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Sunday, 13 May 2018

[Musique] Arctic Monkeys surprend, déroute, envoûte mais c'est bon... (merci Alex !)


Si vous pensez qu’Arctic Monkeys peut refaire le même album à chaque fois, c’est que vous ne savez pas qui est Alex Turner. Ce sixième opus du groupe de Sheffield, TRANQUILITY BASE HOTEL + CASINO, se révèle déroutant et suffisamment enivrant pour être une confirmation du talent du quatuor (et de sa tête pensante) !


Après AM, sorti en 2013 avec le succès mondial qu’on lui connaît, et la parenthèse, toujours agréable, avec The Last Shadow Puppets, revoilà Alex Turner aux manettes de ses Monkeys.

Cette fois, point de guitares saturées, de rock brut, de single qui cache un hit mondial à la première écoute ! Ici, il s’agit d’un son intimiste, envoûtant, vertigineux, quelque fois.

C’est assez surprenant, je vous l’avoue, de naviguer dans le dédale clair-obscur, entre piano et basse, avec des tempos très français, très groove et très soul.

Turner dit avoir composé ce nouvel album, chez lui, à Los Angeles, dans une pièce à part, sur un piano, offert par son manager ; Instrument qu'il n'avait plus utilisé depuis un long moment pour ses compositions. Il le dit lui-même, il y a de la science-fiction, du cinéma dans cet album. Cela se sent à l’écoute (mieux vaut l’écouter deux fois pour apprécier l’ensemble, je vous le dis !).
© Zackery Michael/Domino Records
Cette fois, la guitare de Jamie Cook répond au piano de Turner, et la basse de O’Malley et la batterie de Helders, apportent un plus sans être assourdissants. Ils servent les chansons, sans les alourdir, sans ce côté punk-rock, bien lourd (que j’aime au demeurant, ne vous méprenez pas !).

Je sais qu’à la première écoute, certains vont être déboussolés, étonnés – en bien comme en mal – par l’attitude du son Monkeys, des textes, de ce côté glam, avec une touche de Cohen et french touch 70’s.

En cela, j’avoue que ‘Star Treatment’ a été un choc.

Déjà, la phase la plus marquante de la chanson (‘I just wanted to be one of the Strokes, now look at the mess you made me make…’), ouvre une brèche dans l’esprit du compositeur. Turner a toujours écrit ses textes avec cette façon très personnelle, à la fois imagée, littéraire, allusive et étrange. Ses chansons peuvent être interprétées par les fans de façon strictement personnelle, sans que cela soit la réelle idée première.

C’est la raison pour laquelle j’ai toujours aimé Arctic Monkeys, depuis ma première écoute sur MySpace entre 2004 et 2005. Ils avaient ce petit je-ne-sais-quoi qui m’interpellait et qui me poussait à m’approprier leurs textes et leurs mélodies.

J’ai toujours dit que Turner était un Damon Albarn, version 2.0 – même si Albarn se défend très bien avec le 2.0, inventant quasiment le 4.0 de temps à autre ! –. Turner est un touche-à-tout, un artiste, quelqu’un qui aime voir, écouter, lire, comprendre, et puiser ses influences dans tout ce que l’art et la vie lui donnent.
© Zackery Michael/Domino Records
TRANQUILIBITY BASE HOTEL + CASINO est en cela déroutant qu’il n’est pas un album conforme à ce que les fans, les critiques et les détracteurs pensaient récupérer. C’est même très éloigné de la production post-AM. Point de hit ici – sauf peut-être ‘Four Out Of Five’ qui cache un potentiel très hypnotique.

Cet album casse encore les barrières que certains avaient posées devant Arctic Monkeys. En cela, Turner s’amuse bien à surgir là où personne ne l’attend (bonjour Albarn, ça va toi ?). En fait, l’album est une belle pierre à l’édifice des Monkeys qui prouve qu’ils ne peuvent que grimper toujours plus haut, et n’importe où (au bon sens du terme !) ! 

© Zackery Michael/Domino Records
Parce que le principe d’un groupe est d’innover, d’inventer, de se réinventer aussi, d’amener son public à grandir, à réfléchir, à comprendre, à être déçu, enthousiaste, amoureux, et à se dire « ça alors, je n’aurais jamais pensé aimer ça ! ».

Le parallèle avec Albarn (qui est aussi un rapprochement entre Arctic Monkeys et Blur, n’en déplaise à certains !) est flagrant. Aucun des albums produits par Turner (oui, parce que à l’instar de son compatriote, Turner est la plume quasi exclusive du groupe) n’est le fac-similé du précédent.

Et le jeu et l’enjeu sont d’amener son public à aimer le nouveau autant que le précédent, en sachant qu’entretemps, l’audience a grandi, mûri, subi, aimé, détesté, et a acquis une nouvelle idée, une nouvelle direction qui lui permet d’apprécier un virage musical.

