Friday, September 14, 2012

déjà-vu ....


La nuit, dernière, j’ai rêvé d’une conversation avec une ancienne collègue de travail, dans un lieu improbable, avec des tenues qui ne l’étaient pas moins, avec en toile de fond mon mariage (c’est dire toute l’énormité de la situation).

Quand je me suis réveillée, j’avais l’impression d’avoir :

1° Passé la nuit avec mon ancienne collègue à ne rien dire que des inepties,
2° Porté une tenue qui ne pouvait pas me mettre en valeur à ce mariage équivoque,
3° Décidé d’épouser le premier quidam du coin avec l’aval hystérique de ladite collègue,
4° Perdu la tête définitivement.

Je suis restée avec ce rêve une bonne partie de la matinée, espérant que je n’aurais pas l’outrecuidance de produire l’épisode deux la nuit suivante quand une copine m’a appelé pour me raconter son rêve.

Son entame était comme du déjà-vu : « J’ai rêvé de Josiane et de ton mariage ».

Elle avait rêvé de mon ancienne collègue et de mon mariage. J’ai dégluti et j’ai feint l’indifférence, voire l’amnésie.

Moi : « Josiane ? »
Elle : « Oui, oui, la grande blondasse avec qui tu bossais chez les avocats ! »
Moi : « Ah oui, je me souviens vaguement »

Tu parles, vaguement, j’avais passé la nuit à lui montrer mes robes de mariées pour finir au pied de l’église avec une meringue monumentale !

Et la voilà qui m’explique son rêve, ce qui me plonge dans le mien.

A ce moment précis, j’ai ressenti une belle impression de déjà-vu et ce n’est pas la première fois.

Au Moyen Âge, j’aurais été brûlé sur le bucher pour moins que cela.

Les sensations de « déjà-vu » sont fréquentes dans mon cas. Je me demande souvent si je l’ai rêvé, vécu ou tout simplement si mon cerveau n’est pas plus gravement atteint que je le pense !

Je ne compte plus le nombre de fois où quelqu’un m'exprime un propos que j’ai déjà « entendu » mot pour mot, ou, le plus incroyable, j’arrive quelque part en connaissant précisément les lieux (et sans tricher sur Google Map !).

Ce côté un brin « sorcière » est assez déstabilisant quand cela en vient à se retrouver face à une personne qui vous dit exactement ce qui vous avez prévu ou qui agit à la vision près.

C’est inexplicable, complètement farfelu, mais terriblement réel. La sensation de savoir à l’avance, de deviner ou même de comprendre le déroulé avant même que cela se produise, provoque toujours une angoisse intérieure sourde.

Il faut aussi reconnaître que cela ne s’applique pas systématiquement et tous les jours (sinon, en sus du bûcher, j’aurais droit à la camisole), mais uniquement, et spécifiquement sur des personnes ou des lieux dits « à part », un brin non-conformistes.

Ce sentiment d’être à part, comme marginal, me fait me préserver de toute confidence trop intime au risque de passer pour une écervelée (au mieux) ou une pythonisse moderne (au pire). 

Cependant, il existe des Kamikazes qui prennent le risque de chercher à mieux me connaître (merci à vous) ! 

Evidemment, le désavantage peut épisodiquement être traumatisant. M’imaginer (que dis-je !), me voir dans une robe meringue m’a  profondément indigné !