Friday, December 16, 2016

[Cinéma] Chronique cinéma - Manchester By The Sea - Kenneth Lornigan - Le bijou de fin d'année !!



 

Suite au décès de son frère Joe, Lee Chandler, issue d’une famille de la classe ouvrière du Massachusetts, est désigné comme tuteur de son neveu adolescent, Patrick. Il revient donc dans la ville et la communauté où il est né et a grandi. Il doit alors faire face à un passé tragique qui l’a séparé de sa femme, Randi, le poussant à s’isoler, à travailler comme homme d’entretien d’un immeuble à Boston et se couper des autres.

Manchester By The Sea est un film aussi délicat que rude, riche et intense que léger et doit largement ces compliments à son acteur phare : Casey Affleck. 

Pour ceux qui réduiraient Casey aux performances (aléatoires) de son grand frère (Ben, donc), se trompent ! Casey Affleck est de ses acteurs toujours justes, même s’il est souvent cantonné à des rôles sombres, tiraillés et profonds. 

Présenté au festival du film de Sundance, Manchester By The Sea est la combinaison de personnages, de touches par-ci, par-là qui dépeignent l’histoire des membres de cette famille ordinaire et de ceux qui gravitent autour d’elle, à coups de flashbacks parfaitement disposés. 

La scène d’ouverture, sur un bateau – pêcheur, avec les deux frères et le petit garçon de Joe, possède des couleurs incroyables qui renforcent ce flashback et cette atmosphère ouatée qui va voler en éclats.
Le personnage de Lee (Casey A.) est décrit, dès le début du film comme un homme isolé, en colère, avec un tempérament explosif, toujours prêt à en découdre dans les bars, avec ce sentiment de remords et regrets. 

 
Lee est un homme brisé et sa brisure, dont on ne sait rien pendant une longue partie du film, se lit sur son visage lorsqu’il apprend la mort de son frère aîné, Joe. Lee va devoir prendre en charge son neveu qui a désormais seize ans et qui n’entend pas être cadré. De plus, les intempéries repoussent les funérailles, laissant le temps à l’oncle et son neveu, d’être face à face, seuls, avec leurs peines et leur humour. 

En cela, les silences et/ou les dialogues sont percutants et font rejaillir toute la peine et la douleur dans les moindres gestes, notamment du personnage de Lee. 


Il est coupable, à moitié convaincu de son innocence et à moitié de sa culpabilité, incapable de s’excuser ou d’accepter des excuses, paralysé par la douleur et la peine. Pourtant, il a l’intelligence d’accepter ces paradoxes et de réaliser l’ampleur de ces ambiguïtés. 

Ce film parle de la vie, de la mort, de la peine sans issue ou sans solution de sortie. Cela parle de la classe ouvrière, de ces personnes qui luttent pour survivre aux circonstances. Cela parle du poids de l’absence, de l’horreur insurmontable par une personne face à la tragédie d’une vie et comment essayer de vivre après ça ?
  
Je ne vous révèlerai pas « l’insurmontable » de Lee, qui, par ailleurs, est dévoilé à la moitié du film car le crescendo est palpable et vaut largement d’accompagner le personnage principal sur cette route.

L’histoire se concentre sur Lee et Patrick, sur les petits détails d’une vie, sur comment un oncle peut discuter et aider son neveu qui vit une situation amoureuse délicate, comment gérer le bateau de son frère, les avocats, les pompes funèbres, les amis, la mère alcoolique de Patrick. 


Tous ces petits riens mis bout à bout qui forment une vie, en plus de la peine et des tourments personnels intérieurs. 

Ne croyez pas que ce film est larmoyant sur deux heures dix-sept, on rit aussi. Le script regorge de petits moments ridicules, ubuesques qui détendent l’atmosphère. Les personnages de Lee et Patrick possèdent cet humour à froid, grinçant parfois, touchant souvent, qui fait sourire malgré tout. 

 
Là, aussi, le film est brillamment mis en scène. La lumière, les paysages de ce côté du rivage de l’état du Massachusetts, les rues enneigées de Boston, cette pâleur, tout est à la fois ouatée et rude, poétique mais réelle. 

Je dois avouer, et même si j’ai un (gros) faible depuis bien longtemps sur l’acteur, qu’avec ce rôle, Casey Affleck signe là une performance formidable et il serait fort dommage qu’il ne soit pas honoré d’un prix pour ce rôle (merci aux Oscars, entre autres, de ne pas l’oublier !). 

Sa scène de retrouvailles avec son ex-femme, Randi, jouée par Michelle Williams (excellente) en est la plus belle preuve.


Manchester By The Sea est un film humain, à hauteur d’un homme, au gré des saisons, comme une pommade sur une plaie qui laissera, malgré tout, une profonde cicatrice. C’est un film généreux en sentiments, débordant d’amour (au sens large du terme) et cela fait du bien.

C’est clairement l’un des plus jolis films vus depuis de longs, longs mois.


Pour la petite histoire, le réalisateur Kenneth Lornegan a vu son précédent film, « Margaret », non diffusé par les studios qui voulaient faire des coupures non acceptées par Lornegan. Ce joli film sortira des années plus tard directement en VOD… et cette ville existe vraiment. 


Manchester By The Sea

Réalisateur : Kenneth Lornegan

Auteurs : Casey Affleck, Michelle Williams, Kyle Chandler, Lucas Hedge, Gretchen Mol, etc. (y compris le revenant Matthew Broderick dans un petit rôle !).

Durée : 2h17

Sortie : 14 décembre 2016




NDLA : J'étais déjà un brin dingo de Casey, maintenant, c'est définitivement entériné !

En association avec :
http://www.parisladouce.com/

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