Monday, April 16, 2018

[Humeur] Comment j'écris ?... ou comment écrire deux romans par an, a minima !


Quoi ? Aucun rapport ?? Mais je vous en pose des questions !


Suite à un échange sur Twitter, nous nous (Tinalakiller, Mélissa Restous et moi )  sommes dit que cela serait intéressant, pour vous, comme pour nous, d’échanger sur notre façon d’écrire.

Que nous nous définissions comme blogueuse, auteur, écrivain ou même chroniqueuse (vous avez le droit de féminiser, sauf pour auteur/écrivain, pitié, c’est visuellement affreux !), nous sommes toutes uniques.

Nos modes de travail, de réflexion ou d’écriture ne peuvent pas se superposer. Il y a autant d’auteurs que d’individus dans le monde. 

Car, oui, tout le monde peut écrire… un mot, une phrase, un chapitre, une nouvelle, un poème, ou même un roman (fleuve ou non) ; Bien évidemment, tout le monde n’a pas la capacité d’avoir une imagination qui suit la prédisposition à rédiger. 

Ecrire est une chose délicieuse qui peut vite tourner au cauchemar si l’on ne maîtrise pas son environnement créatif.

Nous vous voulions vous proposer trois approches de nos méthodes de travail, trois visions de l’écriture, trois environnements et nous vous donnerons, sûrement, quelques idées, suggestions ou astuces pour vous lancer…

Bon, nous sommes sympathiques (et belles, intelligentes, etc.) néanmoins merci de ne pas piquer nos idées (brillantes), nos lecteurs (magnifiques) et nos éditeurs (sublimes)…

Lisa Giraud Taylor 
ou 
comment écrire deux romans par an, a minima
(sans compter le blog, les chroniques, la liste des courses, etc.)  :


Mon écriture s’est développée au fil des années. Le premier essai fut un poème, à sept ans, que ma maîtresse de CE1 a conservé et m’a remis dernièrement. Il était « précurseur de la facilité d’un futur auteur » ; ces mots sont notés au dos du poème et datés de cette année-là… comme quoi, on peut déceler le futur d’une petite fille à partir d’un poème sur un….renard !

Dès mes neuf ans, j’ai commencé à écrire la fin des films, des dessins animés ou des livres que j’aimais. 


J’ai, par exemple, écrit la suite de « Peter Pan », où, Peter revenait et se mariait avec une petite fille qui me ressemblait étrangement.   


A partir de douze ans, j’ai écrit mes propres histoires, au début des nouvelles, courtes, puis plus longues ; Ensuite sont venus les scenarii – oui, je suis très cinéphile -, et les poèmes, encore et toujours.

Mon premier roman a été écrit à seize ans et celui-là ne sera jamais lu. Il n’est pas mauvais – l’ayant fait lire à un libraire qui a été « captivé, positivement » - mais il ne sortira jamais du tiroir…

Car, oui, je suis une fille à tiroirs… 

Pour l’instant, cinq romans y dorment et, bien souvent, avec des thématiques qui sont en avance sur les parutions des rentrées littéraires (parlez-en à mes trois « yeux de lynx » et vous verrez que je devance souvent les modes/thème, et les prix littéraires etc.). 

J’ai une façon d’écrire qui me sied bien au teint. 

J’écris tout d’abord la trame dans ma tête… puis j’imagine les prénoms/noms des personnages, leurs passés, leurs modes de vie antérieures, et leurs garde-robes (que je dessine) ; Puis, je rédige une quinzaine de lignes en guise de résumé (rarement plus) avec deux ou trois indications sur le « who’s who » (pour éviter de marier tonton à maman en cinquièmes noces !).


Ensuite, j’articule, toujours dans la tête (enfin la partie de cerveau spécialement affectée à ce roman), le déroulé, les extraits de dialogues majeurs, les intonations de voix (ce qui me vaut de parler seule de temps à autre). 


Vient enfin la musique. La plupart du temps c’est une chanson qui donne le mouvement, l’ondulation, et le tempo d’un personnage. Je sélectionne (ou, plus vraisemblablement ce sont les personnages qui m’imposent… Ceux-là, on va en reparler !) quelques chansons qui vont me servir de bande-son, laquelle va tourner en boucles lors de la phrase d’écriture…

Lorsque j’ai tout assemblé, je commence l’écriture… sur papier, puis au trois quart du roman, je passe sur ordinateur, ce qui me permet de suivre l’hystérie d’un personnage (le principal) qui a, déjà, changé de direction par rapport au début et au déroulé ; ce qui me rend folle.

