Tuesday, June 24, 2014

Paris des Lecteurs/Explication de Texte (pas) humoristique : Un passage de livre..

Depuis son premier roman (« Thornytorinx » – Editions Belfond- 2005), j’aime Camille de Peretti : son écriture, ses mots, sa vision, son flux, et elle. Elle est aussi intelligente que belle, drôle que réservée, fidèle qu'éparpillée.

J’aime ses petits messages gentils et toujours pleins de tendresse.

Son dernier roman est dans la lignée de ses précédents : un pur bonheur de lecture.

Alors, j’ai décidé de commenter un passage de « Petits arrangements avec nos cœurs » (Stock – 2014) ;


Premièrement, parce que cette histoire m’a interpelé ;

Deuxièmement, parce que seule Camille de Peretti peut me troubler sur un seul passage ;

Enfin, parce que les lignes me parlent intrinsèquement.

Alors, cela ne sera pas un texte humoristique mais réellement réaliste, bien ancré dans les sentiments que l’on peut éprouver ; De ceux qui restent quelque part en nous et qui ressurgissent, souvent, au plus mauvais moment.

Ce qui suit n’est pas une généralité. Je connais de nombreuses personnes à qui cela n’est jamais arrivé ; Qui n’ont jamais connu ce sentiment, cette électricité, ce mélange aigre-doux dans une relation.

A ces personnes, je dirais simplement qu’ils ont de la chance dans leur malheur.

D’un côté, connaître de telles émotions est une bénédiction car cela rend la vie plus intense, plus belle ; De l’autre côté, ne pas les connaître, c’est vivre sans avoir le cœur brisé et avec une relative paix de l’esprit.

Évidemment, à choisir, je préfère encore le cœur en miettes plutôt que la morne plaine émotionnelle.

Quoique !

Ces quelques phrases me parlent car j’ai connu ce genre de relation. J’ai eu en face de moi ce type de garçon qui sait exactement transpercer la cuirasse et sait précisément comment être aussi indélicat que chaleureux, froid que charmant, aussi mystérieux que proche.

Quelqu’un qui vous connaît, qui sait quoi dire, quoi faire pour vous doper ou vous réduire à l’état de « cerveau en surchauffe » ; Quelqu’un qui partage vos valeurs,, vos idées, vos mots et maux, mais s’enfouit dans les draps de l’indifférence affective ; Quelqu’un qui sait rester accrocher à votre regard, sans sourciller, car il sait fondamentalement que vous ne le baisserez pas alors que le plus simple serait de fuir.

Puis, il y a cette distance imposée chaleureusement impersonnelle. Ce mélange d'intimité et de mise à distance qui ne sied pas à toute relation. Il faut être sûr de la personne en face pour ne pas commettre d'impair qui pourrait vous coûter ce lien précieux.

Cette distance est souvent un signe de pudeur mais elle peut générer, à la longue, des incompréhensions et l'indifférence.

Et il y a aussi, quelque fois, ce côté vieux « amants » n’ayant jamais consommé qui se parlent du bon vieux, très vieux, temps.

Cette froideur apparente est particulièrement difficile à accepter surtout quand vous savez fondamentalement que cette personne vous capte immédiatement. Comme un lien étrangement familier. Comme s'il y avait une histoire passée entre vous, invisible mais profonde.

Pour en revenir au passage de ce roman, cette histoire d’amour baroque et bancale est dans la lignée de son excellent roman reprenant le thème des liaisons dangereuses (« Nous Sommes Cruels » - Stock 2006).

Les liaisons dangereuses sont forcément les plus fortes, et par là les plus vivantes, intenses et donc les plus joliment et éternellement mortelles.

Personnellement, je préfère encore cela au côté morne plaine de certaines relations qui s’écoulent tranquillement ad nauseam (sauf pour les intéressés qui s’accommodent très bien de ce manque de panache).

Tiens, cela m'a fait penser à cette chanson...


Depeche Mode "It's Not Good"




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