Wednesday, November 29, 2017

[Cinéma] Chronique cinéma - La Promesse de Terry George... la promesse d'amours !




1914, la Grande Guerre menace d’éclater tandis que s’effondre le puissant Empire Ottoman.À Constantinople, Michael, jeune étudiant en médecine arménien et Chris, reporter photographe américain, se disputent les faveurs de la belle Ana. Tandis que l’Empire s’en prend violemment aux minorités ethniques sur son territoire, ils doivent unir leurs forces pour tenir une seule promesse : survivre et témoigner. 

Présenté en avant-première au festival du cinéma américain de Deauville cet été, le nouveau film de Terry George, cinéaste engagé, faisait déjà parler de lui bien avant sa sortie officielle. En effet, le sujet, peu évoqué au cinéma (Robert Guédiguian signant le vibrant et magnifique « Une Histoire de Fou » en 2015 par exemple) crée bien souvent des polémiques : le massacre du peuple arménien par les autorités Turques durant la première Guerre Mondiale.

Terry George livre une fresque de plus de deux heures avec un souffle romanesque, presque à l’ancienne, sur fond de génocide et de géopolitique. 

Bien que le triangle amoureux, maintes fois proposé, dans toutes ces variantes, ait pu faire craindre un affadissement du sujet, et en faire un cliché, le scénario nous offre trois personnages attachants et dont la bienveillance et l’humanité sont de bien beaux atouts dans notre période troublée. 

Le personnage d’Ana, la belle dont les deux hommes se disputent le cœur, offre une palette amoureuse même s’il est évident que la passion penche nettement pour l’un des protagonistes.  
 

Le film porte également sur l’amour de la famille, l’affection, la sincérité et même, l’impuissance, dans la réaction du personnage interprété par Christian Bale, faisant écho, encore, de nos jours.

La force du film réside également dans la réalisation elle-même. Terry George filme à l’ancienne, avec un lyrisme romanesque peu vu depuis les grandes fresques hollywoodiennes. Il mêle la petite histoire à la grande Histoire, l’amour à la mort, l’idéalisme à l’intérêt, etc.

Bien sûr, çà et là, on notera des petites incrustations numériques étranges dans la Turquie du début du 20e siècle, ou des (petites) longueurs mais il ne faut pas vous arrêter à cela. 
 


Il faut regarder le film comme deux histoires d’amour, différentes, embrouillées mais touchantes qui sont percutées de plein fouet par un énième drame contre l’humanité, encore sensible de nos jours, le génocide arménien, avec juste ce qu’il faut pour éclairer ce pan d’histoire.

Il faut le regarder à travers les yeux des deux personnages masculins, non pas parce qu’Ana n’est pas intéressante (au contraire, Charlotte Le Bon campe une femme forte, trouble, intelligente et douce, et vraiment très belle), mais parce qu’ils traduisent l’ambiguïté, la peur, l’espoir, l’innocence et le désespoir, notamment pour le personnage campé par Isaac. 


Il faut avoir en tête cette période d’Histoire coincée dans le tumulte de la Grande Guerre, dans les tensions politiques, dans les enjeux économiques, les influences, les pressions… pressions qui subsistent encore maintenant puisque le film a subi, avant sa sortie, donc, une vague de commentaires extrêmement négatifs, émanant, principalement, de la Turquie.

Loin de moi l’idée d’exposer ma propre vision de ce massacre ethnocide, cependant, je ne peux que vous inciter à aller voir ce film romanesque, éclairant une partie de l’Histoire, de vous documenter, de comprendre, d’appréhender et de vous faire votre propre opinion… et d’apprécier l’histoire des amours d’Ana… 

Restent les interprétations des trois acteurs qui jouent, à l’ancienne, ce trio d’amoureux et d’idéaliste, vibrants et humains, avec une mention spéciale pour l’incontournable Oscar Isaac (trois films en cet fin d’année 2017… un bonheur !).





Acteurs : Christian Bale, Oscar Isaac, Charlotte Le Bon, Daniel Giménez Cacho, Shohreh Adhdashloo, Marwan Kenzari, Angela Sarafyan, Tom Hollander, etc. 

Réalisateur : Terry George

Durée : 2h13

Sortie : 29 novembre 2017 (aujourd'hui !)