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Saturday, 14 April 2018

[Hommage] Petit clin d'oeil à la femme de ma vie !

Oui, vous avez déjà lu ce texte les années précédentes.

Je ne pense pas être capable d'écrire un texte plus vrai, plus fort que celui-ci...

Elle me manque aujourd'hui encore plus que les autres jours...


J'ai ajouté une chanson qui me fait penser à elle... et un clin d’œil...



Ce texte est sûrement le plus difficile et le plus simple à écrire à la fois et aussi le plus intime. Mais l’hommage me semble fondamental mais là n’est pas la finalité de ce papier.

Il me semble évident que parmi les personnes les plus importantes de ma vie figurent aux quatre premières places mes grands-parents.
Viendront ensuite d’autres personnes proches de moi (oui, oui, y compris mes parents) et la liste ne tiendra largement que sur deux mains.

Mais quand on en vient à me demander quelle est la seule personne qui a eu, a et aura toujours une influence sur ma vie, je n’hésite jamais : ma grand-mère maternelle.

J’ai souvent tendance à dire, nonobstant la relation que j’entretiens avec ma mère, que lorsque j’ai perdu ma grand-mère maternelle, je suis devenue orpheline.

En fait, j’ai surtout perdu ce petit bout de moi qui n’appartenait qu’à elle, et qu’elle savait manœuvrer élégamment afin que je ne me fasse pas trop mal.

Elle était tout simplement la seule personne à qui je faisais une confiance aveugle et, par-là, à qui je pouvais tout confier. Je n’ai jamais été le genre à faire confiance (surtout question de pudeur, dans mon cas) et je suis toujours un brin méfiante en continu (cela vire largement à la parano, je vous le dis !), mais jamais avec elle.

Elle était ce que je dis souvent : « Ma lumière dans tout ce noir » (la preuve ci-contre).

Tout paraissait simple, évident et nettement plus abordable avec elle à mes côtés.

Tout obstacle n’avait aucune importance tant que je savais vers qui me tourner pour un conseil, un mot, un regard, ou même une pensée.

Tout me semblait si naturel et facile que cela a rendu ma vie assurément plus douce et légère pendant trente-cinq ans.

Pourtant, nos coups de gueule étaient aussi légendaires qu’exceptionnels (le portail du jardin s'en souvient encore, je crois). Notre différence d’âge (presque soixante ans) n’avait pas d’influence sur notre vision du monde ; Plus sûrement parce qu’elle m’avait façonnée à son image : insubmersible et loyale envers ses croyances et son instinct.

Et que sa vision du monde était sans cesse renouvelée par sa propension à accepter et à tolérer la modernité. 
Elle avait vu les premières voitures, les premiers avions, nourrissait une passion pour l’explorateur Paul-Emile Victor, rêvait de marcher sur la lune, mais, elle était surtout quelqu’un avec qui parler, de tout, et d’une compréhension incroyable.

Même si elle n’approuvait pas, elle ne jugeait rien. Elle essayait d’apporter sa vision et son avis avec douceur et fermeté.

Une main de fer dans un gant de velours : l’expression lui convenait parfaitement.

Dire qu’elle m’a apporté l’amour et la confiance qu’il fallait à une petite fille est largement en-dessous de l’impact qu’elle a eu sur moi.

J’ai la nette impression que je suis, à quelques détails près, un clone avec ce caractère trempé, ce côté « général en chef des forces armées », ce côté « contrôle de soi et compagnie », et, heureusement, ce côté bohème, véritable marque de fabrique de sa famille. Un côté artiste, excentrique sans trop l’être, avec ce qu’il faut de droiture et de vertu pour, harmonieusement, contrebalancer l’ensemble.

Je n’ai malheureusement pas hérité de son côté rassembleur et sociable. On ne peut pas tout avoir !

Elle était de celle qui régissait la vie des autres afin d’éviter tout problème mais elle le faisait souvent, hélas, au détriment de certaines personnes qui se sont laissées porter par sa volonté sans faille.

J’étais une des rares à la défier sur son propre terrain et à refuser le diktat familial et les nombreuses exigences. Je refusais de me soumettre à certaines convenances et, malgré nos heurts sans conséquence (le câlin du lendemain matin le prouvait), cela l’amenait à s’ouvrir davantage et entrevoir une autre vision de la vie.

oui, nous deux... à SMV...

Ses blessures, les épreuves et la vie qu’elle a endurées avaient fait d’elle un être fort, intègre et loyal. Elle était mon phare dans la tempête et a souvent ramé à mes côtés pour me maintenir à flot et éviter tout écueil.

