Sunday, May 11, 2014

Lisa sur le Bûcher !???


Mon « attentive » lectrice, la plus critique aussi (rappelez-vous la charge sur l’Histoire !), a encore frappé (anonymement, of course… courage quand tu nous tiens !).

Je cite :

« Votre mère est hospitalisée, et visiblement ce n’est pas anodin et vous postez un papier sur un enterrement dans la smala, précisez la date d’un concert, et tweetez des commentaires sur un chanteur etc. Je trouve cela révoltant ! »

Et je passe sous silence le couplet religieux... auquel je répondrai juste par cette phrase sortie de mon éducation (cela la fera réfléchir dix secondes) : 

"[...] Tout homme qui se présente comme expert ou juge se rend par là même suspect [...]"*

Ma première réponse a été un juron bien senti que j’ai énoncé seule devant mon ordinateur !

Heureusement que cette personne m’est étrangère ! Ce qui n’est guère étonnant, car ceux qui me connaissent ne sont pas étonnés par mon activité virtuelle.

Ils savent que mon cerveau fonctionne de cette façon : clapets d’aération obligatoires. 

Ces aérations sont l’écriture, la lecture et la musique !

Alors :

- Oui, j’écris sur mon blog (par ailleurs, seuls les papiers du 9 mai et d’aujourd’hui ont été écrits post-hospitalisation ; les autres ayant été programmés avant !),

- Oui je deviens dingo parce que Damon Albarn (le chanteur en question) est partout (France Inter, Canal Plus, etc.) compte tenu de la sortie de son album solo,

- Oui, je vais à la maison de la presse (de l'hôpital) compulser les magazines histoire de ne pas louper un article sur lui,

- Oui, j’écoute de la musique (principalement Blur en ce moment) toute la journée,

- Oui, je finis mes cours sur Alexandre le Grand (sur Edx),

- Oui, je suis souriante la plupart du temps,

- Oui, désolée, j’ai un cerveau.

Cela ne m’empêche pas d’être particulièrement inquiète pour ma maman, de ne pas savoir de quoi sera fait demain, après-demain, dans un mois, à Noël prochain, et de me torturer l’esprit parce que je ne travaille pas, que j’ennuie mes collègues, que j’inquiète mes amis, que tout mon monde ne tourne qu’autour de ce que je fais, pense, ressens, dis…

Parce que je n’aime pas être le centre du monde.

Je n’ai jamais appris à m’épancher, à dire quand cela ne va pas.

Chez nous, c’est marche ou crève.

On a appris à encaisser, à avancer, même en courbant l’échine, à sourire même quand cela ne va pas.

Alors me faire monter sur le bûcher parce que la majeure partie de mon cerveau fait ce qu’il sait faire de mieux (protéger la partie sensible de la bestiole), c’est injustifié et réellement absurde !

Ma partie artistique est un aspect essentiel de mon être. Je ne peux pas vivre sans ces bulles d’air.

Ma mère le sait et, d’ailleurs, la première question qu’elle m’ait posée le lendemain du concert sur France Inter, c’est « Alors, Damon, il était comment ? Et s’il te plaît, ne hurle pas, tu vas ameuter les internes ! ».

Parce que ma maman me connaît, elle sait que ma vie artistique contrebalance tout le reste et que tant que j’ai cette vie-là, je pourrai (presque) tout endurer.


Alors quitte à me rendre sur un bûcher, j’irai de mon plein gré ! Et comme mon éducation me l'a appris, pour le reste je verrai directement avec "le Patron" quand je présenterai devant Lui.

Maintenant, si je dois vraiment monter sur le bûcher, cela sera avec du Albarn en fond sonore, merci !


Damon Albarn "Lonely Press Play" (entre sa voix et le reste...)






* Huldrych Zwingli 1522 - "De la parole de Dieu"