Sunday, July 08, 2012

Comment je suis devenue auteur


Je vais éviter l’habituel : « Je suis née auteur » (oui, auteur, pas auteurE… Il ne faudrait pas me chercher dans le camp de la féminisation des noms !).  Même si cela est un peu vrai…

Petit résumé familial (et attention, nous sommes des originaux !) : entourée de grands cousins et leurs petites copines, j’ai donc appris à lire, à écrire et à compter à trois ans. Je savais déjà mes tables de multiplication à cinq ans et j’écrivais couramment, sans problème majeur, à 6 ans. La littérature est une seconde nature chez nous avec un large et divers choix de livres à tous les étages et dans tous les meubles imaginables  (français, anglais, irlandais, russe, italien, hongrois). Des classiques, des nouveautés, des raretés et des tonnes de livres d’Histoire. Bref, tout ce qu’il faut pour occuper une petite fille lors des longues soirées d’hiver en Périgord (je rappelle qu’il fait très froid l’hiver dans ce joli bout de terre). J’avais donc pour occupation dès mon septième anniversaire d’écrire des petites histoires sur les animaux (coccinelles, escargots, entre autres) ou des petits poèmes (ma maîtresse de CM2 en avait gardés et me les a redonnés il y a quelques mois… Trop mignons !). Une des vieilles cousines de mon grand-père disait régulièrement : « Cette petite écrit ses mémoires ! ».



Bref, j’ai toujours su quoi faire lorsque j’avais dix minutes : écrire. Cela et prendre des photographies avec mon premier appareil photo.

A dix ans, je rédigeais des histoires courtes basées sur les films ou les dessins animés. Je les prolongeais en mettant ma patte et je trouvais cela absolument « génialissime » de les réinventer à l’infini.

Je suis évidemment passée par tous les stades : du génie à la nullité absolue, de l’envie à la fureur, de l’excitation d’une lecture à la peur bleue de décevoir. Puis, j’ai compris vers quatorze ans que je ne devais écrire que pour moi, pour m’extirper ces histoires de mon pauvre cerveau (qui a dit malade ?) sans penser à ceux qui les liraient. De toutes les façons, je ne les faisais lire qu’à mes grands-mères. Elles étaient de très bonnes critiques, et je n’avais pas d’appréhension devant elles.

A cette époque, j’ai décidé de créer mes propres histoires avec mes personnages, leurs émotions et leurs vies et j’ai découvert le fabuleux destin d’un auteur : se laisser porter par les personnages qui vous imposent petit à petit leurs visions et leurs envies. Oui, je vous assure, même si je peux être très disciplinée et/ou péremptoire dans mon écriture d’un roman (idée directrice, noms, prénoms, fonctions, bases familiales, contextes, habits, physionomies, etc.), j’ai été surprise de constater que ces derniers arrivaient à m’obliger de modifier mon déroulé.
Cela peut sembler étrange mais un personnage n’est pas une (réellement ?!) prolongation d’un auteur (rarement dans mon cas, sinon je serais schizophrène !) mais un être à part entière. Et, comme chaque individu, il fait des choix qui appliquent la théorie de « l’effet papillon »… sans tenir compte de mon avis (évidemment !).

Donc, j’ai continué à écrire des romans, des histoires courtes, des poèmes, des impressions ; J’ai disserté sur des sujets d’Histoire (mon cursus universitaire) et j’ai approfondi mon appétence pour les mots et les créations.
Etant amoureuse de mon village d’enfance (et berceau d’une infime partie de ma famille), j’ai, à la demande de ma grand-mère maternelle, décidé de rédiger une monographie et j’ai entrepris de long périple (p…… cinq ans) entre archives poussiéreuses (bonjour les éternuements et les boîtes de kleenex !), les livres anciens à dénicher et lire (et l’évanouissement devant le prix affiché !), les traductions latines (Celerius quam asparagi cocuntur !), les photographies à prendre, les entretiens des anciens, les poilus à dénombrer et à retrouver où qu’ils se trouvent (et qui sont devenus « mes hommes »), etc.

Le bonheur est arrivé un matin où, après deux longues semaines à envahir la maison familiale à tous les étages par mes brouillons, feuillets, archives et annexes, j’ai eu sous les yeux : mon livre.

Encore fallait-il trouver un éditeur ! J’ai eu de la chance puisqu’un éditeur régional avait passé ses vacances dans mon village et sa famille y avait possédé une maison. Coïncidence ou non, nous avions évoqué mon livre et il avait suivi mon cheminement grâce, notamment, à mes achats de ses publications.



Je vous passe sur la facilité avec laquelle j’ai été acceptée par le comité de lecture et le peu de relecture et correction(s) qu’il avait demandé, pour essayer de décrire le sentiment lors de la vision de « son » livre. J’ai encore du mal (quatre ans après) à me dire que cela émane bien de mon travail, de mon écriture, de moi, tout simplement.
C’est un sentiment à la fois d’excitation (c’est moi, c’est moi !), de peur (Oh, merdus, personne ne va aimer !), de fierté (je suis un génie !) et de regrets (ah, et si j’avais pu retrouver ce papier aux archives !). Je suis restée figée une heure à regarder la couverture et à me dire « nom d’un petit bonhomme ! ».

Mais cette monographie ne résume pas ma vie d’auteur. Ma réelle propension à l’écriture se trouve dans mes romans (enfermés dans mes tiroirs et lus par un cercle très restreint, pour l’instant ! Ne me demandez pas pourquoi, sinon, je vous ponds un bulletin sur « la névrose de l’auteur ! »), dans mes poèmes, dans mes photographies et dans mes bulletins sur mon blog.

J’ai entrepris un blog car j’ai un trop-plein de mots et écrire un roman demande de longues heures de concentration (pour ma part, c’est Wagner ou Liszt à fond à la caisse ou tout simplement une seule chanson en boucle pendant des mois – quand j’écris uniquement bien sûr… Je ne suis pas encore, totalement, névrosée ! Par exemple, j’ai écouté « I bet you look good on the dancefloor » de Arctic Monkeys pendant quatre semaines, jours et presque nuits, pour mon avant dernier roman ! C’est dire le traumatisme qui me guette !), du temps (et croyez-moi, c’est ce qu’il manque le plus dans nos vies quotidiennes désormais régies par la technologie), et de l’énergie (thé sur thé, café sur café, vache qui rit® sur vache qui rit®).

Je suis heureuse avec mes mots, mes stylos (oui, j’écris encore au stylo quand je rédige un roman ; l’ordinateur étant réservé aux bulletins, articles et chroniques musicales), mon cahier, mes feuilles, mes chansons et mes idées.

Je suis un auteur épanoui, même modeste, même inconnu (enfin uniquement connu dans mon coin du Périgord), je profite au maximum de cette chance pour participer Salon du Livre (à Paris et ailleurs), répondre aux demandes de renseignements sur l’Histoire de mon canton, sur les recherches que j’effectue encore sur mon village et son Histoire.
Je suis juste une amoureuse des mots et de ce sentiment de laisser une petite trace de moi quelque part dans le cœur et l’esprit d’autres personnes (fussent-elles dix !).

Alors, si j’ai un conseil… N’hésitez pas à écrire. Même si cela est insipide, insignifiant ou même mal écrit. Vous le faites avant tout pour vous-même, pas pour être célèbre et célébré, ou alors, ce n’est pas vraiment vital pour vous. Et cela serait bien dommage.

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