Saturday, December 15, 2012

Discussion de sourd(s) entre un coeur et un cerveau


Ce petit organe est dernièrement soumis à rude épreuve. Il fonctionne d’ordinaire plutôt pas mal et n’a, généralement, aucun problème à ne pas bouger d’une once là où le commun des mortels s’emballerait trop vite.

Mais, il arrive que mon petit cœur, puisque c’est de lui dont je parle, soit soumis à un stress et une pression tels qu’il ne réagisse pas aussi bien qu’à l’accoutumée et qu’il lâche prise. Dans ce cas-là, mon cerveau (toujours à l’affût d’un mauvais coup celui-là) reprend le pouvoir et impose des mesures drastiques.

Dernièrement, alors que mon cœur affichait allégrement un tempérament idyllique et largement épanoui, un léger coup de blizzard a gelé les rouages et le cerveau s’est engouffré dans la faille.

Inutile de vous dire que la discussion a été particulièrement peu amicale entre deux éléments indisciplinés et incapables de s’entendre…



Cœur : Eh, ho, tu vas me gonfler longtemps, toi ? Je te dis que je gère !
Cerveau : Y’a du mou dans les rouages ! Tu vas m’obéir, oui !
Cœur : Non. Jamais !
Cerveau : Tiens, pour le coup, je demande à mes services de ne plus t’alimenter en oxygène ! Tu vas bien finir par céder !
Cœur : Jamais ! (oh, merdus, il ne plaisante pas ! Je commence à manquer d’air !).
Cerveau : Tu te rends bien compte que tu fais une erreur monumentale à être gentil comme cela. Tu dois être plus intransigeant. Ne rien céder. Ne jamais rien montrer. Réfléchir ! Réfléchir ! Réfléchir ! Et trancher dans le vif, nom de Dieu !
Cœur : Pas la peine d’être grossier ! Si je veux être gentil et tout Amour, moi !
Cerveau : Ne fais pas ton crétin ! L’amour ! Mais qu’est-ce que tu y connais ? Hein ? Tu t’emballes, tu exaltes, tu soupires, tu pleures et tu te brises ! Ah, bravo, Monsieur le grand amoureux ! Reste dans ton domaine de compétence : fais marcher la mécanique, je m’occupe du reste !
Cœur : Ah, oui ! On peut compter sur toi et ta logique froide ! Pas de sentiment, pas d’émotion, tout cacher ; Et je te le demande, où caches-tu tes émotions ? Dans un de mes tiroirs ! C’est pratique d’accuser les gens quand on planque des choses pas très nettes chez un voisin !
Cerveau : Cette discussion est stérile, tu ne comprends rien. A quoi cela te sert de te faire souffrir comme cela ? Tu ne serais pas mieux, toujours heureux, sans d’émotion forte ? Après, tu pleures et tu emmerdes tout le monde avec tes états d’âme ! Même l’aorte se plaint de ta mauvaise humeur !
Cœur : L’aorte, je l’emmerde ! Elle n’y comprend rien à l’Amour…
Cerveau : L’amour est une invention ! Une chimère pour éviter que les hommes se foutent en l’air dès leur premier jour de réflexion ! Et arrêtes de mettre un A à amour, c’est ridicule !
Cœur : Je gère, je te dis !
Cerveau : Tu ne gères rien du tout ! Bon, écoutes, c’est simple. Tu oublies ton coup de cœur du moment, tu prends des vacances, tu penses « noël, sapin, guirlandes, boules et foie gras », tu t’enveloppes dans du papier cadeau et tu joues au lutin… Moi je m’occupe de zigouiller ce coup de cœur à grand renfort d’arguments logiques et imparables. T’aimes pas Noël, toi ?
Cœur : OH OUI !!! Beaucoup !
Cerveau : Allez, hop, c’est parti ! Tu gères Noël, moi le reste !

Du coup, mon cœur s’est encore fait avoir par mon cerveau…. Et il continue à soupirer malgré son affolement à la vue d’un sapin de noël…

2 comments:

  1. "L'aorte, je l'emmerde !" Aussi improbable que délicieux à lire !

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    Replies
    1. Improbablement, quelqu'un (vous) a aimé mon texte ! Merci :) Beaucoup.

      Delete

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