Je vous l’accorde, l’ensemble a quelques faiblesses (je ne suis pas convaincue par ‘Golden Trunks’ par exemple) mais ‘The Ultracheese’ qui clôt l’opus laisse sans voix sur la marge de progression du petit Turner…


Si vous avez le temps et l’envie, allez faire un tour sur les versions Live piquées lors des concerts à Los Angeles (celui de ‘Hollywood’ est une bonne base), vous verrez que l’album se révèle être imprévisiblement captivant… (et l’accélération du tempo des précédentes chansons est très agréable !)…


NdlA : eh oui, je rêve toujours d’une association Albarn – Turner – Coxon – Kane (merci de transmettre, je peux même écrire les textes, faire le café, ou même appuyer sur le bouton ON de la lumière du studio).

Date de sortie : 11 mai 2018



Set list :
  1. Star Treatment
  2. One Point Perspective
  3. American Sports
  4. Tranquility Base Hotel & Casino
  5. Golden Trunks
  6. Four Out Of Five
  7. The World’s First Ever Monster Truck Front Flip
  8. Science Fiction
  9. She Looks Like Fun
  10. Batphone
  11. The Ultracheese

Concerts (par exemple !) :

29 et 30 mai à Paris (complet... sniff)
2 juin : Primavera Sound à Barcelone
8 juillet : Rock Werchter
10 juillet : Les Nuits de Fourvière Lyon (yeeeeeeaaaaaaah !)
12 juillet : Nos Alive au Portugal
14 août : Sziger Festival Hongrie



En association avec :
 https://www.lordsofrock.net/

Saturday, 19 March 2016

[Musique] Chronique musicale : Bloc Party HYMNS



Après l’explosion FOUR en 2012, Kele Okereke et son Bloc Party reviennent avec HYMNS qui, sans être palpitant, se fond dans la musique actuelle et le ‘easy-listening’. Pas de quoi révolutionner notre quotidien musical.



Invariablement, lorsqu’un groupe a produit des albums tels que SILENT ALARM, et des titres comme ‘Banquet’ et ‘Helicopter’, on est toujours dans l’attente du hold-up de l’année.

Hélas, ce n’est pas le cas ici.

Après le démembrement du groupe à partir de 2012, et laissant seul aux manettes l’homme à tout faire qu’est Kele Okereke, Bloc Party offre un cinquième album absolument inclassable.

HYMNS n’est pas novateur comme l’était SILENT ALARM.

Malgré une belle ballade (Exes), des bons titres comme ‘Differents Drugs’, ‘Virtues’ et ‘Into The Earth’, on hésite entre tiède et froid.



L’impression que les efforts ne se concentrent que sur la voix, belle au demeurant, d’Okereke, est évidente.

Pourtant, lorsqu’on écoute l’album, on serait tenté d’apprécier (je n’ai pas dit aimer, soyons clairs sur ce point) si le nom de Bloc Party n’était pas apposé sur la pochette.

La nouveauté voulue et nettement assurée de refonder la base du groupe est sûrement une bonne idée mais tout le monde, y compris moi, s’attendait à beaucoup mieux de ce combo.

D’où la suggestion (drôle ? stupide ?) d’un copain m’ayant dit : Pourquoi il n’a pas sorti ça avec « Kele Okereke & co », histoire de ne pas décevoir les fans ?

Pas bête !

Bref, vous l’aurez compris, l’écoute est sympathique, on passe un bon moment, mais il n’y a rien de révolutionnaire et cela sera encore un album qui atterrira dans le bac « écouté, bof, à ne pas ressortir avant la prochaine chronique du groupe pour Lords Of Rock ! ».

Label : Infectious/Pias
Date de sortie : 29 janvier 2016
Concerts :
3 mars : Paris le Trianon
5 mars : Bruxelles Hôtel de la Madeleine
14 juillet : Benicassim, Espagne 









"Virtues"



Plus d'infos sur :

http://www.lordsofrock.net/

Wednesday, 9 March 2016

[Musique] Chronique musicale : Nada Surf YOU KNOW WHO YOU ARE




Groupe atypique s’il en est, Nada Surf revient avec son huitième album intitulé YOU KNOW WHO YOU ARE. C’est brillant, entêtant, efficace et lettrée ! Un peu de culture dans le rock, cela ne peut pas (vous) faire de mal !



Nada Surf… tout un poème.



Depuis 1992, Nada Surf a été intransigeant sur un aspect : sa ligne directrice. 


Arrivé sur la scène musicale avec le tube planétaire ‘Popular’, Matthews Caws, Daniel Lorca et Ira Elliot ont privilégié immédiatement une certaine intégrité dans leur art au détriment de la possibilité de surfer sur la vague populaire et du calibrage pour les masses (petit message perso pour Muse et Coldplay !).



Depuis lors, ils ont tracé leur précieux chemin, album après album sans prétention.


De plus, ils cultivent ce côté sympathique et francophile qu’ils, notamment Matthew Caws et Daniel Lorca, développent en allant à la rencontre des fans après les concerts. C’est étonnant de les voir descendre de scène, s’attabler avec des fans et, s’ils sont en France, parler en français (impeccable) avec plaisir.



Leur côté accessible s’imprègne tout autant dans leur musique. Tous leurs albums sont sincères, touchants, avec des textes lettrés, des compositions acérées et des riffs implacables.



