Friday, July 21, 2017

[Cinéma] Chronique cinéma - Dunkerque de Christopher Nolan... le film de la décennie !





Mai 1940, des centaines de milliers de soldats anglais, français, et belges sont encerclés par les forces ennemies. Ils sont bientôt pris en étau entre la mer et les Allemands et attendent une évacuation.
L'histoire suit les destins croisés de pilotes, soldats, marins et civils anglais durant l'opération Dynamo dont trois soldats qui arrivent à embarquer sous les bombes grâce à leur ingéniosité.


La claque ! Le film de guerre de l’année, voire, peut-être de la décennie ! 


Pourtant, c’est nettement plus qu’un film de guerre. C’est une histoire de vie ou de mort d’hommes.


Basé sur un épisode de la Seconde Guerre Mondiale peu connu du grand public, je dois avouer avoir été bluffée par la reconstitution fidèle à ce que j’avais étudié et lu sur le sujet. En effet, le seul film référencé sur cette période est le film de Leslie Norman datant de 1958 !


Je vous rappelle toutefois, et brièvement, que suite à la Blitzkrieg (guerre éclair) de l’armée allemande menée, notamment par Guderian, un corps expéditionnaire britannique et quelques unités françaises et belges sont battus en retraite dans la poche de Dunkerque. La bataille se déroule du 26 mai au 4 juin 2017 provoquant le rapatriement des hommes et du matériel, qui malheureusement, est trop nombreux pour les destroyers pilonnés par la Luftwaffe. 


Le parti pris de Nolan a été de présenter cette opération d’évacuation stratégique, bien que précipitée, nom de code « Opération Dynamo », d’un point de vue aérien, terrestre et naval. Sans effets numériques superflus, le réalisateur, grandement impliqué dans le projet depuis des années, attendait le bon moment (et le financement imposant) pour cadrer une reconstitution réelle. Tourné au format IMAX (recommandé pour le visionnage !), la mise en scène est incroyablement impressionnante. Le contexte est retranscrit aussi bien dans l’attente des soldats, l’angoisse des gradés, que dans l’héroïsme ordinaire des civils ayant décidé de traverser cette portion de mer, bien souvent difficile, sous le feu de l’ennemi pour tenter de sauver des soldats coincés sur une plage. 


Il règne une discipline, un alignement digne pour embarquer, qui sera un atout par la suite mais aussi l’absurdité, la débrouille, le courage, la foi en « la Patrie » qui viendra les chercher.

Nolan a décidé de ne pas centrer le film sur un seul personnage mais sur l’ensemble des troupes, sur l’opération dans sa globalité, ce qui permet, à mon avis, de comprendre l’ampleur de cette évacuation si primordiale pour la suite de la guerre. Pourtant dès la première scène et une fusillade, on identifie clairement un soldat qui s’échappe vers la plage… et les milliers d’autres qui attendent. Justement, c’est un ensemble de soldats que Nolan prend pour héros, chaque visage compte. 

Ce moment d’Histoire est donc une œuvre collective et, en cela, Christopher Nolan a parfaitement maîtrisé son sujet et a renforcé le sentiment de peur, de courage, de bravoure, d’abnégation de toutes les personnes impliquées. Du simple soldat assis sur la plage, encerclé par l’armée ennemie et sous le feu constant, au plaisancier venant avec un voilier ordinaire « faire son devoir », le film rassemble le pire et le meilleur d’une guerre.


Tout ceci magistralement filmé par Nolan et interprétés par des comédiens investis et ayant recherché à être au plus près de la réalité. Certaines scènes sont très fortes et hantent bien après le visionnage de ce film audacieux ; En effet, certaines présences et séquences en disent plus long qu’un simple discours ou ligne de texte. Le personnage de Tom Hardy, avare de mots, se révèle être époustouflant ou l’impressionnant Kenneth Branagh et son écho final.  





Pourtant, ce film ne fait pas trois heures ou même deux heures, mais, j’ose dire, seulement une heure quarante-sept minutes, générique compris ! D’où la performance du réalisateur pour nous faire ressentir ces décharges d’adrénaline, cette peur pour les soldats, et entendre ce bruit constant et assourdissant, cette torpille qui heurte un navire de la Croix Rouge alors qu’on pense que tout va aller au mieux, le mitraillage de la plage, etc. 


Pour ceux qui iront sans connaître le déroulé de cette opération le vivront comme un film historique à suspens ; Pour les autres, la reconstitution est impressionnante, les personnages, même secondaires, sur le fil, et le spectateur collé à son fauteuil priant pour eux. 

 Reste à préciser que 338 226 soldats ont été évacués, laissant sur place des tonnes de matériel et des milliers de prisonniers, non pris en charge par manque de temps (ou qui ont bataillé jusqu’à la dernière minute pour retarder l’armée allemande, notamment des héroïques unités françaises) et que près de 400 bateaux (tous tonnages confondus) ont été perdus par les flottes britannique et alliés.


Cette opération marque aussi le début de la résistance britannique face l’hégémonie nazie, sans qui le sort de la guerre eut été bien différent.


Et comme le martèle alors Churchill, toujours d’actualité, malheureusement :


 « We shall never surrender(1) »


Réalisateur : Christopher Nolan
Acteurs : Fionn Whitehead, Kenneth Branagh, Cillian Murphy, Mark Rylance, Tom Hardy, James D’Arcy,Tom Glynn-Carney, Harry Styles, etc.
Durée : 1h47
Sortie : 18 juillet 2017
 


 

(1) "Even though large tracts of Europe and many old and famous States have fallen or may fall into the grip of the Gestapo and all the odious apparatus of Nazi rule, we shall not flag or fail. We shall go on to the end. We shall fight in France, we shall fight on the seas and oceans, we shall fight with growing confidence and growing strength in the air, we shall defend our island, whatever the cost may be. We shall fight on the beaches, we shall fight on the landing grounds, we shall fight in the fields and in the streets, we shall fight in the hills; we shall never surrender, and if, which I do not for a moment believe, this island or a large part of it were subjugated and starving, then our Empire beyond the seas, armed and guarded by the British Fleet, would carry on the struggle, until, in God's good time, the New World, with all its power and might, steps forth to the rescue and the liberation of the old."

 

http://www.parisladouce.com/

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