Friday, 23 October 2026

Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar d’Antoine Choplin - retour de lecture



Résumé :

Voici l'histoire de Tomas Kusar, garde-barrière à Trutnov (Tchécoslovaquie), un jeune homme simple, amoureux de la nature et passionné par la photographie. Il mène une existence paisible, jusqu'à sa rencontre avec Vàclav Havel, dramaturge dissident et futur président de la République. Une rencontre qui va changer sa vie. Le dernier roman d'Antoine Choplin s'intéresse comme souvent aux humbles, aux sans-grades et montre comment, parfois, le destin les porte, les fait basculer du côté des justes et participer, presque par hasard, à la grande Histoire.



Le contexte : 

Moi ? Oublier Choplin ? JAMAIS !

Comme faire un mois « des chouchous » sans lire les quelques (peu) romans d’Antoine Choplin qui manque à mon tableau de chasse littéraire ?

Lisez Choplin, nom d’un petit bonhomme !!!


Mon avis :

Tomas est un garçon simple qui travaille comme cheminot, puis comme garde-barrière pour les chemins de fer tchèques. Il aime la nature, les arbres, les écorces qu’il photographie avec talent.

Un jour, il croise la route du dramaturge Vaclav Havel, futur président de la République Tchèque, post indépendance.

Leur amitié est simple, il joue aux échecs, évoque la vie, les arbres, le métier de Tomas. Petit à petit, Antoine Choplin fait croiser des destins, des dissidents, des anciens amis de Tomas et l’engagement de ce dernier auprès de Havel se profile.

Sans histoire, sans heurt, sans emportement, Tomas va suivre la voie de cette dissidence, en distribuant des tracts, faisant signer des pétitions, assistant à des conférences, jouant la comédie pour poster des courriers, sous le joug de la police répressive.

Tomas est tel un vieil arbre, immuable, simple, sobre et il assiste au tourbillon en restant fidèle à lui-même, à ses amitiés, ses passions sans que cela ne lui pèse.  

Pourtant, il voit les lâchetés ordinaires, les trahisons, la répression, les arrestations, les mises au ban ou en prison, mais il agit pour le mieux, au mieux. 

Antoine Choplin s’est appuyé le destin du photographe Bohdan Holomicek, proche de Havel (des expos photos ont été montées sur les photographies de Holomicek entre 1975 et 1989 quand il vivait avec Olga et Vaclav à Hradeck) et crée un personnage magnifique, émouvant et diablement attachant. 

Car malgré sa simplicité et son peu d’éducation, Tomas voit, ressent, hume l’air du temps, se fit à son intuition et un bon sens aiguisé qui dénote et étonne mais ouvre des perspectives à ce groupe et aux penseurs du mouvement d’indépendance. 

Le passage où Tomas rend visite à Vaclav, président issu de la révolution de velours est d’une intensité rare.

Mais l’écriture d’Antoine Choplin que j’adore d’un amour littéraire depuis ma première lecture il y a près de dix ans, montre la vie à hauteur d’un homme ordinaire, d’un humble garçon qui dépasse sa vie, ses modestes aspirations pour se mêler à l’Histoire, la grande, celle d’un pays.

Par son écriture ciselée, émouvante, sensible, Choplin décrit un pays, une volonté de changement, sans violence, une âme, un moment suspendu et nous offre l’écrin qu’est le personnage de Tomas.

J’ai été émue aux larmes par la fin, par les descriptions des photographies des écorces, du pourquoi du comment, de sa visite administrative à Lenka, par les frôlements avec Markéta.

Encore un roman qui m’a touché au cœur… Choplin, donc ! 


 

No comments:

Post a Comment

N'hésitez pas... tous les auteurs aiment les commentaires....

Le blog d'une ItemLiz Girl

Newsletters !

Les Archives