Monday, April 27, 2015

Chronique Musicale : Blur - THE MAGIC WHIP (la dingo est de retour)



Douze ans après THINK TANK, dernier album estampillé Blur, mais seize ans après 13, dernier officiel du quatuor, THE MAGIC WHIP fait office de miracle. Après les tournées mondiales et les festivals majeurs des dernières années (2009, 2012, 2013), l’air de Hong Kong a permis à Blur de revenir avec un son familier mais toujours et largement étonnant et avant-gardiste. Attention petit bijou en vue. Et ça fait du bien d’écrire un :

BLUR IS BACK ! 


Avant toute chronique impartiale, il faut bien avouer une chose fondamentale : je couine à intervalles réguliers depuis février et l’annonce faite par Blur d’un nouvel album – d’un concert (et accessoirement des dates qui seront ajoutées çà et là) et de passages dans les magazines – pour le 27 avril 2015. 

Alors, oui, je suis un(e) fan de Blur depuis 1990, ceci explique sûrement mon hystérie modérée ( ?) et le fait que mon rédac-chef vénéré n’a même pas émis un « Qui veut chroniquer le dernier Blur ? » tellement je hululais et sautillais les bras en l’air en disant « moi, moi, moi, moi, moi ». 


Au risque de passer pour la dingo de service (réputation déjà largement entamée), je me suis dit qu’il fallait que je prenne cette chronique comme toutes les autres, avec impartialité, recul et professionnalisme (mais bien sûr…). 


J’ai donc écouté et avalé des dizaines d’écoute attentive dudit 8e album d’un des groupes phare des années 90. 


Ceci étant dit, c’est parti… 




Douze ans après le très oriental THINK TANK qui n’était pas vraiment du Blur (Graham Coxon ayant déclaré forfait pendant les sessions, ne laissant son empreinte –géniale- que sur le divin ‘Battery In Your Legs’), et donc, seize ans après le dernier vrai Blur (le quasi sublime ‘13’), voilà les quatre de Colchester de retour. 


Et quel retour ! 

Après les projets nombreux et loués de Damon Albarn avec Gorillaz ou en solo, et ceux de Graham Coxon, et suite à leur tournée de 2013, Blur a trouvé le temps, grâce à une annulation d’un concert, d’enregistrer des plages dans un studio loué à Hong Kong. 


Laissée de côté par le groupe sous l’amas de travail (Albarn en pleine promotion de son brillant premier album solo, EVERYDAY ROBOTS, Rowntree au bureau, James à la ferme, Coxon à la musique), cette session a été reprise en mains par Graham Coxon, en septembre dernier, dans le plus grand secret, et a rameuté le producteur historique du groupe, Stephen Street. 



Ils ont travaillé sur tous les morceaux instrumentaux et les ont donnés clé en main à Albarn pour en sortir les douze chansons présentes sur THE MAGIC WHIP. 



Pour une surprise, évidemment, c’est une surprise. Et de taille ! 









Car dès le premier morceau, ‘Lonesome Street’, c’est du Blur, sans aucun doute. 



On reconnaît le son, le phrasé de Albarn, la ligne de basse de James, les riffs de Coxon (et sa voix maîtrisée sur le refrain) et le touché de baguettes de Rowntree. Et du très bon, avec au passage les paroles romantiques qu’il faut dans le refrain. 


Dès lors, à l’écoute, THE MAGIC WHIP oscille entre le familier et l’innovation. Comme lors de leurs précédents albums, Blur n’est jamais vraiment là où on l’attend. 

Entre les influences de Albarn toutes droites sorties de ses collaborations avec Gorillaz, ses projets de musique du monde ou d’opéra et autres expériences (dois-je vraiment citer tout ce qu’il a fait depuis douze ans ?) et le côté noisy, folk et avant-gardiste de Coxon, associés aux présences de James et Rowntree font que l’alchimie du quatuor produit des chansons qui n’auraient jamais pu voir le jour il y a dix ou vingt ans. 

New World Towers’ contraste avec le titre d’ouverture car il n’est pas dans la lignée blurienne (si tant est qu’il y ait une idée directrice, car aucun album depuis LEISURE n’est identique au précédent !). C’est calme, mélancolique, très Albarn en solo. 


Puis vient ‘Go Out’, premier morceau révélé qui, dès les premières notes nous propulsent dans THE GREAT ESCAPE remis au goût du jour par les années. La guitare noisy de Graham Coxon se marie avec les ‘Oh, uh, oh, oh’ d’un Damon Albarn exubérant ; ça va hurler du ‘To The Local’ dans les front-rows ! 



Ice Cream Man’ calme immédiatement le jeu avec ces sons électroniques et cette partie instrumentale où la basse, la guitare et la batterie sont en complète osmose. 


Thought I Was A Spaceman’ est quant à lui le titre le plus long (six minutes) et complètement galactique et hypnotique avec une touche d’Asie. Et comment ne pas penser à un Bowie version Berlin… Vraisemblablement une des meilleures chansons qu’ils ont faites depuis leur début. La voix de Graham Coxon(1) rend l’ensemble plus triste qu’il n’y paraît et plus beau encore. A vous filer des frissons. Celle qui restera dans ma tête tout au long de l’année, sans aucun doute.

