandes de pillards, des déserteurs des deux camps en plein déshérence, ivres de haine, de sang et folie, arpentent les états pour piller les fermes et les villages isolés. Parmi eux, une troupe de pillards sanguinaires menée par un Captain Sangre de Cristo et une mulâtre ancrée dans les traditions et les superstitions de ses îles, qui éventre aussi vite qu’elle hurle et profane les textes sacrés, se réclamant de Lilith !

Quand ce groupe arrive dans la ferme des McEwen, ils massacrent les parents, la plus jeune soeur, laissant Enéa défigurée et sauvagement mutilée, et les jumelles Aïra et Aïleen traumatisées. Dans leur périmètre, d’autres ont subi l’hystérie et la folie meurtrières : des amis, des voisins, etc. 

Les trois soeurs décident rapidement, tacitement, de suivre les traces et de se venger. Elles quittent leurs terres, les amis Stark (dont le fils Dylan est le prétendant de Enéa).

Leur détermination est tenace, leur résistance au mal au-delà de l’entendement.

A leur trousse, elles découvrent les ravages faits par ces voleurs. En route, elles sont rejointes par quatre femmes, pour la plupart des prostituées ou tenancière de bordel), puis par un Shérif.

Pierre Pelot insère de temps à autre l’enquête qu’Anton Deavers sur Dylan Stark et découvre quelques moments crépusculaire.

Car, oui, ce roman est noir, sauvage, cruel, ténébreux, plein de vengeance, de rêves brisés, de cauchemars et de sang poisseux. 

Il y a des descriptions longues comme le bras, diablement bien troussées, imagées et envoûtantes.

Là est sûrement le point qui pourra rebuter certains/nes lecteurs/trices… l’écriture stylée, pointue, un peu comme si l’auteur s’écoutait écrire, mais que j’ai trouvée absolument ensorcelante. Il y a de l’épopée dans ses mots, ses phrases et ses tournures de paragraphes.

J’ai été happée immédiatement par cette histoire d’une tristesse insondable avant même d’être aussi gluante que le sang et les viscères qui tapissent ce roman.

Quelques détails font qu’un n’est pas un coup de coeur mais qu’il restera dans ma tête pendant longtemps.

Brut, fort, beau, triste, sanglant mais d’une beauté de style renversant. 



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