Thursday, October 03, 2013

J'ai testé pour vous : faire une séance de dédicaces


Bon, oui, j’ai effectivement assuré la promo de mon roman « Liverpool Connexion ». Le petit et la maman se portent bien mieux (même si la maman a tendance à rougir débilement à chaque évocation de son rejeton ; la fierté ?).
Bref, parmi les possibilités de promo, il y a la séance de signature. Autrement dit, vous êtes exposé(e) à tous les vents, toutes les paroles (peu) aimables, tous les commentaires gratifiants mais qui vous font rougir jusqu’aux oreilles, etc.
Cet été, je n’y ai pas échappé, mais rien à signaler. Les libraires étaient des anges (L’Arbre à Palabres à Ribérac, en Dordogne) et les personnes qui sont venues à ma rencontre ont été courtoises, intéressées et drôlement gentilles ; j’ai passé une journée plaisante avec ce sentiment du devoir accompli.
Cependant, depuis mes débuts d’auteur, j’ai subi quelques séances y compris au Salon du Livre de Paris et j’en ai tiré quelques portraits :
Celui qui passait par là : il arrive dans la librairie, bien déterminé à ne pas se laisser influencer par « le choix du libraire ». Il a lu une critique dans un magazine spécialisé et il veut « celui-là ». Soudain, il vous aperçoit et vous reluque du sol au plafond. Il s’approche et vous bombarde de questions subtils : « C’est vous, l’auteur ? », « Vous l’avez écrit, ou c’est un nègre ? », « Vous le trouvez bon ? ». Après un interrogatoire digne d’un passage au 36 quai des Orfèvres, il vous salue et vous dit « Bon, ben, bonne chance, alors ! » avec un livre de poche sous le bras qui vous fait penser qu’il ne sait même pas lire.
Celui qui vient à cause de la pub : il a lu tous les articles publiés sur vous et veut voir la bestiole de plus près. Il vous signale que le journaliste a fait une faute d’orthographe, que vous avez l’air « plus sympathique que sur la photo », que votre bouquin est « bien mieux que celui de XX » et que vous lui êtes très « sympathique, finalement ». Il vous demande un autographe sur son exemplaire pour sa « vieille tante » qui aime aussi beaucoup ce « genre de trucs ». Ravie d’avoir fait votre connaissance, Monsieur ! Il part avec un « À bientôt, si l’imagination ne vous quitte pas ! ». Gloups !
Celle qui a « adooooooooooré » mais qui ne sait plus le titre : « J’ai adoooooré votre dernier livre ». Celui qui sort aujourd’hui ? « Heu, non, alors, le précédent ? ». Mais alors, vous avez aimé les nouvelles de tout le monde ? « Ah, non pas celui-là, alors ! ». Au bout de quinze minutes de « Tu te rappelles le titre ou non ? », elle achète le dernier, a sa dédicace, vous mitraille avec son Smartphone et repart en hurlant dans son téléphone « Merdus, elle est hyper sympa, mais elle est plus vieille que je le pensais ! ». Merci, Mademoiselle, toi, aussi, un jour, tu auras besoin d’un contour des yeux !
Le membre de votre famille embarrassant : Il/elle arrive et dit tout-de-go « C’est… » (ma fille, ma nièce, ma cousine, ma sœur, ma petite-fille, ma tante, etc. au choix du roi). Elle raconte des anecdotes sur vous quand vous aviez trois ans (et donc aucune possibilité de contrôle sur vos actes, pas encore !) ; Il/elle branche tous les lecteurs/acheteurs potentiels, fait le service de com’, de presse, et plus si affinités. Vous finissez rouge écrevisse et arrivez même à faire une faute d’orthographe sur la simple phrase « Benne lecture »… grandiose ! Mais, au final, vous avez un de vos prochains personnages qui sera, malencontreusement, assassiné dès la troisième page !
La fan (le fan marche aussi) : alors elle, elle vous le dit d’emblée. Elle aime votre style, vos mots, votre imagination. Elle a aimé XX, le personnage le plus loufoque de la terre. Elle a vanté vos mérites à toute sa famille et a même traîné son mari au Salon (le pauvre, il vous sourit l’air apeuré par tant d’auteurs). Vous discutez longuement et elle repart avec sa dédicace heureuse comme tout. Vous êtes à la limite de l’épouser et vous souriez aux anges durant toute la journée. Même le monsieur du stand d’à côté, pas aimable, vous paraît adorable.
Parmi tous ses potentiels lecteurs, il y a aussi les libraires. Ceux qui misent sur vous (et pas parce que vous êtes connu(e) ou non) ; ils ont lu l’ouvrage, aimé, et parlent de vous comme de quelqu’un de valeur.
Parmi toutes mes rencontres depuis 2008, je dois reconnaître que même les pires ont été agréables au final, car si on écrit, c’est aussi pour être lu (même si dans mon cas, écrire a été longtemps suffisant).
Et quand je dis lu, ce n’est pas par des milliers (bon, oui, si les milliers veulent lire mon roman, ne vous privez pas… Je vous note les références ci-dessous, au cas où… ha !), mais ne serait-ce que toucher une ou deux personne(s) par mes mots me suffit amplement comme idée directrice.
Car, dernièrement, lors d’un cours pris sur les Héros de la Grèce Antique, j’ai retenu une phrase : So long as the idea of the hero is alive, the word about the hero will be a living word. And if the word is alive, the hero will live on.
Les mots survivent toujours. Et c’est là l’essentiel. Alors quand vous croiserez un auteur en signature, merci de lui sourire même si son livre est nul, mal écrit, etc. Il s’est donné du mal pour le formuler et a sûrement encore plus peur qu’il ne veut bien le montrer. Etre en première ligne n’est pas aisé, surtout pour quelqu’un qui est censé être derrière un ordinateur la plupart du temps.






Titre : Liverpool Connexion
Auteur : Lisa Giraud Taylor
Maison d’édition : Trinôme Editions
Numéro ISBN : 9791091626071
Nombre de pages : 390



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