Saturday, 2 May 2026

Les loups de Babylone d’Anne Percin - retour de lecture

 

Influencée par OL et Madame (surtout madame)

Résumé :

Sophie Cauchy, récemment mutée à la gendarmerie de Millau, est chargée d'enquêter sur la disparition d'une jeune militante écologiste radicale, Jessica. Au même moment, Estéban Perrault, un adolescent qui subit au collège un harcèlement du fait de son appartenance à La Bergerie, une communauté alternative logée au cœur des Causses, fait la connaissance de Cassandra, une nouvelle élève placée en famille d'accueil. Quand la piste de Jessica mène Sophie au sein de La Bergerie, les destins de ces trois personnages se croisent. Mais qui sont les loups qui menacent les brebis ?



Le contexte : 

Encore un roman détesté par OL et (moindrement) Madame… Il m’a dit « ça m’a gonflé mais c’est en Aveyron et toi, tu adores cet endroit ! »…

Il est fort ce OL… il sait parler à mon cœur !


Mon avis :

Les loups de Babylone est un roman à deux voix, ou presque.

D’un côté, Estéban et sa communauté paysan-écolo de la Bergerie, hors système, vivant de leurs élevages et de leurs cultures ; de l’autre Sophie Cauchy, gendarme, qui a fui la banlieue parisienne et principalement son ex toxique et malveillant, qui la hante encore.

On suit donc chapitre par chapitre la communauté au pied des Causses, le mode de vie et de pensée de ces personnes qui fuient la société de consommation, « Babylone » comme ils la surnomment. Estéban et quelques autres enfants de la Bergerie, vont au collège après des années d’études dans leur maison communauté. Là, il rencontre Cassandra une jeune fille placée dans une famille d’accueil, marginale et qui n’aime pas son placement et les règles imposées. Par touches, on apprend aussi la vie de Sophie, les traumatismes subis par son ex de pompier, sa fuite préparée, ses peurs viscérales et son installation à Millau, ses renonciations à sa vie, ses amis, ses activités annexes sous l’emprise de cet homme.

Un matin, tôt, un couple vient signaler la disparition de leur fille, Jessica, une jeune femme profondément écolo, militante pure et dure, qui a atterri en Aveyron après un séjour à Notre-Dame-des-Landes. Ils n’ont plus de nouvelles et trouvent cela étrange. Elle n’était pas bien bavarde mais elle se signalait. Là, rien, silence radio. 

Sophie va donc enquêter avec un autre gendarme qui couvre le territoire de la Bergerie.

Les deux côtés s’entremêlent et chacun reste sur ses positions tout en cherchant la fameuse Jessica et son petit ami qui n’a pas eu que des amis.

Anne Percin présente une galerie de personnages hauts en couleurs de part et d’autre de la ligne de séparation entre les écolos et Babylone. Pourtant j’ai trouvé cela très manichéen par moments, principalement pour Sophie et Cassandra.  Elle montre bien l’aversion des membres de la communauté pour l’Etat, la civilisation ultra connectée et déconnectée de la nature et des valeurs qu’ils prônent, et de l’autre la moquerie envers ces « babos » qui vivent comme au Moyen Âge ou presque. Personne ne fréquente l’autre et ne discute vraiment. Chacun est immédiatement rétif au mode de vie de l’autre sans vraiment essayer de parler sans accuser ou menacer.

L’enquête avance bien que cela soit par les gendarmes que par les adolescents (notamment le duo Estéban/Cassandra) qui ont une autre vision des raisons de cette disparition. Le final est intéressant et surprenant sans être révolutionnaire.

J’aurais aimé que la romancière se positionne soit du côté adulte, soit du côté adolescent (que je trouvais plus intéressant à suivre). 

En fin de compte, le roman décrit deux systèmes qui ne communiquent pas, dans un périmètre qui traîne des arriérés de lutte pour un mode de vie plus proche de la nature, sans intervention de la société consumériste. Le côté policier est léger et agréable à lire avec une plume fluide et rondement menée.



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