Influencée par Béa
Résumé :
Dans le Paris des Trente Glorieuses, une enfant assiste aux réunions des femmes de la famille organisées au domicile de sa mère, Lucie, dans un immeuble haussmannien. On parle chiffons et on s’échange les potins du jour. L’ambiance est joyeuse. Plus agitée, aussi, quand il s’agit d’évoquer, à mots voilés, le passé de Lucie, ce grand amour qu’elle aurait connu, pendant la Seconde Guerre mondiale, avant de se remarier.
Qui est Lucie ? Qu’a-t-elle fait précisément, avant ?
De fil en aiguille, perçant les mensonges et les non-dits de cette mère énigmatique, l’enfant, devenue adulte et historienne de profession, met à nu la part d’ombre de Lucie et de toute une partie de sa famille. Les masques tombent, et l’histoire de cette femme, collaboratrice zélée, en France, sous l’Occupation, se révèle en plein, à l’image d’un passé collectif dont on n’a, aujourd’hui encore, pas fini de faire l’inventaire.
Un sujet épineux mais qui me passionne… et mes abonnées qui connaissent bien mes goûts…
Mon avis :
C’est typiquement le genre d’ouvrage qui crée automatiquement une polémique et je peux le comprendre (même s’il m’en faut énormément pour m’offusquer !).
Cécile Desprairies, historienne de l’occupation revendiquée, évoque sa famille, notamment sa mère Lucie, fervente pro-nazie, débrouillarde, sans remord, ni regret… sauf la mort de son grand amour Friedrich… même quand elle épousera le père de sa fille… là pour boucher le trou et lui racheter une conduite… à elle et à sa famille qui a profité de la situation des années 30 aux Trente Glorieuses.
On sent le malaise admiratif de l’auteure dans ce roman court.
Lucie est un mystère pour tout le monde… elle maintient à flot la famille, autant financièrement qu’idéologiquement. Eux vivent comme bon leur semble, souvent avec une impression d’opportunistes et d’arnaqueurs professionnels.
L’antisémitisme ? eux, jamais ! Mais récupérer des biens spoliés, travailler pour la propagande nazie, ou fricoter dans les soirées entre nazis et collaborateurs, oui ! Tout à fait Madame, on ne savait pas, on connaissait la situation… mais nous sommes juste des gens simples, pas des racistes.
Ce roman sur l’occupation, la collaboration, l’aversion d’un groupe pour un autre, d’un amour flamboyant sous la Swastika, sans complexe, sans questionnement, sauf des détails futiles, pourra rebuter beaucoup de monde (et je pense aux descendants des résistants déportés ou fusillés, des juifs spoliés, massacrés, des français ayant eu faim, peur pendant ces années noires) et cela pourra être entendu.
Pour ma part, j’ai détesté cette connasse de Lucie mais je l’ai comprise aussi de par ma connaissance sur la période et notamment sur cette collaboration et cette haine des autres qui a gangréné la société française bien avant le XXe siècle et les horreurs perpétrées.
Alors oui, c’est souvent malaisant, hachée (l’écriture et la formulation), indélicat mais le parti-pris de l’auteure est franc et sans ambages. Elle n’excuse rien, n’explique rien (sa famille était collabo, soit, et c’est une fierté) avec juste un petit côté snob qui vit sa vie comme un tourbillon, tant pis si cela emporte dans le néant des millions de personnes… Moi, Lucie, je n’en tamponne le coquillard, il n’y a que Friedrich, mon grand amour qui compte et a compté (merci pour les autres !).
Je pense que ce roman sera « magistral » pour certains qui découvriront la collaboration, l’occupation, le « tout ou rien hitlérien » … ou à vomir pour les autres.
Je suis dans aucun camp, je choisis de lire, de capter le bon comme le mauvais… et puis, comme je vous le dis souvent, va falloir se lever très tôt pour me choquer !
Comme disait l’autre « famille je vous hais » … ce qui n’est pas le cas de chez celle de Cécile Desprairies !



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