Influencée par Miss Pompom
Résumé :
« Il y a un âge où on ne rencontre plus la vie mais le temps. On cesse de voir la vie vire. On voit le temps qui est en train de dévorer la vie toute crue. Alors le coeur se serre. On se tient à des morceaux de bois pour voir encore un peu le spectacle qui saigne d’un bout à l’autre du monde et pour ne pas y tomber. »
Le contexte :
Miss Pompom est ma caution littérature/arts… (et un peu beauté, il faut l’avouer) …
Nul doute que ce roman épais comme du papier à cigarette va être marquant !
Mon avis :
Meaume le graveur (personnage fictif, soit, mais diablement vivant) est né en 1617 à Paris.
Elève de formateurs autant qualifiés, il atterrit à Bruges où il tombe fou amoureux de Nannie, fille du juge électif où il est apprenti. Promise à un autre, ils entament une liaison courte, érotiquement passionnée. Un jour, ils sont découverts en plein ébat par ledit fiancé qui brûle Meaume au visage par de l’eau-forte et le défigure. Nannie, échaudée et très légèrement brûlée à la main, le rejette car il est devenu « hideux ». Il fuit mais elle lui manque énormément.
Pascal Quignard sait merveilleusement écrire et ce court roman nous plonge dans la fin de la Renaissance où les artisans, artistes et créateurs, fascinés par l’Italie, sont attirés par Rome comme des abeilles sur du miel. Ils voyagent, courent de contrats en mécènes et Meaume est de ceux-là.
Mais lui fuit autrement, pour se cacher, être éconduit, malheureux, meurtri dans sa chair et son cœur.
Il se réfugie dans « les angles », ces endroits où se cachent les amoureux déçus, les monstres et quelques artistes.
Pascal Guignard évoque, décrit précisément les œuvres de Meaume le graveur, de ses gravures licencieuses aux saintes et semble faire écho à Tous les matins du monde.
Cette terrasse sur Rome est juste touché par cette vie, des arts, le travail, l’amour, la peine, les eaux, les peintures, les gravures, les ombres et les lumières, et on lit avidement l’itinéraire de ce Meaume le Graveur avec de la peine au cœur et le fragment de soi qui reste où il sombre…
J’ai adoré me perdre dans cette vie sentimentale, affective et les crochets fréquents détours pour saisir sa nuit profonde, celle qui le rend jaloux, triste mais créatif.



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