Leur huitième album studio est donc dans la ligne de conduite du groupe et s’ouvre sur l’excellent ‘Cold To See Clear’. 


La production oscille entre des titres plein de poésie et ceux plus percutants, voir punk-rock. 




Cependant, on pourrait aussi évoquer le fait que certaines chansons sont dotées d’une légère apathie inévitable mais le plus souvent accompagnées, Ô surprise, par des approches plus solides comme pour réveiller l’auditeur.



YOU KNOW WHO YOU ARE est donc bien différent de son prédécesseur THE STARS ARE INDIFFERENT TO ASTRONOMY, paru en 2012, plein énergie.



Pourtant, YOU KNOW WHO YOU ARE est, sur la durée, un opus efficace, avec des textes intelligents, des cuivres surprenants et la voix de Caws qui n’a jamais été aussi bonne depuis quelques années.



Un grand cru de Nada Surf !

Label : Barsuk Records
Date de sortie : 4 mars 2016
Concerts :


6 avril : Bruxelles : Cirque Royal

12 avril : Tourcoing : Le Grand Mix

13 avril : Besançon : La Rodia

14 avril Strasbourg : La Laiterie

15 avril : Paris (avec The Divine Comedy !) : La Gaîté Lyrique

22 avril : Zürich : Dynamo

25 avril Grenoble : La Belle Electrique

26 avril à Feyzin : L’épicerie Moderne

27 avril à Mérignac : Le Krakatoa











"Cold To See Clear"



Pour plus d'infos 

http://www.lordsofrock.net/




Tuesday, 1 March 2016

[Musique] Chronique musicale : The Coral - DISTANCE INBETWEEN






Cinq ans après BUTTERFLY HOUSE, The Coral reviennent avec DISTANCE INBETWEEN plus électrique, moins mélodique avec des touches psychédéliques. Bref, les petits gars de Wirral nous propulsent encore dans un univers agréable et singulier malgré un léger bémol. Toutefois, honnêtement, ça fait un bien fou de les revoir !

Depuis quinze ans, The Coral n’en finit pas de se faire attendre et aimer à chaque album. C’est un peu comme rejoindre sa bande de potes une fois par an pour partager un énorme pique-nique en bord de mer. On est heureux, on sourit aux anges, c’est la joyeuse pagaille le jour même puis on attend avec impatience l’année suivante.


Après le délicieux BUTTERFLY HOUSE paru en 2010, et l’aérien, mais sans surprise, THE CURSE OF LOVE en 2014, rassemblant des vieux morceaux, on sentait bien que les petits gars de Wirral (Merseyside) trépignaient de remonter sur le ring.



DISTANCE INBETWEEN, enregistré au Parr Street Studios à Liverpool avec Richard Turvey comme co-producteur, est donc le huitième opus depuis 2002.



Toujours emmené par le charismatique James Skelly, The Coral a pris son temps ; Il faut dire que depuis les débuts, ils ont tourné sans relâche, assuré des festivals, sorti sept albums et perdu un de leurs guitaristes emblématiques, Bill Ryder-Jones parti pour faire des (sublimes) albums solo.



Bref, entre 2001 et 2010, ils n’ont jamais chômé et il fallait bien souffler un peu.



D’autant que le monde a changé et eux ont grandi.



Cependant, le fait qu’ils n’avaient rien d’autre à ajouter les a poussés à diversifier leurs talents, ouvrir ou définir d’autres voies (la poésie pour Nick Power, le claviériste et la désertion pour le guitariste Lee Southall), à enrichir la production ainsi, les diverses influences se ressentent. 



 Leur univers étant souvent en décalage avec le monde musical actuel, une pause était donc la bienvenue.



Alors, oui, aux détours de leurs expériences, le côté mélodie typique du groupe semble s’être affadi. Cet opus est plus électrique, plus rock mais subtil. Toutefois aucun morceau ne se dégage vraiment, sans que cela ne soit préjudiciable.



Au contraire, une espèce de magie s’opère en l’écoutant et cela en devient addictif, un peu dans la lignée (en deçà) de leur album paru en 2004, NIGHTFREAK, barré mais contagieux.



En amont de DISTANCE INBETWEEN, The Coral a donc sorti deux titres pour nous mettre l’eau à la bouche :

‘Chasing The Tail Of A Dream’ assez psychédélique et ‘Miss Fortune’ qui, lui, ressemble à une continuation de BUTTERFLY HOUSE.



Malgré le côté remuant de DISTANCE INBETWEEN, il est à noter les très belles ballades (notamment ‘Beyond The Sun’ ou ‘It’s You’) et la perle qu’est ‘She Runs The River’.



Pour le reste, les chansons sont honorables, dans la lignée des précédentes sorties du groupe.



Reste que le meilleur moyen de les découvrir et aimer, c’est de les voir sur scène où se dégage, vraiment, ce côté barré et mélodique du groupe.



Justement, leur tournée a commencé et les petits chanceux qui se trouveront sur leur chemin ne devraient pas s’ennuyer !!


Label : Ignition
Date de sortie : 4 mars 2016
Concert :  Paris, le Trianon le 6 avril










"Chasing The Tail Of A Dream"





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