Effectivement, la vie est moins douce et moins aisée depuis 2005, mais, cependant, je la sens souvent dans mes actes et je sais qu’elle m’a transmis ce pouvoir de faire face. Je n’ai, néanmoins, pas encore acquis le recul et le calme qu’elle affichait, mais j’y travaille.

« Avoir les épaules pour » me disait-elle. « Le plus important pour une femme c’est l’indépendance financière et avoir les épaules suffisamment larges pour tout encaisser sans l’aide de personne ».

Ce n’est pas difficile à faire mais nettement moins amusant sans elle.

A toi, pour toujours, et à jamais, Winnie.



 


U2 "Sometimes You Can't Make It on Your Own"









Saturday, 2 February 2013

Friday, 21 September 2012

Pour mes grands-parents...


Il y a des jours comme cela où, soudain, au détour d’un instant, d’une parole, quelqu’un vous manque.

Je ne parle pas des êtres qui partagent votre vie au moment M et qui sont au Super U, au stade, au cinéma, au bureau ou même dans la cuisine.

Je parle de ceux que l’on a perdus en route.

Pour ma part, malgré mes sourires et ma (« relative et superficielle » comme dirait ma meilleure amie) joie de vivre, il y a un énorme trou dans ma poitrine.

1986-2007. J’ai perdu les êtres les plus importants de ma vie dans ce laps de temps.

   Quand on a seize ans et qu’on se réveille le matin, on ne peut pas imaginer que le soir, on va voir sa vie basculer vers le monde adulte sans préavis. Et le pire c’est que cela va continuer comme cela pendant presque vingt ans !

Quelque fois que je me dis que j’ai eu une chance folle de connaître ces quatre personnes-là. Qu’elles étaient des références, des piliers, des murs sur lesquels il faisait bon de s’appuyer ou de s’abriter.

Mais, lorsqu’on grandit (qui a dit vieillit ?), on s’aperçoit que rien n’est éternel et que tout le monde meure (bravo l’auteur ! belle banalité)…

On continue à avancer (banalité) et on continue de sourire, extérieurement s’entend. Car à l’intérieur, rien ne va plus. On se sent comme usé, cassé et un peu en sursis.

La banalité de la vie reprend facilement ; On rit, pleure, danse, hurle, travaille, continue à errer, à aimer, à détester et même à encaisser d’autres évènements dramatiques, mais là, au fond du cœur, dans un repli, dans une poche bien cachée, on se dit que ces personnes subsistent et restent comme une maison, un lien, un repaire.

Et même s’ils ne sont plus là, ils prolongent leur confiance en moi ; Ils persistent à me donner ce qu’il me manque le plus dans la vie : leur amour.

Alors, même si de temps en temps, ils me manquent terriblement et que j’en viendrais à ne pas sortir de la maison tellement c’est insupportable de marcher sans eux à mes côtés, je me dis qu’ils me botteraient les fesses s’ils me voyaient faire.

Quelque part, ils sont là, en moi, pour toujours et c’est largement suffisant à mon bonheur quotidien. Je les reconnais dans la glace tous les matins et je suis heureuse de vieillir, car je vais leur ressembler et ils seront encore plus présents.

Pourtant, j’aurais aimé encaisser plus de coups dans la vie si cela avait pu les garder quelques heures de plus, quelques jours ou même années. Les avoir près de moi, les voir me regarder en souriant, fiers et discrets à la fois.

Entre nous, un regard suffisait. Pas de grande effusion, pas de baisers enflammés, pas de « je t’aime », « chéri(e) » ou autre mot doux. Juste un regard, un geste pour remonter une mèche de cheveux, un  sourire en coin quand je faisais une bêtise, défiais l’autorité parentale ou même forçais sur l’impertinence pour voir. C’était surtout une présence de tous les instants.

Je leur dois tout : de l’apprentissage de la lecture, l’écriture, la photographie, l’Histoire, les valeurs chrétiennes, la tolérance, l’imagination, la musique, la vie à la campagne, le goût pour la cuisine, les parties de cartes, les bulles de savons, les crises de fous rire, les westerns de l’après-midi, l’amour, l’amitié, la défiance, la rébellion, la faculté de ne pas me plier aux convenances, etc.

Alors, lorsqu’on me demande de quoi je suis le plus fier dans ma vie, je réponds systématiquement « d’être leur petite-fille ».

Tout simplement parce que tout ce que je fais, écris, photographie ou dis, je le fais pour eux pas pour moi.

Ils sont l’unique raison de mes mots.

L’unique raison et la croyance qu’ils lisent ce bulletin et sourient de concert en disant « elle est bien notre petite ». 

oui, c'est bien moi !


nb : Bel anniversaire à toi Y....  <3







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