Résumé :
Le contexte
Parce que feu Mo Hayder est une écrivaine dont j’ai aimé chaque roman que j’ai lu, j’ai eu envie de m’attaquer à ce One-Shot dans les Costwolds… voilà, voilà…
Mon avis :
Le roman alterne deux voix : Alex et Maryam, le présent et un certain passé-présent.
En effet, ce roman choral repose notamment et principalement sur ce qui s’est passé deux plus tôt lorsqu’Alex a fait partie des victimes d’un accident de bus après une soirée d’Halloween.
Maryam, elle, est la mère d’Arran, l’ami d’Alex, qui a survécu également à la tragédie.
Mo Hayder nous plonge non seulement dans les souvenirs de cette soirée, mais également dans ce village des Costwolds, avec son côté bohème chic, belles propriétés, personnes aisées… qui fait face à un immeuble avec vue sur cette forêt étrange, habitation plus que modeste, voire carrément à l’abandon.
La tragédie s’appuie sur un trouble puisqu’Alex est sûre d’avoir vu une femme au bord de la route quand le chauffeur a fait l’embardée… Cette femme qui, dans l’esprit du coin, n’est autre qu’une prostituée assassinée au XIXe et qui hante la forêt du village afin de les enlever et les tuer.
La légende urbaine hante le récit et s’avère plus terreuse que le reste. Crâne d’os, cette gitane fleur de bitume, brouille le jeu et Alex, revenu de quelques années à Londres, devenue flic, décide de reprendre l’enquête…
Là, des chiens disparaissent… celui de la mère d’Alex, mais également celui de Maryam qui a fait un pacte avec un genre de Shaman pour avoir un deuxième enfant.
Alternativement, donc, nous apprenons d’où vient Maryam, pourquoi la peur de perdre ce qu’elle a lui vrille les entrailles, son histoire avec Rhory, la naissance d’Arran, la vie quotidienne, ses amitiés, ses doutes et le drame du bus.
Par son style toujours efficace, et brillant, Mo Hayder, dans ce roman posthume, nous donne en pâture à la nature, aux croyances, aux peurs viscérales, la superstition, le malheur, le bonheur, la perte des êtres chers, les remords, les regrets et aussi ce sentiment de manque qui ne se comble jamais.
J’ai beaucoup aimé ce côté sombre (la forêt, le lac, les personnages avec leurs secrets, etc.), le côté malsain et la découverte à la Stephen King qui ouvre un champ de possibilités dans la tête du lecteur.
Le départ un peu lent, où Mo Hayder plante son décor, les personnages, crée une ambiance addictive et quand tout s’enchaîne, on se retrouve face aux démons intérieurs des personnages, les traumatismes qui les hantent toujours et encore, les non-dits qui plongent certains dans les affres des afflictions.
Ce Mo Hayder est un excellent thriller plein de psychologie et avec quelques touches d’inexplicable qui enfonce le lecteur dans un moment un brin glauque et le renvoie à ses propres failles.
Je suis ressortie triste de savoir que c’était son dernier et que le potentiel de son évolution était immense. Un de mes objectifs 2027 sera de lire ceux qui me manquent de cette écrivaine qui vous rend accro !
Ps : En sus, Mo Hayder cite Blur au détour d’un paragraphe ; bon, en se trompant sur le titre … pour l’éditeur français, c’est « Country House » et non pas « In The Country »… à bon entendeur !



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