Monday, November 05, 2018

[Lecture] "Marlena" de Julie Buntin ... l'amitié au fer rouge...


Livre envoyé gracieusement par les Editions La Belle Colère.



Le résumé de l’éditeur :


"À trente-cinq ans, la vie de Cat est au point mort. Employée, en couple et sans enfant, elle lutte chaque jour pour ne pas sombrer dans l’alcool, tant son esprit est hanté par les fantômes du passé.

Vingt ans plus tôt, Marlena est morte. La belle, la fonceuse et accro aux cachetons Marlena est morte quelque part dans une forêt du Michigan. Marlena, sa meilleure amie, son seul repère dans une existence fracassée par les trahisons : un déménagement, le divorce de ses parents, l’abandon du père, la résignation de la mère, les adieux à un brillant avenir.

Quand Sal, le petit frère maintenant adulte de Marlena, la contacte pour en apprendre plus sur sa sœur, Cat se force à revivre cette époque trouble, la litanie de ses premières fois – première bière, première cigarette, premier baiser, première pilule – et cette amitié aussi passionnelle que toxique. Pour quelle raison exactement ? Savoir qui était vraiment Marlena? Comprendre pourquoi est-elle morte ? Chercher des réponses qui n’existent pas ?"



Le contexte de lecture : 

Suite à ma lecture de l’été, une attachée de presse m’a proposé de lire ce roman, à paraître donc, chez La Belle Colère. J’ai accepté car, ayant eu en mains le communiqué de presse, j’avais trouvé le thème abordé intéressant et émouvant. 

Lorsque je l’ai reçu, j’ai, tout d’abord, trouvé la couverture en carton brut et belle typographie incrustée doré, particulièrement soignée et attirante !

Je remercie donc La Belle Colère et son attachée de presse (Nadia) pour cette confiance et la découverte d’un premier roman, déjà célébré Outre-Atlantique !



Le corps du roman : 

Dès les premières lignes et pages, cela part sur les chapeaux de roue (c’est le cas de le dire… vous comprendrez en le lisant !).

Cat et Marlena, deux adolescentes, se trouvent, se retrouvent, se cherchent, s’aident et s’entraident dans cette période étrange qu’est l’adolescence. Pourtant, dès le début le suspens n’est plus : le roman est écrit du point de vue de Cat…. quasiment deux décennies après la mort de Marlena. 

Parce que, oui, ce roman s’ouvre sur le constat amer d’une jeune femme ayant perdu son amie qui voit resurgir le passé entre boomerang et fantôme.

L’histoire repose sur cette amitié particulière d’une jeunesse du nord de l’état du Michigan, où Cat a rencontré Marlena, sa voisine de préfabriqués. Cette dernière est l’antithèse de Cat(therine) ; mais leur attachement est à l’image de la décennie évoquée, pop, légère (comme un t-shirt découpé à l’encolure), collante (comme le brillant à lèvres cerise), touchante (comme une chanson de Joni Mitchell). 

Au fil des pages, on découvre la version de Cat à propos de cette rencontre avec Marlena, de ce qui les liait, ou pas, ce qu’elle aimait chez son amie, ou pas.

Nous découvrons surtout à quel point Cat est hantée par cette amitié, comme une dépendance ou addiction trop forte ; un peu à l’instar de celles qu’elles ont, alcool pour l’une, pilules diverses pour l’autre. 

Toutefois, malgré cette liaison amicale, le lien puissant qu’elles tissent, Marlena est retrouvée morte. Cat survit et s’invente aussi une réalité, sa vérité de leur vie privée et intérieure, de ce bout de Marlena qui n’appartient qu’à elle. 

Quand Julie Buntin replonge Cat dans sa vie new-yorkaise, dans une très fameuse bibliothèque, on découvre une autre femme, Catherine, rongée par l’histoire du Michigan, à limite de la chute dans tous les compartiments de sa vie (conflit au travail, relation amoureuse, dépendance à l’alcool, etc.).

L’écriture est vive, simple, directe, à la fois distante et émouvante, nostalgique et détachée ; c’est un roman vraiment très agréable à lire



Et, donc, Lisa ?

Dès la première ligne, on sent que ce roman va nous plonger dans un tourbillon de sentiments, dans une poésie aussi douce qu’amère : « Dites-moi ce que vous ne pouvez pas oublier, et je vous dirai qui vous êtes ».

Cela définit bien ce que Cat essaie de faire passer à travers ses souvenirs de Marlena, en flashbacks, ou par rapport à sa vie new-yorkaise borderline. 

Il y a quelque chose de fascinant dans la narration de ce roman, dans cette amitié intense, qui flirte avec une romance non assumée, et dans cette loyauté envers une fille morte vingt ans plus tôt.

Pour qui a perdu un ami dans son adolescence, quelqu’un qui était revêtu d’une part d’adoration, ce livre ne peut qu’être bouleversant et toucher en plein cœur. 

Cat a été arrachée à sa maison, a déménagé dans un endroit paumé, séparée de son père, et elle est en pleine adolescence. Elle a besoin d’une béquille, d’amour pour exister face à une mère dépassée, qui s’oublie et oublie.


Marlena est là, en face d’elle, fascinante, attendrissante, drôle, dangereuse, mais présente. Trop, peut-être. C’est l’archétype de la fille que toute mère interdirait à son enfant de fréquenter… d’où l’attrait inévitable de Cat pour sa voisine…

Ce voyage intérieur de Cat mérite largement le détour et la lecture.

Un brin de nostalgie vous étreint aux détours de certains passages qui vous propulsent dans votre propre adolescence et à vos sentiments peut-être pas encore complètement cicatrisés.

Mais guérit-on vraiment d’une amitié pareille ? d’un manque cruel ?

Cela m’a rappelé un ami perdu en cours de route et le trou béant ressenti pendant des années ; encore maintenant, j’ai plaisir à l’imaginer de nos jours, parfois… même si ma vie est très éloignée de celles de Cat et Marlena… j’ai compris Cat, j’ai ressenti cette perte, cette culpabilité du survivant, de l’abandon de sa jeunesse et de son innocence. 

Ce livre parlera donc à la jeune fille, l’amie, la copine d’une autre, ou celle que l’autre admirait...

Julie Buntin signe là un beau roman sur les sentiments, l’amitié à la vie à la mort et le manque qui hantent toute une vie.

***

Titre Marlena
Parution : 26 octobre 2018
ISBN : 978-2-84337-898-0
Nombres de pages : 327
Prix (à la sortie) : 19 €uros