Friday, November 02, 2012

Tolérance 1 - Monde 3

En tant que résidente marseillaise, vous imaginez bien que l’histoire du « kiss-in » allait me donner l’occasion de reprendre mon bulletin « Tolérance/Monde ».
Honnêtement, je n’ai aucun intérêt à commenter l’opinion d’une ou l’autre des parties. La manifestation était ce qu’elle était, le geste des deux jeunes filles aussi, le photographe présent. Bref, les faits sont là. Qu’elles aient vu ou non le photographe et aient provoqué le « buzz », cela n’est pas la question.
Chacun est libre de ses opinions et a, heureusement, encore le droit de manifester pour les faire entendre.
Comme chacun est libre de ne pas aimer une manifestation que l’on trouve non-fondée.
Dans mon entourage, il se trouve de nombreuses personnes qui ne comprennent pas ma position et qui me reprochent constamment ma « tolérance » envers certains « travers de la société ».
Je fais, à chaque fois, partie de ceux que l’on raille pour avoir une opinion tranchée et singulière.
Je pars du principe que le monde bouge, que la vie évolue, que les mœurs ne peuvent pas être figées et qu’il faut bien essayer de contenter tout le monde.
Je ne réclame pas non plus des provocations stupides qui desservent les causes (nobles ou moins nobles).
Ce baiser entre deux filles devant des manifestants peut paraître déplacé, provoquant ou même idiot, mais il est fondamentalement beau.
Un geste parmi un autre qui peut faire parler les personnes entre elles.
C’est ce qui manque le plus, à mon humble avis, de nos jours : le dialogue.
On ne parle plus, on impose. On n’explique plus, on applique des lois. On ne s’exprime plus, on envoie des emails.
C’est plus simple d’écrire que de dire. Pourtant un mot dit est souvent plus engageant qu’un mot écrit (et là, l’auteur que je suis me souffle « t’es folle ou quoi ?").
Le problème avec les mots est qu’il faut qu’ils soient entendus et, désormais, on est libre sur Internet de parler et dire ce que l’on veut (ou que l’on croit pouvoir dire), mais on ne parle pas à son voisin, à ses parents ou même à une personne à qui on rêve de parler.
On perd petit à petit la liberté d’expression orale pour une expression virtuelle qui est censurée par un conservatisme grandissant.
Tout le monde y perd.
Alors, oui, je trouve ce baiser joli et bien senti pour lutter contre l’intolérance, mais il est aussi intolérant de ne pas laisser les autres s’expliquer sur leurs convictions profondes.
On est libre(s) de penser (ce qui est mon cas) qu’un enfant peut être aussi bien élevé avec deux personnes du même sexe qu’avec un couple conventionnel.
J’ai pourtant été élevé par deux parents dits « normaux » et qui n’ont pas spécialement un esprit très libéral au sujet des droits des homosexuels, mais qui ont toujours laissé le libre arbitre à leurs enfants en matière de pensées et d’opinions.
Alors, oui, aujourd’hui, c’est encore le monde qui a gagné.
Tolérance 1 -  Monde 3

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