Influencée par Liliane
Résumé :
À la mort de sa tante, Maria Stepanova tombe sur des photographies, des lettres, des journaux intimes. Ces vestiges d’un siècle de vie en Russie déclenchent chez elle un irrésistible besoin de retracer l’histoire des siens et celle de l’Europe depuis la fin du XIXe siècle, et de révéler les mensonges et les faux-fuyants. Mais comment faire émerger la vérité et retranscrire ce passé familial au sein de la grande histoire ?
Le contexte :
Photographie, Russie… mais comment vous faites pour savoir que je suis une grande passionnée de ces deux sujets !? On se demande bien ? ha ha ha !
Mon avis :
Ce roman (qui n’en est pas vraiment un !) parle de mémoire, de famille, de méfiance, d’intime, d’histoires et de traumatismes hérités ou choisis par chaque protagoniste.
Maria Stepanova a longuement pensé à ce texte dont la source plonge dans les anecdotes de feu sa mère.
Le point de départ est la mort de la tante Galia, chez elle, peu encline à faire confiance à la médecine de l’Etat… l’état… la Russie…
Petit à petit, l’arc narratif nous parle de l’appartement, de vieilles photos, des livres, des archives papiers, des œuvres d’art, d’artistes croisés, de villes (Vienne, Berlin, Paris, mais aussi de villes russes et ukrainiennes), de cimetières… juifs…
Parce que oui, la famille est juive…et dans ce portrait de familles, on assiste à tout un pan du XXe siècle… on suit telle personne sur les barricades de 1905, la Grande Guerre, l’arrière-grand-mère faisant ses études de médecine à Paris…
A travers des échanges épistolaires retranscrits, on assiste à la traversée d’un siècle, avec la discrétion la plus flamboyante mais feutrée…
De la Seconde Guerre mondiale et ses nouvelles du front, à celles écrits pendant des travaux liés au secteur spatial, on sent, on vibre, et on hume la Russie, l’Union soviétique, la formalisation généralisée, le lissage mais avec une mémoire transmise, orale et écrite qui traverse les codes, les lois, et les règles strictes.
Marie Stepanova nous entraîne à travers un amoncellement de choses, de livres, d’œuvres, d’artistes. On parle de Mandelstam, de Proust, de Woodman, de Salomon, de Nabokov, Rimbaud, Rembrandt, et consorts. On se perd dans l’histoire russe, on essaie d’assembler les morceaux et de trouver dans cet inventaire incroyable et fourmillant, un fil conducteur… celui d’une lignée.
En mémoire de la mémoire n’est pas un roman, c’est un essai, un document de transmission, sans fin mais avec une image finale qui vous explique que rien ne reste intact, tout change mais tout est immuable.
Ce livre dense, intelligent, cultivé et très imagé qui grouille de choses, de gens, de bruits, de silences, d’évènements, de réflexions personnelles ou universelles, est un condensé d’une famille aux multiples facettes, jetée dans les méandres de l’Histoire.
Une mémoire somme toute rusée car qui peut prétendre que tout est véridique ? tout est bien retranscrit ? ou que cela a été biaisé çà et là ?



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