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En moyenne, j’écris un roman en deux ou quatre mois ; en comptant les préparatifs mentaux, on va dire cinq mois en tout. Certains ont été fulgurants (deux mois tout compris pour « Liverpool Connexion »), d’autres plus longs (dix ans de réflexion mais deux mois d’écriture pour « Karl et Nina » et les autres volets à venir). 

Et quand je dis mois…. Je pense créneaux horaires ! Travaillant à temps plein, je n’ai pas la journée complète… je travaille donc de quatre à cinq heures du matin ou de vingt-une heures à vingt-trois/minuit… En raison de trois heures par jour sur deux mois, cela ne fait pas vraiment beaucoup !

Cela est vrai, sauf lorsque les personnages (mes boulets préférés) ne décident pas, en cours de route, de révolutionner mon plan de travail, ne refuse pas de mourir dignement, couchent avec le mauvais personnage, trucident le seul héros dont j’étais raide dingue, etc… Ces gentils-là me poussent toujours à revoir mon idée de départ, et rares sont les romans qui ont fini comme je l’entendais !
 
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Par exemple, « Karl et Nina » (le dernier roman publié) ne devait pas finir comme cela… Cela devait être plus abrupt, plus tranchant…. Mais Karl n’a pas voulu obtempérer (tant mieux, il est choupinet, ce Karl…. Personnage qui bénéficie d’une #teamKarl au demeurant !). 

Parfois, un personnage s’incruste, ne veut pas mourir, échappe à la grande curie (#teamDimitri dans « Liverpool Connexion ») et finit par être indispensable, même à l’auteur ou, se révèle passionnant, choupinesque, adorable, limite à en tomber amoureuse (Andrew dans « Noble Semaine(s) en Famille(s) » et l’un des prochains personnages…). 


Pour travailler, peu importe le lieu (cuisine, salle à manger, bureau, salon de thé, plage, etc.) mais je dois avoir : un thermos (de thé, eau, café, etc… Whiskey accepté les jours de « grand vent » avec les personnages), un casque pour écouter la musique, des stylos (quatre couleurs-Bic®, c’est ma came !), un ordinateur (principalement le mien), deux cahiers (l’historique avec mes notes, mes dessins, mes collages, etc. et celui réservé au roman) et pas d’internet (sinon, je file regarder une série ou un film !). 

J’écris dix minutes, comme trois heures, sans perdre le fil, même si je fais des pauses de quelques jours/semaines. 

Souvent j’écris également en « montant » un autre roman dans ma tête… car, dès qu’il est prêt à être rédigé, le roman est terminé pour moi… je m’attaque au suivant.
 
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A titre d’exemple, en 2017, j’ai écrit deux romans (volet 2 et volet 3 du triptyque) et un autre en cours de finition : total de pages (A4, 1 interligne, TNR taille 11) : 1028 (pour l’instant) ; Sans compter les articles du blog, les chroniques musicales/ciné, les collaborations et autres joyeusetés… 

Je sais que je possède cette faculté d’écrire rapidement, autant sur commande que sur une réflexion à long terme, des articles déterminés comme sur de l’imaginaire. Je sais ce que je veux écrire, je l’articule et je rédige… 

Depuis mes premiers écrits, je n’ai pas connu une seule page blanche (pourvu que …) et je n’appréhende jamais la fin d’un roman… au contraire… 


Et, là, la question que vous vous posez, est : « Avez-vous des trucs ? »


Non. Comme je l’énonçais, chacun à son univers, sa manière d’écrire, de raconter, de faire vivre ses personnages (et de vivre, par procuration les évènements) ; Chacun a son propre ressenti, son propre rythme… sa propre sensibilité…

Par contre, oui, si vous désirez écrire, il y a une seule chose, pour moi, c’est d’éviter de copier, de vouloir faire « dans l’air du temps », de récupérer des styles d’ores et déjà maintes fois montrés et démontrés, et de faire toujours la même chose.

Il faut trouver son univers, sa ligne directrice, et, par là même, alimenter votre usine à imagination, ouvrir votre perspective à d’autres formes d’art, d’autres personnes, d’autres cultures, d’autres envies ; C’est le partage, la volonté d’échange qui guide mes romans. 


C’est l’envie de transmettre une idée, une réflexion et, également, de faire voyager, de faire oublier un instant –celui de la lecture – d’où on vient, où on est, et surtout où on va…


En espérant, toujours, trouver de plus en plus de lecteurs pour échanger et partager… 


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