Et tout à coup, Blur réapparaît avec ses jeunes années mâtinées du poids de l’expérience et des sons nouveaux. Pour ceux qui connaissaient leur petit Blur illustré, à la première note, on repart pour un ‘Jubilee’ mixé avec un ‘Advert’ ; ‘I Broadcast’ est brillant et c’est du Blur, taillé pour le live et la communion avec le public. 






My Terracotta Heart’… Alors, oui, dans les premiers accords, il y a une similitude avec ‘Hollow Pounds’ (EVERYDAY ROBOTS) mais Damon Albarn a souvent pour habitude de sortir ses tripes sur les albums. Que ce soit avec ‘No Distance Left To run’ ou ‘Sweet Song’, en passant par ‘To The End’. La plupart du temps, c’est un sentiment de mélancolie, comme un regret ou un non-dit. Là, encore, cette chanson le ramène à son alter-égo de Blur : Graham Coxon. Il faut dire que deux des plus émouvantes chansons de Blur sont des déclarations de Damon à Graham (‘Sweet Song’ pour la première, ce titre pour la seconde). L’harmonie du duo atteint là la magie. Tout bon fan vous le dira, l’âme de Blur (et de Damon ?), c’est Graham.



Mais le plus étonnant titre est le suivant : ‘There Are Too Many Of Us’ ; Une ouverture batterie/synthés avec ce qu’il faut de marche militaire, version Queen des années 80, parfait morceau pour un futur épisode d’un jeu de guerre vidéo, avec une pointe de disco dans le rythme de batterie et les thèmes de la mortalité et de l’humanité entremêlés. 100% efficace. 


Changement radical pour le suivant ! ‘Ghost Ship’ sent le Gorillaz, version soul, à plein nez avec la papatte blurienne de Graham en sus. On note une légère influence de The Clash et de The Specials. Les références du duo Graham/Damon maintient le rafiot blurien au-dessus de la vague. 

Le riff de trois notes de Graham allié à l’inspiration nord-coréenne de Damon font de ‘Pyongyang’ un ovni à la fois étrange, fascinant et, tout simplement et magiquement, beau. 

Si je dois parier sur un titre qui va vous hanter, je mettrai une pièce sur le très Kinksien ‘Ong Ong’ ; En dépit du titre (ça va faire ricaner dans les chaumières), le refrain (I wanna be with you) atteint les cœurs et va faire des ravages parmi les premiers rangs ; Sans compter sur les solos de Graham ; Comme une version de ‘Good Song’ (THINK TANK) qui aurait bénéficié du guitariste à lunettes ! 

L’album se referme joliment sur ‘Mirrorball’ qui est à la fois élégant et mélodique avec un brin de Richard Hawley dans la guitare, avec une belle promesse d’avenir. Damon chante un émouvant ‘I’ll cry my eyes out, hold close to me’. Autant dire que tous les fans de Blur font hurler un ‘Bien, oui, viens dans mes bras, grand fou et restes-y pendant encore vingt-cinq ans !’. 



L’album sonne donc à la fois diablement familier (du Blur, donc, et à son meilleur niveau) avec le côté innovant et inventif qui définit le quartet depuis leur début… 



Ne vous attendez pas à des hits tels que Song 2, Tender ou Parklife sur cet album ; Ici, c’est un Blur ingénieux, génial, subtil et qui prouve que l’alchimie du groupe est là, toujours prête à se livrer et à déclamer au monde que Blur est bel et bien vivant et de retour au sommet. 



Rien de tel pour se mettre à imaginer un neuvième album… 



Enfin, je me permettrai juste une familiarité et un remerciement personnels : 

La familiarité sera pour Damon qui est enfin revenu à la maison (quand même, merdus !) et qui m’a fait pleurer deux fois (l’exploit) et qui peut donc faire dix Gorillaz, cinq opéras et deux tours du Monde, s’il revient dans douze ans avec le neuvième Blur. 

Le remerciement ira à (mon) Graham qui a initié ce retour (avec l’aide du producteur mythique du groupe, Stephen Street) et dont la patte sur cet album (et sur Blur en général) est, désormais, notoire et indéniablement géniale ; Il gagne l’oscar du mec ‘le plus vénéré’ de 2015. 


(1) Oui, c’est là où tout le monde comprend que Graham est l’amour de ma vie blurienne, merci de ne pas m’en vouloir… 25 ans d’amour fidèle, que voulez-vous, ça laisse des traces ! 



Quelques dates au hasard (essayez de deviner où j’irai !) : 




Festival de l’Île de Wight le 13 juin, 

Paris, le Zénith le 15 juin, 

Hyde Park le 20 juin, 

Benicassim mi-juillet 



crédits photos : Linda Brownlee


SetList :


1. Lonesome Street 



2. New World Towers 



3. Go Out 



4. Ice Cream Man 



5. Thought I Was A Spaceman 



6. I Broadcast 



7. My Terracotta Heart 



8. There Are Too Many Of Us 



9. Ghost Ship 



10. Pyongyang 



11. Ong Ong 


12. Mirrorball



Eh, oui, la vue est belle :





En association avec 



2 comments:

  1. Thought of you all day long, sweetie...
    Blur (best) days !
    See you VERY SOON... LOVE YA

    ReplyDelete
    Replies
    1. Best days of our lives honey... see ya there... ;)...love ya yoo

      Delete

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