Thursday, April 19, 2012

Les tribulations de Lisa en français ! Feuilleton "Au boulot, Lisa !" - Episode 1


Certains lecteurs français m’ont interpelée pour m’indiquer que, même si la langue de Shakespeare leur était agréable, ils préféraient encore celle de Molière.

J’avais imaginé que produire un billet tous les trois-quatre jours en anglais ne pouvait être que bénéfique pour mon imagination, mon écriture, et l’entretien de mon anglais. Force est de constater qu’écrire en français est largement aussi intéressant.

J’ai donc décidé de publier quelques billets en français sur des sujets plus délicats ou plus franco-français. Une de mes amies m’a indiqué que je devrais continuer le « feuilleton » avec des mini-articles humoristiques sur les conditions de travail ou des anecdotes. Elle évoquait les articles que j’avais écrits, dans un style caustique, lorsque je travaillais en intérim et je me suis dit que « l’un dans l’autre » cela pourrait être assez drôle.

Je posterai au gré de mes envies, toujours en français, avec un rythme plus soutenu, si mes tribulations intéressent du monde… Croyez-moi, il y a de la matière !

Donc, voici le premier épisode de la version de « Au boulot, Lisa ! » :

Episode 1 : l’inscription chez « Tuveuxbosserbentantpis », agence d’Intérim :

Lorsque j’ai décidé de bosser en intérim, c’était surtout pour me faire de l’argent de poche et ne pas (trop) entrer dans la vie active (et adulte) rapidement. Il faut dire que j’avais 28 ans, toutes mes dents et un train de vie agréable (voire insouciant, mais ceci est un autre problème). Un copain m’avait conseillé « Tuveuxbosserbentantpis » parce que 1) la chargée des suivis des intérimaires était « jolie » 2) car il y avait « souvent » des missions « intéressantes pécuniairement » et 3) parce que c’était à mi-chemin entre notre salon de thé préféré et la maison (tout d’un coup, vous situez bien le niveau de volonté de travailler, non ?).

Bref, j’avais obtenu un rendez-vous le lundi matin, 9h30, dans leurs locaux avec une certaine Anémone (ou un autre nom de fleur, mais compte tenu que je n’utiliserai pas les vrais noms… ). On m’avait conseillé d’arriver « habillée pro, tirée à quatre épingles et surtout, surtout, surtout, pas trop de maquillage ».

Cela tombait bien… Ce jour là, j’avais une réaction d'urticaire sur les joues (due à une expérience de masque de beauté qui avait mal tournée) et j’ai dû forcer sur l’anticerne histoire de camoufler le côté « couperose ».  Arrivée en avance, j’ai réalisé que j’étais habillée comme pour aller à un concert rock (converses/jean slim/veste cintrée), un maquillage un brin rock lui-aussi et un sourire ultrabrite ad hoc, renforcé en cela par le rouge vif sur mes lèvres. Bref, un aspect, je dois l’avouer, peu engageant pour prétendre être « Assistante de Direction trilingue ».

Honnêtement, et avec le recul maintenant, je pense que j’ai fait exactement ce qu’il fallait que je fisse : « être moi-même ».

Quand je suis entrée dans l’agence, j’aurais dû faire demi-tour droite (en l’occurrence gauche !) tant les regards en disaient long sur la capacité d’écoute des « chargés des suivis ». La première (à l’accueil) n’a pas daigné me regarder et a continué sa conversation téléphonique stratégique (« Le pain complet ou normal ? ») en me désignant une chaise en face d’elle. La seconde (la chargée des suivis qui ne me suivra pas) m’a détaillée des pieds à la tête en secouant la sienne comme si elle avait un TOC pendant de longues minutes. La troisième (qui allait être mon interlocuteur « privilégié » pendant un an) n’a décidé de me recevoir que trente minutes plus tard, soit avec vingt minutes de retard. Côté ponctualité, tu repasseras, chérie !

L’entretien s’est assez bien déroulé même si j’ai eu l’impression de devoir justifier mes diplômes, mes antécédents ou même ma motivation pour l’intérim « au lieu d’aller voir les annonces »  (autant dire « va pointer au chômage, débile ! »). Bref, j’ai eu l’air de quémander une mission « même un jour ou deux », histoire d’avoir « des expériences » pour étoffer mon cv.

Je suis sortie de l’agence vingt minutes après en pensant que je ne serai jamais appelée. Quand je suis rentrée, j’avais déjà un message sur mon répondeur (oui, oui, le téléphone portable n’était pas monnaie courante à l’époque post-crétacée !). Celui-ci disait : « Suite à notre entrevue, pourriez-vous vous rendre disponible demain matin à 11 heures pour une courte mission de cinq heures à l’entreprise XYZ, sise XXXXX. Merci de me rappeler pour confirmation au 00 00 00 00 00 ».

Evidemment, j’ai rappelé et confirmé mon intérêt pour le poste (« standardiste de base ») et je m’y suis rendue le lendemain matin.

Suite à l’épisode 2 : « Le DRH n’était pas au courant de ma venue, mais a trouvé l’idée sympa » 

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