Sunday, 25 January 2026

La Maternelle de Jean Frapié - retour de lecture

 


Influences : recommandé par Lila

Résumé :

Rose, issue d'une famille aisée, doit affronter une cruelle réalité après qu'une série de malheurs se soit abattue sur sa famille. Bien qu'elle soit une jeune fille érudite, elle doit se contenter d'un emploi de femme de ménage dans une école maternelle. Se confiant à son journal intime, elle réfléchit sur son nouveau statut, tout en nous faisant part de la vie des enfants au sein de l'école. Elle nous initie ainsi à ce nouveau monde qu'elle s'approprie peu à peu.



Le contexte : 

Lila m’a envoyé une liste de quatre romans (en accord avec sa maman) et elle m’a hautement recommandé ce « roman si moderne pour un vieux roman de la Belle-Epoque ! » … Goncourt aussi en 1904 !

Comment résister !?


Mon avis :

Il faut savoir que ce roman, Goncourt en 1904, a fait l’objet deux adaptations au cinéma en 1925 (avec la belle Madeleine Renaud) et 1949 avec Blanchette Brunoy.

Léon Frapié conte, à travers le journal de Rose, la vie dans les écoles de la Belle Epoque et fait le constat critique d’un système éducatif, parental, institutionnel un brin défaillant et des difficiles conditions des femmes, des enfants miséreux et des quartiers populaires. 

Il connaît un peu la question grâce à son épouse, institutrice.

Rose est une jeune femme de vingt-trois, jeune fiancée dont la mort du père va voir s’effondrer ses perspectives d’avenir (pas de dot, pas de mariage). Titulaire d’un baccalauréat et d’une licence de lettres, elle ne peut pas prétendre à l’enseignement mais elle trouve un travail comme femme de ménage dans une école. 

Sa vie bascule entre horaires durs, tâches épuisantes, logis limite insalubre et les réflexions de la hiérarchie. Pourtant Rose observe et se tient en retrait car elle fait partie d’une classe sociale supérieure et cela sera mal vu par les parents, enfants et enseignants. 

Petit à petit, Rose, en sus du ménage, s’occupe des petits, de leurs mères pour lesquelles la vie est rude. Ces enfants ne mangent pas à leur faim, sont transis de froid, sont battus par un père, abandonné par une mère surchargée ou inconsciente, ont peur des grands dans la cour qui les violentent.

Pourtant les institutrices, instituteurs, directrices ou directeurs sont dévoués mais cela ne suffit pas à lutter contre les querelles hiérarchiques, les règles et statistiques de l’administration (tiens, tiens).

Leon Frapié décrit une société miniature avec les chefs, les gentils, les voyous, les âmes charitables, les lâches et les fats. 

Rose est un personnage tellement attachant, volontaire, non résigné mais qui relate sans fard la réalité de ce monde qui va, cependant, lui ouvrir des portes vers une autre carrière.

Ce roman au titre trouble est une tranche de vie, vive, parfois drôle, sans être misérabiliste et diablement addictive. On comprend pourquoi il a eu le prix Goncourt !!!


 

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